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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa chambre 108
La chambre 108Nous avons confronté à nos découvertes le directeur de l’hôtel où Bérengère et Laurie séjournaient.
Bahattin Demir s’est rendu à l’hôpital lorsque les deux voyageuses y ont été admises. Au téléphone, il se souvient très bien des événements. Notre réception a directement appelé une ambulance, qui est venue chercher les deux filles et les a emmenées à l'hôpital de Taksim.
Lorsque nous mentionnons l’infestation de punaises de lit qui a précédé le passage de Bérengère et Laurie, il nie d’abord la séquence des événements, puis se ravise.
Il nous explique alors que, chaque mois, une entreprise d’extermination vient pulvériser chaque chambre. Mais il soutient que le processus d’extermination prend une forme liquide et ne nécessite pas de fermer les chambres le temps de l’opération.
Lorsqu’on évoque que l’utilisation de phosphine dans d’autres hôtels a causé la mort de certains touristes, il admet avoir entendu parler de ces histoires et mentionne que le produit est illégal.
– Journaliste : Est-il possible que votre traitement antiparasitaire soit responsable d'avoir rendu la jeune femme malade?
– Bahattin Demir : Je pense que non, car sinon, ce serait la même chose pour toutes les chambres, puisqu'il y a près de 150 personnes dans l'hôtel.
Au moment de notre appel, il ignore le nom de l’entreprise avec laquelle il fait affaire et quel produit est utilisé chaque mois dans son hôtel. Il nous réécrit le lendemain et nous réfère à Wolves et à l’enquête policière.
Nous avons contacté l’hôpital qui a soigné Bérengère ainsi que le centre de médecine légale où elle a été autopsiée. Ni l’un ni l’autre n’a donné suite à nos messages. La police du tourisme n’a pas répondu à nos questions.
L’entreprise Wolves n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue. Un employé qui ne s’est pas identifié nie utiliser ce produit.

Quand on retourne dans le récit de Laurie, un détail est frappant. La première nuit, elles ont dormi la fenêtre ouverte, mais ont été dérangées par l’appel à la prière. La deuxième nuit, elles ont donc fermé la fenêtre et allumé l’air climatisé.
C'est le lendemain matin, après des heures dans la chambre close, qu’elles ont commencé à être malades.
Dans l’appartement de la médecin légiste Şebnem Korur Fincancı, le tic-tac régulier de l’horloge nous semble soudain lointain, comme muet. Nos cœurs sont suspendus : Est-ce possible, nous lui demandons, que des résidus de phosphine se logent dans l’air climatisé?
Bien sûr, elle répond.
Un vent d’été bienveillant souffle par la fenêtre.
Affaires Mondiales Canada a modifié cet été ses conseils aux voyageurs qui se rendent en Turquie. Sur le site du gouvernement canadien, il est mentionné qu’il y a eu des cas d'intoxication liés à l'utilisation de pesticides chimiques dans des hébergements touristiques à Istanbul.
On conseille désormais aux voyageurs de s’assurer que leur logement soit bien aéré et entretenu et de consulter un médecin s’ils présentent des symptômes inhabituels.


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