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Plafond des permis d’études : l’Ontario perdra un tiers de ses étudiants internationaux

4 weeks ago 13

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L'Ontario, qui accueillait le plus grand nombre d'étudiants internationaux au pays avant le plafonnement des permis par le gouvernement fédéral, est la province qui devrait en subir l'impact le plus sévère.

Selon des estimations préliminaires de Statistique Canada, l'Ontario est en voie de perdre plus du tiers de sa population d'étudiants internationaux.

Ainsi, les établissements postsecondaires publics dans la province compteraient 92 000 étudiants internationaux à temps plein de moins pour l'année 2025-2026.

Des estimations que l'agence explique avoir obtenues en se basant sur des données d'enquêtes nationales auprès des établissements postsecondaires ainsi que des données administratives d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et de l'Agence du revenu du Canada.

Dans un rapport publié mardi, l'agence suggère que les mesures de plafonnement du gouvernement fédéral annoncées en janvier 2024 ont entraîné une baisse marquée du nombre de nouveaux étudiants internationaux au Canada, mais une chute plus modérée de l'effectif global.

Le plafonnement annoncé par Ottawa devait initialement durer deux ans, mais le gouvernement fédéral a récemment présenté un plan visant à continuer de réduire le nombre d'étudiants internationaux admis au pays, avec l'objectif d'en admettre 155 000 en 2026 et 150 000 en 2027 et 2028.

On nous utilise comme source de revenus, puis comme boucs émissaires

Pour Amir Moghadam, doctorant à l’Université de Toronto, l'image d'un Canada accueillant s’effrite : l'étudiant international avait choisi de venir au pays pour son environnement ouvert, mais le plan fédéral et les chiffres du rapport envoient désormais, selon lui, un message bien différent.

Je pense que tout le monde s'accorde pour dire que le nombre d'étudiants internationaux au Canada est devenu hors de contrôle, dit-il, tout en affirmant qu'ils ne sont pas le problème.

Ils ont simplement été pris dans cette tempête parfaite à laquelle ils n'ont aucunement contribué, a-t-il ajouté, faisant référence à l'augmentation du coût de la vie et au sous-financement du secteur postsecondaire.

Les étudiants internationaux ont été utilisés comme une source de revenus et, lorsque la politique a basculé, comme boucs émissaires.

Ottawa a déclaré avoir mis en place ce plafond dans le but d'atténuer les pressions sur le logement et de répondre aux préoccupations concernant l'exploitation des étudiants par certains établissements postsecondaires.

Un système déjà affamé avant le plafonnement

Jeff Brown, professeur au Collège George Brown et délégué syndical principal du corps professoral de l'établissement, affirme que les changements liés au plafond n'auraient pas eu un effet sismique si le système n'était pas déjà affamé.

Les professeurs et le personnel tirent la sonnette d'alarme sur le manque de financement dans le secteur postsecondaire depuis des années, souligne-t-il.

Les étudiants internationaux apportent beaucoup à notre communauté collégiale, ils devraient en faire partie. Mais pas au point de devenir aujourd'hui un substitut à un financement adéquat.

Rob Kristofferson, président de l'Union des associations des professeurs des universités de l'Ontario, ne se dit pas du tout surpris par les conclusions préliminaires, mais reconnaît que c'est un peu plus que ce à quoi nous nous attendions.

Notre réputation internationale en tant que fournisseur d'éducation internationale s'est effondrée.

Selon lui, les universités se sont tournées vers les étudiants internationaux, qui paient jusqu'à six fois plus cher que les étudiants canadiens pour leurs droits de scolarité, pour combler les lacunes de financement.

Nous avons besoin d'un financement public robuste pour ramener notre système universitaire au niveau où il doit être, souligne-t-il.

Et ensuite, nous devrons réfléchir sérieusement à la manière d'attirer à nouveau les étudiants internationaux et de leur offrir l'éducation de classe mondiale que proposent les universités de l'Ontario.

Avec les informations d'Alina Snisarenko, de CBC News

Avec les informations de CBC

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