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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDe l'extraction à la pompe, l’or noir passe entre plusieurs mains dans une chaîne de production complexe pour en faire de l’essence et où chacun des joueurs tente d’en tirer un maximum de profits.
Il y a une obsession sur le prix au détail, remarque Patrick Gonzalez, professeur agrégé au département d'économique de l’Université Laval.
Mais quand vous regardez la décomposition du prix de l’essence, la partie détail, c’est minime, soutient-il, jugeant que la chaîne de production de l’essence est très concurrentielle.
Les hausses à la pompe, ce printemps, s’expliquent par exemple par les flambées du prix du baril de pétrole brut causées par la guerre en Iran, auxquelles s’ajoutent de nombreuses taxes sur les carburants.
Le gros du prix de l’essence, ce sont les taxes et tout ce qui vient avant, confirme l’expert.
Décortiquons, par exemple, le prix d’un litre d’essence ordinaire à Montréal, la région la plus taxée de la province.
Une industrie jugée transparente
Cette décomposition du prix de l’essence fait dire aux experts que l’industrie est transparente. Il y a beaucoup de joueurs, beaucoup d’informations. Mais ce n’est pas parce que c’est complexe que c’est nécessairement obscur, estime le porte-parole de la Régie de l’énergie du Québec.
C’est une industrie qui est plutôt transparente. Quel autre détaillant affiche son prix au coin de la rue, devant tout le monde?
La Régie a justement comme mandat de décomplexifier l’industrie pétrolière en rendant publiques toutes les données dont elle dispose.
On va chercher chaque jour le prix minimal à la rampe de chargement, explique Benjamin Bourque. Ça ne veut pas dire que tout le monde paie le même prix, mais on rend public celui qui a payé le moins cher.
C’est ce qui permet à l'organisation d'estimer le prix moyen affiché à la pompe et toutes les composantes, y compris les marges des stations-service, détaillées plus haut.
Nous, les marges, on les estime et elles sont assez justes, estime le porte-parole. Je ne suis pas sûr que quand vous allez au magasin, pour acheter un téléphone, par exemple, vous savez très bien quelle est la marge du fabricant ou du détaillant, comparativement aux essenceries, ajoute-t-il.
Quand on se compare, on se console?
Au fil du temps, la Régie de l’énergie a fait le constat que les prix au marché au comptant du port de New York – un indice de référence – et ici sont pratiquement équivalents. Donc, tous ceux qui s'approvisionnent sur la côte est américaine ou au Québec paient essentiellement le même prix, affirme Benjamin Bourque.
En retirant les taxes, l’essence n'est donc pas vraiment plus chère au Québec qu’ailleurs au pays ou même qu’aux États-Unis, selon les experts.
Il y a de petites différences à l'échelle nord-américaine, entre l’est et l’ouest, mais ce n'est pas énorme, reprend le professeur agrégé Patrick Gonzalez, contrairement aux régimes de taxes qui sont complètement différents d’une province à l’autre ou même d’un État à l’autre, aux États-Unis.
D’ailleurs, l'abolition de la taxe carbone partout au Canada, sauf au Québec, en a clairement fait la démonstration dans les prix au détail. Ça a fait en sorte aussi qu'on a vu une bonne différence entre le prix du Québec et de l'Ontario, rappelle Simon Bourassa du CAA Québec, de l’ordre d’environ 20 cents au moment de son retrait, en avril 2025, estime-t-il.
Mais de là à dire que l'essence la plus chère au Canada est au Québec, c’est faux, poursuit-il. En Colombie-Britannique, l’essence est beaucoup plus chère. Il y a aussi des endroits au Manitoba où c’est plus cher qu’au Québec.
Disparités régionales
Même à l’échelle provinciale, au Québec, les prix varient d’une région à l’autre.
En cause? L’éloignement, qui augmente le coût du transport depuis les raffineries, mais aussi le volume de vente, la concurrence, ainsi que le type et l’emplacement des stations-service.
