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À quand l’équité salariale dans le sport professionnel?

2 hours ago 5

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L’Omnium Banque Nationale (OBN) réunira plusieurs vedettes du tennis féminin et masculin du 1er au 13 août, les hommes s’affrontant à Montréal et les femmes, à Toronto. Les joueuses se partageront toutefois des bourses inférieures de plus de 20 % à celles des hommes.

L’objectif de l’Omnium Banque Nationale est d’atteindre la parité des prix l’an prochain, selon un plan dévoilé en 2023.

À l’époque, les bourses offertes aux joueuses étaient d’à peine le tiers de celles des hommes.

L’engagement financier aurait été beaucoup trop important [pour une transition plus rapide], se défend Lucie Blanchet, conseillère stratégique à la Banque Nationale.

Faire ce changement-là d’un coup aurait voulu dire qu’on n’investit plus dans le développement du tennis, alors que c’est la mission même de Tennis Canada [organisateur du tournoi].

Combien gagnent ces vedettes du sport?*

SportFemmeHomme
HockeyMarie-Philip Poulin : 110 200 $USAuston Matthews : 13,5 M$US
BasketballCaitlin Clark : 528 000 $USLeBron James : 52,6 M$US**

Des changements trop lents?

Les Internationaux des États-Unis (US Open) offrent des prix égaux aux hommes et aux femmes depuis 1973, à la suite du combat mené par Billie Jean King.

Billie Jean King frappe un coup pendant un match, devant des gradins remplis de spectateurs.

Billie Jean King pendant la finale du tournoi de Wimbledon, en 1968. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / Don Morley

Roland-Garros et Wimbledon ont une politique de parité des bourses depuis 2007.

L’OBN n’est pas un tournoi du grand chelem, note toutefois Mme Blanchet, expliquant que le modèle financier d’une compétition de type Masters 1000 est complètement différent. Il faut du temps, ajoute-t-elle, pour trouver d’autres commanditaires, afin de financer des bourses plus généreuses.

Une affiche dans le métro à Toronto, montrant une joueuse de tennis et un message disant que l'Omnium Banque Nationale atteindra la parité en 2027.

La Banque Nationale a lancé une campagne publicitaire à la radio et dans le métro à Toronto, notamment, pour promouvoir son objectif de parité salariale en 2027.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Ce genre d’écart salarial entre hommes et femmes demeure la norme dans le sport professionnel.

Ça me frustre, lance Alixandra Krahn, qui a un doctorat en études féminines du sport et qui est entraîneuse adjointe pour l’équipe de volleyball féminin de l’Université de Toronto.

Le sport féminin connaît un essor sans précédent. Ce n’est plus un marché de niche.

Elle salue tout de même l’audace de l’OBN de s’être fixé la cible de 2027. C’est aussi l’échéancier prévu par la WTA pour les tournois combinés hommes-femmes (WTA-ATP), alors que la cible de parité pour les compétitions d’une semaine non combinées est 2033.

Une question de revenus?

Les spectateurs aiment beaucoup Vicky [Victoria Mboko], notamment, raconte Mme Blanchet, ajoutant que l’écart de revenus, publicitaires et autres, entre le tennis féminin et masculin s’estamoindri de beaucoup avec les années.

On est dans la bonne direction, dit-elle. Je suis vraiment contente de ça.

Au basketball et au hockey, l’écart dans les recettes en matière de droits de diffusion des matchs demeure néanmoins un obstacle majeur pour la croissance des salaires des athlètes féminines, concède Alixandra Krahn.

Nick Suzuki se prépare pour une mise au jeu.

Des vedettes de la LNH, comme Nick Suzuki du Canadien, gagnent des millions de dollars par année. Dans le hockey féminin, Marie-Philip Poulin touche à peine 110 000 $US. (Photo d’archives)

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

Par exemple, Rogers a signé l’an dernier un accord de 12 ans avec la LNH, d’une valeur de 11 milliards de dollars, pour la diffusion des matchs au Canada. La Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) ne peut pas, évidemment, aspirer à de telles sommes, compte tenu de son auditoire plus limité, admet Mme Krahn.

Mais pour elle, les diffuseurs tardent à reconnaître l’engouement pour le sport féminin : Ne nous dites pas que ce n’est pas populaire et que les gens ne veulent pas voir [les athlètes féminines à la télé].

Elle rappelle que 2 milliards de personnes ont regardé la Coupe du monde féminine de soccer en 2023, selon la FIFA.

La WNBA a établi un nouveau record d’assistance à Montréal avec plus de 20 000 spectateurs au Centre Bell [pour le match Tempo-Wings du 10 juillet].

C’est sans parler de la vente de produits dérivés de la WNBA qui atteint des sommets, souligne-t-elle.

La WNBA a signé un contrat de diffusion de 2,2 milliards sur 11 ans, avec Disney (ESPN), Amazon, NBCUniversal et Ion, et la nouvelle convention collective a fait passer le contrat maximal des joueuses de 250 000 $ en 2025 à 1,4 million cette année, en plus d’accorder des congés de maternité payés, notamment.

Des joueuses vedettes comme Caitlin Clark tirent aussi des revenus de contrats publicitaires, en plus de leur salaire de base.

Marie-Philip Poulin tient la coupe au-dessus de sa tête.

La capitaine de la Victoire de Montréal dans la LPHF, Marie-Philip Poulin. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Au hockey, la LPHF offre des allocations de logement et ne fixe pas de plafond pour la rémunération de chaque joueuse. Mais même une vedette comme Marie-Philip Poulin gagnait à peine un peu plus de 110 000 $US avec la Victoire de Montréal lors de la dernière saison.

Dans la LPHF, il n’y a pas de partage des revenus liés au hockey, moitié-moitié, comme dans la LNH entre les propriétaires et les joueurs.

Éviter un retour en arrière

La durabilité, c’est le premier objectif de l’équité salariale, fait valoir Sylvie Béliveau, ancienne entraîneuse de l’équipe féminine de soccer du Canada et cofondatrice de l’organisme Égale Action.

Durabilité veut dire que la ligue ne va pas tomber, parce qu’on paie trop cher en salaires.

Elle cite l’exemple de la défunte ligue professionnelle de soccer appelée WUSA aux États-Unis au début des années 2000, qui a fermé boutique après seulement trois saisons, à cause de pertes financières.

Sylvie Béliveau.

Il faut avancer par étapes, affirme Sylvie Béliveau, cofondatrice de l’organisme Égale Action. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Myriam Lafrenière

On est allés avec des grandes ambitions, notamment au niveau des salaires, raconte Mme Béliveau. On n’était pas en mesure [toutefois] d’avoir suffisamment de ventes au niveau de la billetterie, [des] droits télé, tout ce qui est des facteurs qui permettent d’aller chercher des revenus.

Pour elle, il faut que les salaires soient ajustés progressivement. Elle croit que le sport féminin est de plus en plus accessible, à la fois pour les spectateurs qui veulent voir des matchs en personne ou à la télévision qu’au niveau du recrutement de joueuses.

La régularité amène des gens à s’y intéresser, que ce soit des femmes qui auraient voulu vivre ça ou des jeunes filles qui peuvent voir des modèles féminins, explique-t-elle.

C’est beau de voir, dit-elle, ces femmes-là qui sont connues maintenant, que ce soit Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens, Laura Stacey ou Mégane Sauvé.

Avec les informations de CBC

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