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LNG Canada brûle par torchage davantage de gaz que les limites autorisées

1 month ago 11

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Le torchage de gaz à l’usine de LNG Canada à Kitimat, dans le nord de la Colombie-Britannique, dépasse largement les volumes autorisés, révèlent des documents obtenus par une chercheuse.

Laura Minet, chercheuse en qualité de l'air à l'Université de Victoria, a reçu les rapports mensuels sur les émissions atmosphériques déposés par LNG Canada auprès de la Régie de l'énergie de la Colombie-Britannique à la suite d’une demande d’accès à l’information.

Tous les chiffres dépassent les limites autorisées de manière constante depuis au moins septembre dernier, a-t-elle déclaré.

Le gaz naturel est acheminé par gazoduc vers l'usine de LNG Canada à Kitimat, puis refroidi pour être liquéfié, ce qui permet de l'expédier dans des méthaniers spécialisés à travers le Pacifique vers les marchés asiatiques, grands consommateurs d'énergie.

Des tuyaux s'élèvent d'une plateforme destinée au transport de gaz naturel liquéfié du projet Coastal GasLink à Kitimat, en Colombie-Britannique, le mercredi 28 septembre 2022.

4:32

Selon Nichole Dusyk, de l'Institut international du développement durable, à mesure que les énergies solaire et éolienne deviennent plus rentables, elles se présentent comme une alternative écologique au gaz naturel.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le torchage permet quant à lui de brûler les excès de gaz qui pourraient présenter des risques. Ils sont souvent caractérisés par une flamme de plusieurs mètres de haut.

Les rapports de la Régie de l’énergie classent les sources de torchage en trois catégories : chaud/humide, froid/sec, et stockage et chargement. Les opérations de routine, qui incluent l’allumage et la postcombustion, sont aussi distinctes de celles qui n’en font pas partie. Les opérations non routinières incluent notamment des torchages liés aux perturbations du processus.

L'excédent est calculé en divisant le débit de gaz qui a effectivement été torché par les limites de torchage autorisées.

Une mesure de sécurité, selon LNG Canada

Un porte-parole de LNG Canada a déclaré dans un communiqué envoyé par courriel que l'installation en est à ses débuts et qu'une augmentation du torchage est un phénomène normal, mais que, dans le cadre d'un fonctionnement régulier, les activités de torchage diminuent considérablement.

Le torchage est une mesure de sécurité réglementée au niveau provincial qui garantit la combustion contrôlée et efficace du gaz naturel pendant certaines phases opérationnelles, a déclaré l’entreprise dans un avis public.

Les données accessibles au public provenant des stations de surveillance de Kitimat montrent que les niveaux des principaux polluants, notamment le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre, sont restés constamment bas au cours de l’année écoulée , a ajouté le porte-parole par courriel.

Le porte-parole a ajouté que LNG Canada se réunissait régulièrement avec la communauté, les Premières Nations et les organismes gouvernementaux pour répondre aux préoccupations.

LNG Canada, la première installation de ce type au Canada, et ses propriétaires, Shell et quatre entreprises asiatiques, envisagent de doubler sa capacité lors d’une deuxième phase, qui a été sélectionnée pour un examen accéléré par le nouveau bureau fédéral des grands projets.

Les premières cargaisons ont quitté la phase initiale du projet l’été dernier.

L'installation de LNG Canada au bord de la mer à Kitimat

Le terminal d'exportation de LNG Canada à Kitimat, en Colombie-Britannique, en février 2025.

Photo : LNG Canada

Des regroupements et des résidents inquiets

Des groupes environnementaux et de santé ont fait part de leurs inquiétudes quant aux impacts potentiels sur la santé des polluants rejetés lors du torchage.

LNG [Canada], avec le régulateur de l'énergie de Colombie-Britannique, devrait s’empresser de mettre en place, selon ce que les experts vont suggérer, quelque chose pour faire des monitoring et transmettre cela aux experts afin de comprendre quelle est la façon la plus rapide et efficace de protéger la population, estime Marie-Lyne Bourassa, médecin de la région Nord-Ouest de la Colombie-Britannique et membre de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.

Les gens sont aussi un peu perdus par rapport à ce qu’on leur partage sur les effets, est-ce qu'ils peuvent vraiment appliquer de la prévention, c'est quoi leur contrôle en fait dans cet environnement, rapporte la médecin.

Depuis début mars, LNG Canada a publié 10 avis à la communauté signalant des opérations de torchage . L'un d'entre eux, publié mardi, a duré trois heures, informant les résidents voisins d'une hauteur de flamme de 10 à 15 mètres accompagnée de bruit et d'émissions visibles .

Le ministre de l'Énergie et des Solutions climatiques, Adrian Dix, affirme quant à lui que la situation est suivie au quotidien. Les obligations de LNG Canada sont fondamentales [au maintien de] sa licence. Ils vont continuer à faire le travail pour régler la situation, a-t-il précisé.

Avec des informations de Julien Latraverse et La Presse canadienne

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