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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAvec La Révélation (Disclosure Day), la saison des superproductions est lancée. Suivront L’Odyssée de Christopher Nolan en juillet et The Dog Stars de Ridley Scott en août. Ce nouveau long-métrage marque aussi le retour de Steven Spielberg à la science-fiction après le très personnel Les Fableman, sorti en 2022.
Le film s’ouvre dans un monde pas si différent du nôtre : la guerre est partout, rien ne semble pouvoir arrêter la marche de l’humanité vers sa fin. Daniel Kellner (Josh O’Connor), un ancien pirate informatique, s’échappe de l’agence de cybersécurité pour laquelle il travaille en dérobant la totalité des archives sur l’affaire Roswell. Il est convaincu qu’elles doivent être rendues publiques.
En même temps, à Kansas City, Margaret Fairchild (Emily Blunt), présentatrice météo sur la chaîne locale, développe des capacités linguistiques inouïes après qu’un cardinal rouge est entré dans son appartement. Pensant ne l’avoir jamais vu, elle sait qu’elle doit retrouver Daniel…
Un retour au genre hollywoodien classique
La fuite du héros durant les premières minutes du film donne le ton : La Révélation est une course-poursuite au rythme changeant où alternent des moments de calme et d’autres d’extrême tension en fonction de la proximité entre les fuyards et les anciens employeurs de Daniel Kellner.

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Le film « Disclosure Day » (« La révélation » en français) prend l'affiche sort le 12 juin au cinéma.
Photo : Amblin Entertainment
Le chef de cette agence, qui ressemble à s’y méprendre à celle des Hommes en noir, est incarné par Colin Firth, dans un rôle de méchant à contre-emploi des figures amoureuses parfois gauches et sensibles qu’il incarne habituellement. Contre lui, Colman Domingo est l’orchestrateur du grand dévoilement à venir, aidant les deux protagonistes à accomplir leur mission.
Steven Spielberg ne réinvente pas ici le genre classique des superproductions qu’il a contribué à façonner. Il n’y a pas débauche d’effets spéciaux, tout au plus quelques poursuites spectaculaires en voiture, mais peut-être qu’on en attend toujours trop de l’icône hollywoodienne qui, dans la dernière partie de sa vie (il fêtera ses 80 ans cette année), veut donner plus d’importance à l’aspect symbolique de ses films plutôt qu’à leur esthétique.
Contre la torture
Les rapports entre les hommes et les extraterrestres sont une constante dans l’œuvre de Steven Spielberg. Depuis Firelight, son premier long-métrage réalisé en 1964 alors qu’il avait 17 ans, il s’est à nouveau intéressé au sujet dans Rencontres du troisième type (1977), E.T., l’extraterrestre (1982) et La Guerre des mondes (2005).
Dans La Révélation, il donne une nouvelle profondeur à son propos. D’abord, il y a la dénonciation de la violence. La première minute du film est celle d’un lutteur qui donne trois grands coups de pied dans la face de son adversaire. Le plan est pris de telle sorte que le spectateur est à la place de celui qui est en train de se faire terrasser.
À travers cette image d’une brutalité extrême, le réalisateur nous place dans la posture dans laquelle les êtres non humains de La Révélation sont traités. Daniel Kellner a été convaincu de rendre publiques les archives classifiées quand il a vu les vidéos dans lesquelles on voit les humains torturer des extraterrestres sans défense. Au fil de l’intrigue, les indices du manque d’humanité de notre espèce pour les autres sont nombreux et appuient le propos de Spielberg.
La vérité à tout prix?
En face, les extraterrestres considèrent l’empathie comme la qualité qui témoigne le mieux du degré de développement d’une espèce. Une émotion que le film procure par quelques plans merveilleux où les non-humains qui peuplent la Terre et le reste de l’univers semblent être, pour quelques instants, en harmonie complète. On revit ce qu’on a pu vivre avec E.T., qui a fait pleurer des générations entières d’enfants émus par ce petit être perdu sur une planète inconnue. D’ailleurs, les visiteurs montrés dans La Révélation partagent le même physique que lui.

Josh O’Connor joue Daniel Kellner dans « La Révélation ».
Photo : Universal Pictures
Une fois passée la première couche de violence apparaît la question de la vérité. Si le héros est persuadé que celle-ci doit exploser à la face de toute la planète, d’autres sur sa route — et son ancien employeur en particulier — lui assurent que cela ne fera que perdre un peu plus les repères d’un monde au bord du précipice. Cette tension sur la nécessité de tout dire ou pas est au cœur de la narration. On la retrouve à travers les relations entre les personnages qui ont tous leurs secrets, des histoires qu’ils ne veulent pas révéler ou bien garder enfouies au plus profond d’eux-mêmes, tel le personnage d’Emily Blunt, qui refuse de se rappeler qu’elle a rencontré les extraterrestres alors qu’elle était enfant.
La présence des voyageurs de l’espace est diffuse dans le film, elle est secondaire. Il est sans cesse question d’eux, mais surtout de l’impact que leurs visites ont eu sur l’évolution de notre espèce. Et c’est ce qui intéresse Spielberg : qu’est-ce qu’ils pourraient nous apporter pour construire un monde sans violence? Ce choix fait par le réalisateur de conserver un mystère est aussi une invitation à réfléchir au monde d’aujourd’hui dans lequel on montre tout, mais peut-être pas l’essentiel?
La Révélation (Disclosure Day), réalisé par Steven Spielberg, avec Emily Blunt et Josh O’Connor. En salle au Canada à partir du 12 juin. Durée : 2 h 25.


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