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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAu moins 1000 employés, dont plus de 200 enseignants et plus de 700 membres du personnel de soutien, verront leur permis de travail arriver à échéance en 2026. Et ces chiffres pourraient être encore plus élevés, car ils découlent d'une compilation de Radio-Canada auprès de seulement 10 centres scolaires sur 72. Il s'agit toutefois des 10 plus populeux, concentrés dans les régions de Montréal et Québec.
Parmi les personnes dont le permis de travail viendra bientôt à échéance, nombreuses sont celles qui désirent s’installer pour de bon au Québec.
Et pour ce faire, depuis la disparition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), c’est maintenant le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) qui est la voie principale menant vers un statut de résident permanent.
Radio-Canada a récemment révélé que 6300 employés de la santé verront leur permis de travail arriver à échéance cette année. Le ministre Jean-François Roberge a promis par la suite que tous ceux qui, dans ce groupe, déposeraient leur candidature au PSTQ seraient sélectionnés par Québec.
Bien qu’il ait ajouté certains travailleurs de l'éducation, c'est-à-dire les enseignants du primaire et du secondaire, parmi les candidats priorisés par le PSTQ, le ministre Roberge ne leur a pas fait la même promesse.
Permis de travail arrivant à échéance en 2026
| Personnel de soutien | 730 |
| TOTAL | 948 |
Imane Benchouk fait partie des 210 enseignants dont l’avenir au Québec est plus qu’incertain. À un point tel qu'elle et sa famille ont entamé des démarches pour quitter le Québec, à leur grand désarroi.
Débarquée d'Algérie avec sa jeune famille il y a presque quatre ans, elle a rapidement intégré le milieu de l’éducation comme enseignante de mathématiques dans une école secondaire de la Montérégie, forte de ses études doctorales dans le domaine. Notre plan, c’était de rester ici, d’être admissibles au PEQ, pour obtenir la résidence permanente.

L’enseignante de mathématiques Imane Benchouk et sa famille envisagent de quitter le Québec en raison de l'abolition du PEQ.
Photo : Radio-Canada / Yorgos Giannelis
On avait confiance en le gouvernement, puis on voulait rester au Québec. Mais la suspension, puis l’abolition du PEQ, les plonge dans une période bouleversante et de stress énorme, explique la mère d’Amira, 4 ans, et de Mohammed, 9 ans.
Une montagne de demandes en attente
Imane fait aussi partie des centaines d’enseignants qui ont envoyé une déclaration d’intérêt, autrement dit une demande, au PSTQ, la nouvelle voie principale vers la résidence permanente. Mais comme des dizaines d'autres professeurs, elle n’a toujours pas reçu d’invitation de la part de Québec. Elle n'a donc pas le feu vert pour poursuivre ses démarches en vue d'obtenir un statut de résidente permanente.
En fait, même si le secteur de l’éducation fait partie des secteurs priorisés, comme l'a annoncé le ministre Jean-François Roberge le 30 janvier dernier, cette priorisation n'inclut en fait que les enseignants, et non pas les professionnels ou le personnel de soutien (comme les éducatrices en service de garde scolaire ou encore les techniciens en éducation spécialisée), a précisé le ministère de l'Immigration (MIFI).
Et malgré ce traitement préférentiel, seuls 84 enseignants ont reçu une invitation depuis juillet 2025. Trois fois plus de demandes admissibles sont en attente de traitement, révèlent des chiffres fournis par le MIFI.
Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ)
| Déclarations d'intérêt admissibles | 221 |
| Invitations envoyées | 84 |
Prioriser ne signifie pas que les personnes vont recevoir une invitation, confirme l’avocat en immigration Yves Martineau. Ils ont juste plus de chance que d'autres de recevoir une invitation.
Les candidats peuvent être pénalisés dans leur compétition contre d’autres candidats de la même catégorie et perdre des points en raison de leur âge, parce qu’ils travaillent dans la région de Montréal ou encore s’ils ont un niveau d’étude moins élevé que d’autres, donne en exemple Me Martineau.
Avec la période de renouvellement des baux à nos portes et le recrutement du personnel en vue de la prochaine année scolaire qui démarre déjà, l’angoisse et l’incertitude sont intenables pour Imane et son mari. On ne veut pas être des illégaux. Est-ce qu’Ottawa va renouveler notre permis de travail? On va rester des résidents temporaires pour combien de temps?
Ce n’est pas ce qu’on veut, rester des résidents temporaires, non. On est venus ici pour s’installer, bâtir notre avenir, pour quelque chose de permanent.
Après un automne angoissant, Imane tombe malade. Son médecin confirme que c’est dû au stress. Le couple, pour préserver la santé physique et mentale de la famille, s'est donc résigné à avoir un plan B, et réfléchit sérieusement à quitter le Québec.

