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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans le cadre de sa première visite officielle en Ontario, la gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, a posé ses valises dans la Ville Reine. Radio-Canada a eu la chance de la rencontrer dans ses studios.
Question : Dans le cadre de son passage à Toronto, vous avez eu l'occasion de rencontrer des chercheurs et des étudiants en intelligence artificielle (IA), un sujet dont vous avez déjà souligné les risques et les défis lors de votre discours d'inauguration. Pourquoi avez-vous choisi de lancer ce message à ce moment-là?
Louise Arbour : Vous savez, je pense qu'on ne peut pas éviter les grands sujets de notre époque. […] Les avancées de la technologie, mais particulièrement de l'IA, il faut que ça nous interpelle.
[…] Je pense que c'est important de ne pas avoir un discours qui est polarisé entre, d'un côté, les champions des avancées à tout prix et à toute vitesse, et de l'autre, des espèces de sceptiques qui ont toujours l'impression de ne pas assez bien comprendre ce qui se passe. Je pense qu'entre les deux, c'est là-dessus qu'il faut travailler.
Il faut bien comprendre le potentiel de ce que l'IA va nous apporter. Mais, en même temps, il y a toute une préoccupation aussi sur la construction des IA qui ont des garde-fous appropriés. Moi, c'est ce qui m'intéresse […], trouver en fait comment cette technologie va avancer de façon à bien servir l'humanité […] sans nous amener vers des dysfonctions ou des catastrophes.
Q. : Alors que le contexte géopolitique actuel avec les États-Unis suscite un fort sentiment de fierté et de patriotisme à travers le pays, la Confédération canadienne n'en demeure pas moins traversée par des tensions internes persistantes, notamment dans l'Ouest et au Québec. Est-il temps de raviver le mythe fondateur du Canada et la fierté d'être Canadien?
L.A. : Oui, c'est très intangible, au fond, le sentiment d'appartenance et, des fois, sans s'en rendre compte […] dans certaines occasions, on se définit de façon très rapprochée. On va dire : […] je suis Torontois ou je suis Montréalais.
Là […], je pense qu'on est dans un environnement où on se sent interpellé à l'échelle du pays et ça a beaucoup de bons côtés […]. Ça nous porte à avoir beaucoup d'empathie les uns envers les autres et à bien comprendre qu'il ne peut pas y avoir des gagnants absolus [et] de perdants absolus quand on est interpellé de la façon dont on l'est présentement.
Moi, je le vois dans ma fonction là, qui est une fonction beaucoup […] de projection d'identité, de se comprendre, s'entendre, se respecter les uns les autres. Je trouve qu'on est à un moment privilégié du développement de notre histoire.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a pu rencontrer la gouverneure générale, Louise Arbour, à l'occasion de sa visite à Queen's Park, ce lundi.
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
Q. : Sous le couvercle de la guerre tarifaire et de l'autonomie canadienne, plusieurs provinces misent massivement sur l'extraction des ressources naturelles, comme l'Ontario avec les minéraux critiques du Nord. Pour accélérer ces projets, des lois sont adoptées, mais elles se heurtent souvent aux obligations de la Couronne envers les peuples autochtones, notamment le devoir de consultation. Face à cette tension constante entre développement économique et droits des Premières Nations, quel message souhaitez-vous adresser aux Canadiens?
L.A. : Vous savez, l'exploitation du territoire, c'est au fond au cœur de l'interaction qu'il y a eu entre les peuples fondateurs et, essentiellement, de la grande colonisation du pays. Ça a été ça, le partage et l'exploitation du territoire.
Et là encore, je pense qu'on est à un moment privilégié depuis les efforts de réconciliation. D'abord, il y a un dialogue qui est beaucoup plus respectueux. Je pense qu'on a pris conscience de notre histoire, une histoire qui était très mal apprise, en fait, qui était très mal enseignée, certainement aux gens de ma génération. Alors, je pense qu'on est dans un moment où la nécessité, par exemple, d'assurer la prospérité de tous les Canadiens […] est beaucoup plus respectueuse des aspirations, des ambitions des Premières Nations.
Il faut espérer qu'on ne va pas répéter des erreurs historiques […], mais je pense que, avec les efforts de tout le dossier de la réconciliation, le développement économique, cette fois-ci […], devrait bénéficier de façon beaucoup plus équitable à tous les Canadiens, y compris aux Premières Nations.
Q. : Face à des populations souvent échaudées par des engagements restés sans suite, comment surmonter ce scepticisme persistant et apporter des garanties tangibles pour l'avenir des nouvelles générations?
L.A. : [...] Depuis, on a beaucoup parlé, y compris aux Nations Unies avec la Déclaration des droits des peuples autochtones, de l'autogouvernance, du droit des peuples à s'autogérer. On a vu monter un leadership dans les Premières Nations qui est, je pense, beaucoup plus attentif aux besoins de sa population, mais aux genres de dialogue qui est nécessaire pour faire avancer les choses.
[…] On est dans un environnement social, politique, culturel qui est vraiment différent depuis peut-être les 10 dernières années. Depuis les efforts qui ont été faits, comme je vous disais, de se réapproprier une histoire beaucoup plus crédible et de se projeter comme une communauté, ça fait partie de ce dont on parlait, cette espèce d'identité canadienne inclusive, beaucoup plus inclusive qu'elle l'a été dans le passé, y compris envers les nouveaux arrivants, et beaucoup plus respectueuse.

