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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayBANGOR, MAINE - Aux États-Unis, des groupes de gauche défendant le droit aux armes à feu ont vu le nombre de leurs inscriptions augmenter depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Babe, peux-tu vérifier les cibles s’il te plaît? Dans un champ de tir près de Bangor, au Maine, Kiera Medart prépare sa carabine et en ajuste la lunette.
Elle a été initiée aux armes à feu très tôt, à l’âge de 8 ans. Je suis une grande passionnée d'armes à feu. Je me situe bien plus à gauche que la plupart des démocrates. Je crois que chacun devrait jouir de droits individuels, notamment de posséder des armes à feu et celui de disposer de soi-même, y compris de son propre corps, explique-t-elle.
Son organisation, les Pink Pistols, a pour devise : Les queers armés ne se font pas tabasser. Le groupe, qui se décrit comme non partisan, a connu une augmentation de ses inscriptions depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. L'administration du président républicain a multiplié les décrets visant la communauté LGBTQ+ et les personnes transgenres.
Avec le climat politique actuel, de nombreuses personnes queers souhaitent s'informer sur les armes à feu afin de se sentir un peu plus en sécurité.
On a constaté une forte augmentation des agressions contre des personnes queer depuis l'élection, note-t-elle.
Juste à côté, Alex Harber, aussi membre des Pink Pistols, s’exerce au tir de précision et résume ainsi le sentiment dans la communauté : Les gens ont peur, et quand les Américains ont peur, ils se tournent vers les armes à feu.

Un autocollant faisant référence à la communauté queer sur l'arme à feu d'une membre du groupe Pink Pistols.
Photo : Radio-Canada / Marie Claudet
L’intensification des opérations de l’Agence fédérale de contrôle de l'immigration des États-Unis (ICE) et la mort de deux citoyens américains sous les balles d’agents fédéraux à Minneapolis, au début de l’année, ont aussi suscité un regain d’intérêt pour le maniement des armes dans les milieux de gauche et progressistes.
Cela a vraiment ébranlé des gens qui, en temps normal, ne se seraient pas intéressés à ce genre d'activité, explique le directeur général du Liberal Gun Club, Edward Gardner.
À la suite de ces événements, son organisation, qui compte environ 8000 membres actifs aux États-Unis, a connu autant d'inscriptions en janvier et en février qu’en une année entière, explique-t-il. Un réflexe de protection et de curiosité réactionnelle, croit-il.
Est-ce que s’armer est la bonne réponse dans ce climat politique déjà tendu?
Je pense que les gens voient parfois cela comme une solution magique. Ils s'imaginent qu'il suffit de posséder [une arme] pour être soudainement en sécurité. Nous essayons de les détromper à ce sujet, explique Edward Gardner.
Le Liberal Gun Club et les Pink Pistols rejettent catégoriquement l’étiquette de milice ou de groupe armé. Ces organisations sont des lieux d'éducation et d’information sur les armes à feu, axés sur l’autodéfense, insistent ses responsables.
Un autre groupe, la Socialist Rifle Association, a aussi fait état d'une augmentation du nombre de ses inscriptions.

10:04
À bord d’un campeur, le journaliste Louis Blouin a pris la route pour traverser les États-Unis, du Maine jusqu'au Texas, pour aller à la rencontre des Américains. PREMIER ARRÊT : le Maine, où la gauche se mobilise, s’organise et s’arme en espérant pousser le pays et le Parti démocrate encore plus à gauche.
Photo : Radio-Canada / Marie Claudet
Une gauche confuse
Si le phénomène reste somme toute marginal, il est le symptôme d'un durcissement d’une partie de la gauche, qui change de visage et se fragmente aux États-Unis.
Je pense que nous sommes confus, résume Edward Gardner. Il donne l'exemple de la réaction des autorités du Parti démocrate devant la montée de candidats socialistes, lors des récentes primaires.
Des personnes beaucoup plus à gauche décrochent les investitures et puis, notre propre parti essaie de les écarter, déplore-t-il.
Nous n'arrivons pas à garder une ligne de communication cohérente, ni à maintenir une cohérence politique.
Alex Harber estime que les leaders nationaux du Parti démocrate n’en ont pas fait assez pour défendre les membres de la communauté LGBTQ+, et que le regain d’intérêt pour le maniement des armes vise à combler un vide.
Beaucoup de gens sont, vous savez, à bout de nerfs, ils sont à court de patience. Ils ont certainement intériorisé l'idée que le Parti démocrate ne va pas organiser de protection efficace pour la population, croit-il.
Entre deux séances de tir, Kiera Medart nous explique être désabusée des deux grands partis.
Tout le monde laisse tomber le pays. D'un côté, il y en a un qui veut dépecer le pays jusqu'à l'os pour... les riches; et l'autre veut faire la même chose, mais avec le sourire tout en vous mentant, tranche-t-elle.


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