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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAlors que l'échec des négociations à Washington éloigne le retour de l'alcool américain à la LCBO, les producteurs de l'Ontario restent sereins. Forts de ventes en hausse ces derniers mois, ils se disent prêts à affronter le retour, un jour ou l'autre, de la concurrence du Sud.
Dans la Distillerie Beattie's, à Alliston en Ontario, il y a une odeur de fermentation à peine la porte d’entrée franchie. Sur le comptoir, plusieurs bouteilles sont disponibles à la vente. À quelques mètres de là, les alambics travaillent pour remplir d’autres bouteilles.
L’entreprise Last Straw Distillery utilise les lieux pour produire du rhum et du whisky, entre autres. Son cofondateur et président, Don DiMonte, observe qu'il y a de plus en plus de clients depuis un peu plus d'un an.

Donald Dimonte, le PDG de la distillerie Last Straw, dit avoir écoulé sa production de whisky à base de maïs à une vitesse fulgurante en 2025.
Photo : Radio-Canada / Christopher Langenzarde
Avec le boycottage de l’alcool américain qui a été mis en place au Canada dans le cadre de la guerre commerciale avec les États-Unis, ses ventes ont largement augmenté.
Tout le monde cherchait une alternative au bourbon. On avait du whisky de maïs en bouteille qu’on vendait. Ça s'est vendu immédiatement, je pense qu’en quatre ou cinq jours, il n’y en avait plus, se souvient-il.
L’entreprise n’était pas préparée à faire face à une telle demande. Le problème, c’est qu’on n’en avait pas suffisamment pour prendre le relais.
Comme M. Dimonte, de nombreux producteurs ontariens ont vu leur chiffre d'affaires augmenter dans la dernière année, notamment, celui de la cave Stratus qui produit 42 sortes de vin chaque année.
Jean-Laurent Groux est œnologue et fondateur de cette cave. Cette guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis représente une aubaine pour son commerce.
Les Canadiens viennent nous voir beaucoup plus. Au niveau de la LCBO, on a un peu rempli les étagères des vins des États-Unis, qui étaient vides, avec nos vins. Nos ventes sont significativement plus élevées maintenant. Il avance un chiffre entre 10 % et 15 % d’augmentation des ventes à la LCBO pour nous.

Jean-Laurent Groux travaille comme œnologue au vignoble Stratus, dans la région du Niagara, en Ontario.
Photo : Radio-Canada
Depuis le début de ce blocus des alcools américains, la LCBO a joué un rôle important concernant la visibilité de ces producteurs locaux. D’avril 2025 à mars 2026, la société a travaillé avec des producteurs, des brasseurs et des vignerons afin d’offrir à ses clients des produits nouveaux et attrayants, dont 291 nouveaux vins VQA de l’Ontario et 338 nouvelles bières artisanales ontariennes. Au total, les Ontariens ont maintenant accès à 1060 options supplémentaires de boissons alcoolisées ontariennes dans toutes les catégories, détaille dans un communiqué de juin dernier la LCBO.
Mais jusqu'à quand cette situation va-t-elle perdurer? Lors de ces derniers jours, l'une des concessions envisagées lors des pourparlers à Washington était justement de ramener l'alcool américain sur les tablettes canadiennes. Peu importe que ce soit dans les prochains jours, prochains mois, voir les prochaines années, les producteurs d'alcool locaux n'ont pas particulièrement de craintes.
Don DiMonte plaisante même en disant je suis fan de bourbon, donc je suis content en tant que consommateur. De manière plus sérieuse, il explique : Je ne pense pas que ça va nous affecter en tant que petit producteur. Nous avons notre clientèle.
On n’est pas pressé, mais on n’est pas désespéré non plus.
Pour Jean-Laurent Groux il y a désormais une dynamique favorable. On a un acquis maintenant que les gens ont goûté nos vins. Et on pense qu’il y a une partie des gens qui vont se dire : je veux acheter canadien, je ne veux pas acheter américain.
David Hopkins, consultant en restauration chez The Fifteen Group, voit même le retour des alcools américains d’un bon œil. Peu importe la raison pour laquelle vous devez dire à un client : non, nous ne pouvons pas vous servir ça. Ce n’est jamais une bonne chose.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré vendredi avoir demandé aux négociateurs canadiens de rentrer à Ottawa, après la suspension des discussions. Si les négociations s'étirent en longueur et piétinent à Washington, dans le monde du vin et des spiritueux, le temps long n'est pas un ennemi. Particulièrement pas pour ceux en Ontario.


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