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Jeux du Commonwealth : une occasion de briller pour les athlètes avec et sans handicap

7 hours ago 3

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Lorsque Chantal Petitclerc triomphe au 800 mètres aux Jeux du Commonwealth en 2002, elle est déjà une athlète aguerrie avec quatre titres paralympiques à son actif. Mais cette médaille remportée sur la piste anglaise de Manchester occupe une place importante dans son palmarès, en raison de sa symbolique.

En 2002, après des années de démonstration, le parasport intègre officiellement le programme sportif des Jeux du Commonwealth. Les médailles remportées par des athlètes handicapés compteraient, dès lors, au même titre que celles décrochées par leurs homologues sans handicap. Et Chantal Petitclerc a été la première athlète handicapée à triompher dans ce contexte.

Gagner ce premier 800 m officiel a été fantastique sur le plan personnel, mais aussi sur le plan collectif. Le comité d'organisation avait merveilleusement bien fait les choses : ce n'était pas une épreuve organisée à la hâte un mardi matin. C'était un vendredi ou samedi soir, lors d'une grande soirée de sprint, devant un stade comble, a raconté la sénatrice à Radio-Canada Sports.

C'était l'épreuve la plus importante de ma saison. La compétition était féroce avec la Britannique Tanni Grey-Thompson et ma grande rivale australienne, Louise Sauvage. Et j’ai gagné.

L’athlète en fauteuil roulant repense au chemin parcouru pour en arriver là. Pendant longtemps, les parasports étaient confinés à un rôle marginal dans les événements sportifs, même aux Jeux du Commonwealth.

Six personnes, dont une en fauteuil roulant, avancent en tenant un drapeau.

Chantal Petitclerc lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Glasgow, le 13 juillet 2014, notamment en compagnie de Shelly-Ann Fraser-Pryce

Photo : Getty Images / Hannah Peters

En 1990, à Auckland, c'était la première fois que des épreuves étaient présentées en démonstration aux Commonwealth, se souvient Chantal Petitclerc.

L'expérience avait été horrible. On ne logeait pas avec l'équipe canadienne, mais dans un centre de réadaptation. À la piste, les organisateurs n'avaient pas prévu qu'on veuille s'entraîner et nous interdisaient l'accès. Il y avait même des panneaux d'interdiction avec un fauteuil roulant barré. Mon entraîneur m'avait dit : ‘‘Tu n'écoutes personne, tu fais ton entraînement’’.

Entre Auckland et Manchester, il y a eu une évolution extraordinaire en très peu de temps. Cela montre qu'avec de la volonté, les choses bougent. L'Australie et le Canada ont joué un rôle de premier plan pour pousser non seulement à conserver les épreuves paralympiques, mais aussi à en ajouter.

Une femme en fauteuil roulant sourit devant un drapeau canadien.

Chantal Petitclerc aux Jeux du Commonwealth de Glasgow en 2014

Photo : ˚dan galbraith/details group / Dan Galbraith

En 2026, à Glasgow, pour la 23e édition qui a débuté ce jeudi, le Canada a envoyé une délégation record de 39 para-athlètes. Parmi eux, le nageur québécois Nicolas-Guy Turbide.

Celui-ci se réjouit de pouvoir faire à nouveau équipe avec des athlètes sans handicap. En 2022, il avait remporté une médaille d’or au 50 m dos, tout comme la sensation canadienne Summer McIntosh. Une expérience formidable à ses yeux.

J'ai eu la chance de la côtoyer aux derniers Jeux du Commonwealth. C'est une personne très dédiée, à la fois introvertie et très chaleureuse en équipe. Elle est extrêmement travaillante et bien entourée. C'est un talent qu'on ne voit nulle part ailleurs, dit-il au sujet de la Torontoise de 19 ans.

Il sourit dans la piscine en faisant face à son adversaire.

Nicolas-Guy Turbide lors de sa victoire aux Jeux du Commonwealth en 2022.

Photo : Getty Images / Quinn Rooney

Pour nous, c'est une vitrine formidable et une occasion unique d'échanger avec les athlètes olympiques. On apprend beaucoup de leurs méthodes, et eux s'intéressent à nos adaptations. C'est très éducatif. Les athlètes olympiques me posent souvent des questions sur ma façon de gérer mes virages ou de nager droit dans un couloir, dit-il.

Cela me rappelle un peu les Jeux du Québec : les volets olympique et paralympique sont réunis au sein d'un même événement.

Un modèle à suivre?

La formule a certainement son mérite pour la promotion du parasport. Lors de la cérémonie d’ouverture, les athlètes avec et sans handicap marchent main dans la main, en entrant en même temps dans le stade.

Une image forte, convient le président du Comité international paralympique, Andrew Parsons.

J’étais là à Birmingham en 2022, il y a quatre ans. Je me souviens avoir passé un après-midi à regarder le basketball à 3 contre 3. J'ai vu quatre épreuves consécutives : debout hommes, debout femmes, fauteuil roulant hommes, fauteuil roulant femmes. La façon dont les spectateurs réagissaient au sport était exactement la même : ils comprenaient le jeu, l'encourageaient et s'impliquaient. C'est extrêmement positif.

Mais il ne croit pas qu’une fusion entre Olympiques et Paralympiques soit nécessairement bénéfique, pour l’avancement du parasport.

Deux athlètes avec un grand sourire.

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Jeux du Commonwealth : l’occasion pour les athlètes avec et sans handicap de briller ensemble

Photo : Radio-Canada

Pensez un instant au fait que les Jeux paralympiques sont le seul événement d'impact mondial qui place les personnes en situation de handicap sur le devant de la scène, dit-il.

Nous sommes convaincus que les Jeux paralympiques ont encore besoin d'exister en tant qu'événement distinct. Qui sait de quoi l'avenir sera fait, mais pour l'instant, fusionner les deux événements représenterait non seulement un immense défi logistique, mais cela risquerait surtout de diluer une plateforme essentielle pour 1,3 milliard de personnes à travers le monde.

Chantal Petitclerc abonde dans le même sens. À une époque, des athlètes paralympiques se faisaient tatouer les anneaux olympiques. Maintenant, il y a davantage de fierté autour du symbole paralympique, distinct du monde olympique. C’est une grande fierté qui s’est développée. Les paralympiens incarnent la haute performance, avec leur différence, sans ressentir le besoin de se comparer.

Elle envisage néanmoins une solution mitoyenne, en intégrant quelques parasports au menu olympique. Il y a de grands défis logistiques : doubler la capacité d'un village athlétique ou intégrer toutes les épreuves sur une même piste demande une organisation colossale. Mais on peut y aller étape par étape, comme l'ont fait les Jeux du Commonwealth, avec un certain nombre d’épreuves en vitrine.

Le Comité international paralympique envisage toutefois de devancer les Jeux paralympiques pour les tenir avant les Jeux olympiques – essentiellement pour répondre aux changements climatiques.

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