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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa fin des vacances a sonné pour des milliers d’élèves qui reprennent leur sac à dos et leur boîte à lunch en direction de l’école cette semaine. Et, encore une fois, la rentrée apporte son lot de nouveautés. Voici un survol des principaux changements à venir dans les écoles québécoises cette année.
L'enseignement du numérique et de l'IA sur les bancs d'école
L’enseignement du numérique fait (enfin) son entrée formelle dans les écoles. Le ministère de l’Éducation (MEQ) vient de publier les nouveaux contenus qui pourront tout d’abord être enseignés de manière volontaire au primaire. Ça ne sera qu’à la rentrée 2028 que l’enseignement du numérique deviendra obligatoire tant au primaire qu’au secondaire.
On était rendus là en 2026, selon l’enseignant en informatique Simon Duguay. On avait quelque chose de vraiment inégal d’un milieu à l’autre. Maintenant, l’objectif est d’assurer un niveau de compétence minimal des outils numériques, pour tous nos élèves, à la sortie de leur parcours scolaire, ajoute celui qui est aussi consultant en technologies éducatives. À travers ce nouveau programme, les jeunes aborderont, par exemple, comment collaborer et communiquer en ligne.
L’ajout de ces contenus ne forcera pas la création d’un nouveau cours dans la grille-matières. Les écoles auront la latitude de décider quelle notion sera enseignée à quel moment, dans une approche interdisciplinaire. La thématique de l’intelligence artificielle (IA) y est peu abordée, mais le MEQ assure que l’ajout de ces notions transversales dans le cursus permettra notamment aux élèves d’apprendre à vérifier l’information et à garder un esprit critique face aux technologies.
Parallèlement, le MEQ vient de mettre à jour son guide sur l’utilisation de l’IA en éducation. On y explique désormais plus précisément ce qui est attendu du personnel enseignant et ce que les élèves devraient pouvoir faire en regard de l’IA.
Par exemple, on y recommande que les jeunes en viennent à comprendre ce qu’est un système d’IA générative, comment formuler des requêtes pour réaliser une tâche scolaire et comment s’assurer de la justesse d'une réponse générée. Nombre d’acteurs du réseau de l’éducation dénonçaient au printemps dernier un manque d’encadrement en matière d’IA.
Évaluation obligatoire pour tous les enseignants
Les enseignants devront maintenant être évalués tous les deux ans, une mesure qui entrera en vigueur à la rentrée et qui avait été accueillie avec scepticisme dans le réseau scolaire lors de son annonce l’an dernier.
Les directions d’école pouvaient déjà faire de la supervision pédagogique, une pratique surtout répandue auprès des nouveaux enseignants, mais il s’agit cette fois-ci de mettre en place un processus d’évaluation uniforme pour tous, basé sur les mêmes critères, dans l’ensemble des écoles québécoises.

Les enseignants devront maintenant être évalués tous les deux ans au Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé
Cette mesure découle du projet de loi qui a été déposé l’an dernier à la suite des incidents de prosélytisme survenus à l’école primaire Bedford, à Montréal.
Il reste toutefois plusieurs interrogations entourant la mise en œuvre d’une telle obligation. Si un enseignant est dans le système depuis 10 ans et qu’on se rend compte que ça ne convient pas, qu’est-ce qui va arriver? se demande Francis Côté, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Le ministère de l'Éducation n'a pas été en mesure de nous fournir de réponse à ce sujet.
De son côté, la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, avait affirmé en commission parlementaire que l’évaluation était quelque chose qui se fait déjà au Québec et qui existe pour la très grande majorité des professionnels, tout en précisant qu’on peut tous s’améliorer.
Regroupement de mesures de financement : une petite révolution budgétaire
La réforme budgétaire engagée par Mme LeBel vivra son premier test sur le terrain dès cet automne. Son application sera obligatoire dès la prochaine rentrée, mais les centres de services scolaires (CSS) peuvent décider de l’appliquer dès maintenant. En éliminant les 261 anciennes enveloppes budgétaires pour les regrouper sous 37 catégories, le gouvernement estime donner aux CSS une plus grande flexibilité dans l’attribution des sommes en fonction des besoins et des réalités distinctes des milieux.

La ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Les directions d’école ont salué cet allègement administratif majeur et cette décentralisation tout en s’inquiétant de la réelle autonomie qu’elles obtiendront dans l’allocation du financement. Les syndicats du personnel scolaire, eux, craignent que cette nouvelle flexibilité soit utilisée à mauvais escient par certains gestionnaires de CSS ou qu'elle engendre des services inéquitables d’un endroit à un autre.
Les milieux culturel et du livre ainsi que d’anciens ministres de l’Éducation et de la Culture du Québec se sont élevés contre les changements annoncés, qui font par exemple disparaître du financement destiné spécifiquement aux sorties culturelles ou à l’achat de livres en les fondant à travers la grande catégorie Activités sportives, culturelles et sociales.
Sonia LeBel a répondu cet été en annonçant l’octroi de 24,1 millions de dollars sur trois ans pour l’achat de plus d’un million de livres neufs dans les écoles. Toutefois, les deux tiers de cette somme seront injectés à même le nouveau régime budgétaire qui ne garantit plus la destination finale du financement.
Le MEQ indique qu’un bilan du nouveau régime budgétaire sera fait au terme de cette année scolaire et que des ajustements pourront être apportés au besoin.
Recensement obligatoire des motifs de départ des enseignants
Les centres de services scolaires auront l’obligation de sonder de manière systématique tous les enseignants qui quittent leur emploi pour connaître les raisons de leur départ. Les CSS devront communiquer ces informations au ministère de l’Éducation. Cette pratique était recommandée mais non obligatoire depuis 2024 et était appliquée de manière très inégale.
Les principaux syndicats de l’enseignement ont accueilli favorablement cette décision, mais ils espèrent que le processus sera uniforme à travers le réseau et que des entrevues de départ complètes soient réalisées avec les enseignants démissionnaires.
En 2024-2025, un peu plus de 2000 enseignants, tous statuts confondus, ont démissionné du poste qu’ils occupaient dans le réseau scolaire québécois. Parmi eux, 1100 étaient des enseignants réguliers à temps plein, indique le ministère de l’Éducation.
Des changements liés à la révision des indices de défavorisation
La mise à jour des indices de milieu socio-économique (IMSE) des écoles du Québec au printemps dernier a fait en sorte de modifier le rang de défavorisation des deux tiers d’entre elles. En raison de ce rebrassage, plus de 400 écoles perdront du soutien financier dès la rentrée, et un nombre similaire en obtiendra davantage. De nombreux établissements se verront aussi forcés de réajuster les ratios élèves/classe à la hausse ou à la baisse en raison d’un changement de leur niveau de défavorisation.
On se prépare à une rentrée où le personnel de plusieurs écoles est tout à fait conscient qu'on aura moins de soutien, moins de ressources, moins d’éducateurs spécialisés, moins de professionnels pour répondre aux besoins des élèves qui sont encore aussi grands, confie Kathleen Legault, la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires (AMDES).
Au printemps dernier, l’annonce de ces changements avait suscité une levée de boucliers dans le réseau scolaire. Des parents et des syndicats demandaient au gouvernement de revoir la méthode de calcul des indices de défavorisation, jugée désuète et trop peu représentative de la réalité des milieux. Québec avait répondu que les mesures utilisées présentement constituaient les meilleurs indicateurs de la réussite scolaire et qu’une révision de leur méthodologie n’était pas prévue.
La laïcité renforcée dans les écoles privées
Cette année, les écoles privées sont aussi touchées par de nouvelles obligations en lien avec le renforcement de la laïcité dans le réseau scolaire.
Le port de signes religieux est interdit à tous les membres du personnel des écoles privées subventionnées, comme c’est aussi maintenant le cas dans les écoles publiques et les centres de la petite enfance.
Les établissements à vocation religieuse, ou qui donnent des cours d’enseignement religieux, devront modifier leurs pratiques pour conserver leur financement public.
Les cours de religion devront être offerts de façon facultative, à l’extérieur des heures normales de classe, et il ne sera plus possible de sélectionner les élèves ou les membres du personnel en fonction de leur appartenance religieuse.
Les écoles concernées, qui sont très peu nombreuses, selon la Fédération des établissements d’enseignement privé (FEEP), ont trois ans pour se conformer si elles veulent maintenir leurs subventions. Il y en a déjà qui ont fait des changements pour la rentrée, indique Vicky Viens, la directrice générale de la FEEP.

Vicky Viens est directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP).
Photo : photo fournie par la FEEP
Lors du dépôt de ce projet de loi, l’automne dernier, le ministre Jean-François Roberge avait affirmé que la laïcité sera désormais une condition fondamentale pour recevoir du financement de l’État et offrir des services éducatifs.
Une année de transition pour le nouveau programme de français
L’enseignement obligatoire du nouveau programme de français, qui a été testé dans une cinquantaine de classes l’an dernier, a pour sa part été reporté à la rentrée 2027.
L’année scolaire qui s’amorce sera plutôt consacrée à la formation des enseignants qui devront se familiariser avec les nouveaux contenus prévus du début du primaire jusqu’à la fin du secondaire.


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