Imane Benchouk, son mari Riyad Boudghene Stambouli et leurs deux enfants âgés de 5 et 9 ans envisagent d'obtenir leur résidence permanente hors Québec.
Photo : Radio-Canada / Yorgos Giannelis
Une épée de Damoclès au-dessus de la tête
Ce ne sont évidemment pas toutes les personnes dont le permis vient à échéance bientôt qui seront forcées de quitter le pays, précise Me Martineau, car le renouvellement du permis de travail temporaire est généralement possible. Avec cette nouvelle inconnue, cependant, depuis que le gouvernement fédéral a abaissé le plafond de travailleurs temporaires qu’un employeur peut embaucher.
Mais l’avocat comprend tout de même la réaction d’Imane, pour qui la prolongation du statut temporaire n’est pas envisageable.
Me Martineau conseille lui-même plusieurs clients dans le domaine de l’éducation, qui sont souvent très émus lors des consultations. Il y a souvent des pleurs, de la grande angoisse, de recherche un peu désespérée de solutions, confie-t-il.
Une personne avec un statut temporaire a une espèce d’épée de Damoclès au-dessus de sa tête, parce qu’elle doit toujours aller de statut temporaire en statut temporaire.
Un résident temporaire qui n'a pas entrepris le processus d’obtention de la résidence permanente se verra tôt ou tard refuser son renouvellement de permis de travail par le gouvernement fédéral, précise-t-il.
Cette personne qui n’a pas d’espoir réaliste d’obtenir la résidence permanente risque de trouver des options ailleurs au Canada, confirme Me Martineau.
Une situation dramatique selon des directions d'école
Au Centre de service scolaire Marie-Victorin (CSSMV), sur la Rive-Sud de Montréal, Imane fait partie de quelque 50 enseignants dont le permis de travail vient à échéance en 2026.
Autant de personnes qui pourraient quitter le réseau de l’éducation, alors que celui-ci est en pleine crise de main-d'œuvre qualifiée, notamment en enseignement, rappelle André Bernier, le président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE).

André Bernier est le président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE).
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Il faut penser qu'à chaque adulte, on parle de 25 à 30 élèves en moyenne qui vont se retrouver sans services : sans service de garde, sans services en classe, dénonce M. Bernier.
C'est dramatique parce qu'on manque de personnel. Imaginez l'impact sur les élèves, imaginez l'impact sur le travail des directions.
Du côté des trois centres de services sur l’île de Montréal, on compte environ 80 enseignants et 313 employés de soutien avec un statut incertain. On ne peut pas se permettre [de perdre tout ce personnel], affirme Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).
Et c’est sans oublier, rappelle Mme Legault, les restrictions budgétaires récentes qui ont compliqué les embauches (nouvelle fenêtre), ainsi que l’élargissement, à l’automne, de l’interdiction du port de signes religieux à l’ensemble du personnel scolaire, avec l’adoption à l’automne du projet de loi 94.
Ce dernier changement réduira d’autant plus le bassin de personnel disponible, et entraînera assurément des départs supplémentaires de membres du personnel de soutien, déplore-t-elle.
Le gouvernement semble complètement déconnecté de la situation dans les écoles.

Kathleen Legault, présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire
Photo : Radio-Canada / Jacques Racine
Imane est elle aussi bien consciente de la pénurie d’enseignants au Québec, et voit le désarroi de ses collègues à l’idée qu'elle quitte le réseau. Mon directeur est aussi stressé que moi, il aimerait bien me garder. Mais malheureusement, il ne peut pas faire grand-chose pour m’aider, confie-t-elle avec tristesse.
Laisser partir des enseignants qui sont déjà intégrés qui ont déjà leur place, comme Imane, pour moi, c’est vraiment du n’importe quoi, ajoute son mari, Riyad Boudghene Stambouli, avec de l’incompréhension et un peu d’amertume dans le regard et la voix.
Je vois Imane dévouée à 500 %, elle est bien, elle est heureuse. Déménager, ce n’est pas évident ni pour elle, ni pour moi, ni pour les enfants, ajoute celui qui occupe un emploi comme technicien en sécurité et en électronique.
Le couple espère encore recevoir une invitation en vertu du PSTQ pour entrevoir une lumière au bout du tunnel. En attendant, ils évitent de troubler leurs enfants avec l’idée d’un éventuel nouveau déracinement.
Mon fils s'est intégré, il s’est fait des amis ici. Quand je lui dis qu’on va peut-être déménager dans une autre ville, ça le perturbe beaucoup. Il refuse et dit : Moi, je ne vais jamais partir.
Imane et Riyad espèrent de tout cœur pouvoir exaucer le souhait de leur petit Mohammed.

Mohammed 9 ans, le fils d'Imane et de Riyad.
Photo : Radio-Canada / Yorgos Giannelis
Les immigrants n'ont qu'à déposer une demande, dit Québec
Le ministère de l'Éducation n'a pas voulu commenter le dossier.
Le ministère de l'Immigration, quant à lui, se limite à dire que le processus d'invitation au PSTQ suit son cours.
Par voie écrite, le cabinet du ministre Jean-François Roberge rappelle que l'éducation est un secteur prioritaire pour le gouvernement de la CAQ.
Les personnes avec les critères minimaux seront invitées en priorité dans le PSTQ, assure-t-on. Nous invitons les travailleurs du secteur de l’éducation qui souhaitent s’établir au Québec à déposer leur dossier via la plateforme Arrima.
Le cabinet n'a pas commenté l'incertitude dans laquelle sont plongés les centaines d'employés d'écoles qui sont actuellement en attente d'une demande d'acceptation de Québec.


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