Sans oublier non plus que les frais d’exploitation varient d’un commerce à l'autre.
Les coûts d’opération sont plus élevés pour une station-service au centre-ville de Montréal, en raison des frais fixes, taxes municipales et tout ça, rappelle Simon Bourassa, bien que le volume de vente devrait compenser, à son avis.
Plus le volume de vente est important dans une station-service, plus le prix demeure généralement bas en raison de la marge de détail qui s’amenuise, indique-t-il.
Autrement, l’essence devrait être plus chère en région éloignée, comme en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou en Abitibi-Témiscamingue, et ce, malgré le fait que ces dernières profitent d’un léger rabais de taxes pour compenser les frais de transport. Il est en effet plus coûteux de transporter le carburant des raffineries de Montréal et de Lévis jusqu’aux municipalités les plus excentrées de la province.
En 2025, CAA a toutefois remarqué des incohérences régionales difficiles à expliquer.
Si on exclut le Nord-du-Québec, on a retrouvé les prix moyens les plus élevés en 2025 à Montréal et à Laval, rappelle Simon Bourassa. Deux régions où le volume de vente est pourtant parmi les plus importants.
La Capitale-Nationale aussi, avec un prix moyen supérieur à celui de régions comme la Côte-Nord et parfois même le Bas-Saint-Laurent. Normalement, le prix devrait être moins cher à Québec, assure le porte-parole du CAA. D’abord, pour des raisons de transport, mais surtout avec le volume de vente.
Des disparités qui ne s'expliquent donc pas seulement par la taxation.
À bas les taxes?
Les taxes sont, au bout du compte, la seule composante du prix de l’essence sur laquelle les gouvernements peuvent avoir un certain contrôle.
La plupart des experts interrogés sont toutefois neutres sur la question. Ils ne se prononcent ni sur la nécessité de les augmenter ni sur celle de les réduire, et ne sont pas prêts non plus à dire qu’elles sont trop élevées au Québec.
Quand le prix de l’essence monte, pour des raisons complètement étrangères au gouvernement et au public, les revenus du gouvernement augmentent du même coup, note le professeur agrégé Patrick Gonzalez.
Un constat qui peut être un peu fâchant, dit-il, quoique les prix élevés peuvent aussi faire diminuer la demande en carburant et réduire les ventes. Les revenus gouvernementaux baissent également lorsque l’essence se vend moins cher.
C’est un choix de société, soutient Patrick Gonzalez, alors que les taxes perçues sur l’essence servent à la fois à l'entretien des routes et au financement du transport collectif.
Il y a une cohérence là-dedans, poursuit l’expert. C’est clair que si on coupait les taxes, il faudrait soit réduire les services ailleurs, soit aller chercher l’argent ailleurs.
Même son de cloche auprès de l’Association canadienne des carburants et du CAA.
Est-ce qu’on a les moyens de se priver de ne serait-ce qu’un seul dollar pour entretenir notre vaste réseau routier, qui est en décrépitude complète?, s’interroge Simon Bourassa.
Nous, on pense que non, répond le porte-parole du CAA, l’association qui dresse aussi un palmarès des pires routes du Québec chaque printemps.
Simon Bourassa croit toutefois qu’il faudra trouver des méthodes alternatives et créatives pour financer l’entretien du réseau routier et le transport collectif, sans que ça passe par une hausse des taxes sur l’essence.
Or, une hausse de la taxation, en faisant grimper encore plus les prix de l’essence, pourrait avoir pour effet de soutenir la transition énergétique en décourageant les automobilistes de prendre le volant.
Résultat : une demande réduite en carburant pourrait alors faire baisser les prix à la pompe. C’est la loi de l’offre et de la demande.
Méthodologie
La décortication du prix d'un litre d'essence à Montréal a été effectuée à partir des données de la Régie de l'énergie du Québec et de Ressources naturelles Canada en date du lundi 27 juillet 2026. Veuillez noter qu'il s'agit toutefois d'estimations et que notre résultat pourrait différer légèrement de la réalité du marché.


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