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Israël et le Liban ont signé, vendredi à Washington, un accord-cadre qui ouvrirait la voie à « une paix et une sécurité durables » entre les deux pays, a annoncé le secrétaire d'État américain, Marco Rubio.
Nous sommes heureux d'annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d'Israël, avec la médiation et le soutien des États-Unis, a déclaré le secrétaire d'État, en conférence de presse, sans toutefois dévoiler les détails de l'entente.
Marco Rubio a décrit le texte signé comme le début du début. Nous ne sous-estimons en aucun cas la difficulté de la tâche devant nous, mais nous savons son importance, a-t-il insisté.
Il était accompagné des ambassadeurs d'Israël, Yechiel Leiter, et du Liban, Nada Hamadeh.
Mme Hamadeh a déclaré que cet accord constituait un premier pas pour rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, garantissant une cessation permanente et définitive des hostilités, permettant au peuple libanais de retourner sur ses terres et de vivre dans la paix, la sécurité et la prospérité.
Pour sa part, l'ambassadeur Leiter a déclaré que cet accord mènerait à une paix véritable entre le Liban et Israël.
Concessions gratuites
Par la voix du député Hassan Fadlallah, le Hezbollah a réaffirmé son rejet des négociations directes avec l’ennemi israélien.
Le Hezbollah estime que la signature de l’accord par le gouvernement libanais est une atteinte à la souveraineté du Liban, et peut engendrer de graves divisions internes.
Dans une entrevue à la chaîne Al Mayadeen, le député du Hezbollah a affirmé que les autorités libanaises avaient offert des concessions gratuites qui mèneront à la destruction du pays et ne servent que les intérêts de l'ennemi [mot désignant Israël, NDLR].
Selon le représentant du Hezbollah, les autorités libanaises ne pourront pas imposer la mise en œuvre de l’accord signé à Washington, sauf si elles s’engagent dans une guerre civile, soutenues par les États-Unis.
En s'adressant au premier ministre israélien, Hassan Fadlallah a déclaré que Benyamin Nétanyahou avait conclu une entente avec celui qui ne possède rien, soulignant que l’état d’inimitié avec Israël restera, et [que] celui qui salue l’ennemi est son complice dans ses crimes.
L’armée israélienne restera au Liban
Si le contenu de l'accord n'a pas été dévoilé à Washington, le premier ministre Nétanyahou a rapidement déclaré après la signature, dans une vidéo préenregistrée, qu'Israël permettrait à l'armée libanaise de prendre le contrôle de deux zones pilotes dans le sud du Liban, où l'armée israélienne est actuellement déployée.
L'une est située au sud et l'autre, au nord du fleuve Litani, situé à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.
Mais ce retrait israélien devrait être limité, puisque Benyamin Nétanyahou a répété que son armée resterait dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah pro-iranien soit désarmé.
Le premier ministre israélien a également prévenu que les habitants qui avaient dû fuir des zones du sud du Liban où des troupes israéliennes sont désormais déployées ne pourront pas revenir chez eux, malgré l'accord-cadre.
Israël occupe une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de sa frontière, censée protéger les habitants du nord d'Israël.
À propos de cette zone, appelée par Israël de sécurité, Nétananyahou a affirmé : nous ne laissons pas entrer le Hezbollah et nous ne laissons pas non plus entrer la population civile.
Par ailleurs, le premier ministre israélien a soutenu que cet accord constituait une grande victoire pour Israël, ajoutant qu’il n’y a aucun rôle pour l’Iran et le Hezbollah au Liban.

Une maison et un commerce sont complètement détruits à la suite d'une frappe israélienne à Qlaileh, dans le district de Tyr, au sud du Liban, le 19 juin 2026.
Photo : Reuters / Zohra Bensemra
Le 2 mars dernier, le Hezbollah a attaqué Israël en représailles aux multiples violations du cessez-le-feu par l'armée israélienne et pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, assassiné le 28 février, au premier jour de la guerre israélo-américaine contre l'Iran.
Israël a riposté avec des frappes aériennes massives et une offensive terrestre qui ont fait à ce jour 4200 morts, selon les autorités libanaises.
Après des semaines de violents combats, les gouvernements des deux pays avaient entamé des négociations en avril sous l'égide des États-Unis. Il s'agissait des premières discussions directes entre les deux pays depuis des décennies.
Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée, mais les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont largement diminué depuis la signature, à la mi-juin, d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.
Avec les informations de Reuters, de l'Agence France-Presse, d'Al Jazeera et d'Al Mayadeen


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