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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Pentagone a annoncé avoir mis la dernière touche cette semaine à un contrat de 1,1 milliard de dollars avec le géant américain de la défense Lockheed Martin pour la fabrication de systèmes de roquettes d'artillerie à haute mobilité M142 (HIMARS) destinés au Canada.
Dans un effort de modernisation de son armée, Ottawa a entamé l'acquisition de 26 systèmes HIMARS, en mars 2025. La commande avait été passée en octobre 2025, pour un montant estimé à 1,75 milliard de dollars américains (2,4 G$ CA).
Dans l'avis publié mercredi par le département américain de la Défense, il est précisé que l'accord avec Lockheed Martin couvre les besoins urgents de l'armée de terre, du Corps des marines, ainsi que des clients du programme de ventes militaires à l'étranger en Australie, au Canada, en Estonie, en Suède et à Taïwan.
Au total, 17 systèmes HIMARS seront fabriqués dans le cadre de ce contrat, et leur mise en service sera achevée d'ici la fin avril 2028, précise le communiqué.
On ignore combien de ces systèmes seront destinés aux Forces armées canadiennes. Le Canada avait manifesté son intérêt pour l'achat de 26 systèmes au total.
Ottawa plutôt discret
Contrairement à d'autres achats importants d'équipements militaires – dont plusieurs ont été dévoilés en mars –, le gouvernement libéral n'a pas publié de déclaration officielle concernant son intention d'acheter le système HIMARS de fabrication américaine, même s'il semble que l'accord officiel ait été signé en janvier.
Selon Dave Perry, expert en défense, le gouvernement libéral souhaitait probablement éviter un spectacle politique que représenterait un retour aux États-Unis pour acheter du matériel militaire, une chose que le premier ministre Mark Carney avait promis de faire moins souvent.

Lancement de roquettes américaines HIMARS lors de manœuvres au Maroc. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / FADEL SENNA / AFP
Quand on reçoit ce genre de notification, cela signifie que les documents officiels ont été signés, explique Dave Perry.
Et si l’argent n’a pas encore été déposé sur un compte bancaire géré par le gouvernement américain… alors le chèque est en route.
Le ministère de la Défense nationale (MDN) a été sollicité jeudi pour confirmer la date de signature de la lettre d'acceptation et le montant de l'acompte versé, mais il n'a pas répondu à ces questions.
Selon deux sources confidentielles, une déclaration publique avait été préparée l'hiver dernier, au moment de la finalisation de l'accord, mais elle a été retirée – quelques semaines avant la publication par le gouvernement libéral de sa stratégie industrielle de défense, qui mettait l'accent sur l'achat d'équipement militaire canadien. Ces sources n'étaient pas autorisées à s'exprimer publiquement.

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en 2025, met à l'épreuve les relations entre le Canada et les États-Unis.
Photo : (Anna Moneymaker/Getty Images)
En octobre dernier, le département d'État américain a donné son feu vert au Canada pour l'achat de ces systèmes de roquettes sophistiqués, que l'armée considère comme essentiels pour la défense de ses troupes en Lettonie et pour sa modernisation générale.
Le gouvernement américain a émis une lettre d'offre d'achat que le gouvernement canadien, en tant qu'acheteur, était tenu de signer.
En octobre dernier, le MDN avait pourtant déclaré qu'aucune décision n'avait été prise quant à la poursuite de l'accord de 2,4 milliards de dollars canadiens.
Les troupes en réclament
Dans une entrevue de fin d'année accordée à CBC News en décembre, le commandant de l'armée canadienne, le lieutenant-général Mike Wright, avait indiqué que l'accord était toujours en suspens, mais que les HIMARS étaient une nécessité absolue.
Nous affirmons que le système HIMARS est le système de frappe de précision à longue portée dont nous avons besoin pour les opérations terrestres, a déclaré M. Wright.

Des soldats canadiens lors d’un exercice militaire en Lettonie. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Ints Kalnins
Si nous avons recommandé l'acquisition du HIMARS, c'est parce qu’il s'agit d'une capacité qui a fait ses preuves sur le champ de bataille en Ukraine. Qui plus est, les systèmes sont disponibles immédiatement.
Outre les systèmes de lancement de véhicules, le Pentagone a indiqué que le Canada envisageait d'acquérir des lanceurs de fusées à des fins opérationnelles et d'entraînement.
Lors des élections du printemps dernier, les libéraux se sont engagés à diversifier les fournisseurs d'équipement militaire du Canada pour faire contrepoids au quasi-monopole des Américains dans notre carnet de commandes d'équipements militaires.
Or, le contrat HIMARS n'est qu'un exemple parmi une longue liste d'équipements militaires américains déjà commandés ou sur le point d'être livrés.
Tensions commerciales et politiques
Le chasseur F-35, également construit par Lockheed Martin, en est l'exemple le plus emblématique. À peine élu, Mark Carney a ordonné un réexamen du projet d'acquisition de ces avions de combat, déclenchant une course effrénée de la part du concurrent suédois Saab pour vendre au Canada ses chasseurs Gripen-E.

Ci-haut un chasseur américain F-35 et en dessous un chasseur suédois Gripen-E.
Photo : Radio-Canada
Le climat actuel avec l'administration Trump, les droits de douane et la guerre contre l'Iran ont rendu le gouvernement canadien frileux, selon Dave Perry.
Il y a une contradiction concrète entre ce que le premier ministre a dit au sujet du changement de ratio des dollars dépensés aux États-Unis par rapport aux dollars dépensés au Canada lorsqu'on considère des accords comme celui des HIMARS, a-t-il ajouté.
Selon M. Perry, il n'y a aucune chance que ce changement se produise du jour au lendemain, car certaines décisions concernant l'équipement avaient été prises bien avant l'arrivée au pouvoir de Mark Carney.
Le calendrier de livraison potentiel du HIMARS reste quant à lui aussi un mystère.
L’automne dernier – apparemment avant que la lettre d’offre ne soit finalisée –, le ministère de la Défense a déclaré à CTV News qu’il s’attendait à recevoir les HIMARS d’ici 2029. Mais rien n’est sûr en ce moment en ce qui a trait aux États-Unis.
Mais la semaine dernière, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a suspendu les livraisons de munitions, notamment de missiles HIMARS, à l'Estonie, l'un des cinq pays inclus l'accord avec Lockheed Martin.
Il a invoqué l'urgence pour Washington de conserver son matériel militaire en raison du conflit avec l'Iran. Les deux pays tentent de trouver une solution.
Interrogée la semaine dernière par CBC News sur la possibilité que le Canada subisse lui aussi des retards dans la livraison d'équipement en provenance des États-Unis, la générale Jennie Carignan a déclaré qu'elle n'en avait pas entendu parler.
Avec les informations de Murray Brewster


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