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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa première Coupe du monde de soccer au Canada devait être coûteuse, mais promettait de générer d’importantes retombées économiques et touristiques. Or, quelques semaines après ces 13 matchs organisés à Toronto et à Vancouver, la réalité semble bien différente.
Pour justifier des dépenses dépassant le milliard de dollars, Ottawa tablait sur la venue de plus d’un million de visiteurs internationaux spécialement pour l’événement. Cette estimation était basée sur une étude commandée et payée par la FIFA, avait indiqué le gouvernement fédéral à l’émission Enquête (nouvelle fenêtre).
On est loin du compte, résume David Pavot, expert en droit international du sport à l’Université de Sherbrooke.
Ces projections relevaient presque du délire. C’était complètement excessif. Il faudrait toujours prendre ces prévisions avec des pincettes.
On savait qu’il n’allait pas y avoir un tel afflux de touristes. C’est pour cela que la FIFA ne voulait pas dévoiler la méthodologie de leurs calculs de retombées économiques, indique le chercheur, en déplorant le manque de transparence de l’instance basée en Suisse.

Malgré la présence de nombreux partisans et des stades pleins, le nombre de touristes étrangers n'a pas été aussi important que prévu pour la Coupe du monde au Canada. (Photo d'archives)
Photo : The Canadian Press / JACOB MALLARI
Environ 26 000 demandes de visa en lien avec la FIFA
Du 1er juin au 7 juillet, soit la date du dernier match ayant eu lieu à Toronto, 753 348 visiteurs étrangers (hors États-Unis) sont entrés au pays par voie aérienne, contre 726 189 à la même époque, d’après une compilation transmise par l’Agence des services frontaliers.
Concrètement, cela signifie qu’environ 27 000 voyageurs internationaux supplémentaires sont arrivés au Canada au moment de la Coupe du monde, par rapport à l’an passé. Soit une hausse touristique de 3,7 %.
Durant cette même période, par voie terrestre, 1,44 million d’Américains sont également arrivés au Canada (contre 1,36 million l’an passé, du 1er juin au 7 juillet).
Et rien n’indique que ces milliers de touristes sont venus spécifiquement pour la Coupe du monde ou encore qu’ils ont séjourné à Toronto et à Vancouver, villes hôtes de ce Mondial de soccer. Durant une période similaire, Montréal a d’ailleurs vu sa fréquentation touristique battre des records, alors que la métropole québécoise n’accueillait aucune rencontre.
Au cours de l’événement, les voyageurs étrangers détenant des billets pour ces rencontres étaient d’ailleurs invités à se signaler auprès des autorités canadiennes.
Selon Immigration Canada, 26 111 demandes de visa de résident temporaire et d’autorisation électronique de voyage ont été approuvées pour les fans de la FIFA ainsi que les demandeurs invités par la FIFA.
Ce chiffre comprend uniquement les demandeurs qui ont indiqué « FIFA World Cup 26 dans leur demande, précise Anahita Beladi, porte-parole d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Bien que nous ayons encouragé les personnes qui assisteraient à la Coupe du Monde de la FIFA 2026 à le faire, elles n’étaient pas tenues de l’indiquer dans leur demande.

Le Stade de Toronto a accueilli plusieurs rencontres de la Coupe du monde de la FIFA.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Un bilan officiel au printemps 2027
Parler d’un million [de touristes étrangers], c’était vraiment exagéré, soutient l’économiste Pierre-Emmanuel Paradis, spécialiste en analyse de retombées économiques.
Bien sûr, précise-t-il, un tel événement vient mousser le pays, donc il y a évidemment des avantages réputationnels. Il y a des retombées positives, mais on ne se rend pas service, lorsqu’il y a un coût sociétal et public, de les surestimer, juge le président de la firme AppEco.
Ce que ça prend, c’est tout simple, c’est de la transparence.
Contactées par Radio-Canada, les villes de Vancouver et de Toronto n’ont quant à elles pas voulu formuler de commentaires. Un bilan sera fait d’ici le printemps 2027, nous a-t-on sobrement indiqué.
Les données finales concernant la fréquentation, les retombées financières et économiques sont encore en cours de compilation et seront publiées une fois vérifiées.
D’après les dernières projections faites avant la Coupe du monde, les rencontres à Vancouver devaient coûter entre 685 et 729 millions de dollars. Du côté de Toronto, des dépenses d’environ 380 millions étaient attendues, contre les 30 à 45 millions initialement prévues.

L'émission « Enquête » a mis la main sur de nombreux documents confidentiels, dont les ententes signées entre la FIFA et les villes canadiennes qui ont accueilli des matchs de la Coupe du monde.
Photo : Radio-Canada / Romain Schué
Des ententes longtemps secrètes
Pour accueillir pour la première fois la Coupe du monde sur le sol canadien, le gouvernement fédéral et les villes hôtes ont dû accepter de multiples exigences de la FIFA.
L’organisation suisse réclamait notamment une exonération de taxes et une prise en charge complète des frais liés à la sécurité de l’événement, comme l’a démontré l’émission Enquête, qui a eu accès aux contrats et ententes qui ont longtemps été gardés secrets.
Aux yeux du gouvernement de Mark Carney, cette Coupe du monde reste néanmoins un succès, même si Ottawa n’a pas formulé de commentaires concernant les promesses touristiques faites pour l’événement.
Il faut du temps pour évaluer pleinement les retombées économiques, indique un porte-parole du ministre du Patrimoine canadien. Ça a été quand même une belle opération pour le Canada, pour le sport au Canada, mais ça n’a certainement pas été une opération gagnante financièrement, estime quant à lui David Pavot.
Cette Coupe du monde, principale compétition sportive planétaire avec les Jeux olympiques d’été, a été marquée par de nombreuses embûches pour les touristes internationaux. Malgré des chiffres de fréquentation record dans les stades, le prix des billets a été jugé excessif par de nombreuses organisations de supporteurs.
L’entrée aux États-Unis, qui organisaient la grande majorité des matchs, s’est également avérée difficile pour de nombreux ressortissants étrangers, en raison de nouvelles politiques d’immigration mises en place par Donald Trump. Cette politique avait d’ailleurs été vivement critiquée par l’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.


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