La gouverneure générale, Louise Arbour, a signé le livre d'or lors de sa visite officielle à Queen's Park, ce lundi.
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
Q. : À l'approche de la Journée des Franco-Ontariens, parlons de francophonie et d'identité. L'Ontario n'est pas une province officiellement bilingue, même si le français et l'anglais ont un statut égal devant les tribunaux. Dans ce contexte, estimez-vous qu'il faudrait imposer des exigences linguistiques pour le poste de lieutenant-gouverneur en Ontario? Pourrait-on envisager de codifier davantage la place du français, à l'image du Nouveau-Brunswick?
L.A. : Là, vous entrez dans un environnement politique qui est hors jeu pour moi, puis je m'accommode très bien de cet environnement-là. Vous savez, j'ai été juge pendant longtemps, alors pendant des années aussi, dans le cadre de mes fonctions, je m'en tiens aux fonctions qui sont les miennes, puis ce n'est pas à moi de déterminer comment les politiques vont se développer, mais je peux vous dire que pour n'importe quelle fonction, surtout une fonction qui a beaucoup de représentation, beaucoup de visibilité, il faudrait avoir toutes les qualités au monde.
Il faudrait être multilingue, extrêmement bien au fait des développements culturels idéalement, mais ces personnes-là, je pense qu'elles n'existent pas, les personnes qui vont satisfaire toutes les aspirations […] de tous les gens qui veulent se voir représenter dans leurs dirigeants. Mais au niveau démocratique, bien là, ils ont des choix.

La gouverneure générale Louise Arbour arrive pour une visite officielle à Queen's Park, à Toronto, le lundi 21 septembre 2026.
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
Q. : Après trois mois en fonction, quels sont les grands projets et les dossiers prioritaires que vous souhaitez porter au cours de votre mandat?
L.A. : Je l'ai dit au tout début, il y a des choses qui sont inévitables pour moi parce que ça fait beaucoup partie de ce que j'ai fait dans ma carrière. C'est inévitablement la place du Canada dans le monde, parce que je pense que les enjeux, les vrais enjeux d'aujourd'hui, ils sont planétaires.
Les changements climatiques, les nouvelles technologies, la mobilité humaine, tous les dossiers qui touchent à la place du Canada dans le monde, ça m'interpelle et ce qui m'intéresse, c'est le monde de demain, c'est pour ça qu'on a parlé d'IA. Inévitablement, quand on parle de l'avenir, on parle des jeunes.
[…] Je n'ai pas des créneaux très étroitement définis. J'ai dit aussi que je serais à l'écoute des Canadiens, ça fait juste trois mois, j'écoute. Mais, je pense que, où je peux faire une contribution, c'est un peu ça.
Avec les informations de Jean-Loup Doudard


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