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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes Canadiens auraient des opinions mitigées sur l’immigration et le multiculturalisme, selon une nouvelle étude. D’après ses auteurs, ces perspectives seraient davantage le fruit d'une mauvaise perception de la gestion des flux migratoires et des décisions politiques que de l’immigration en tant que telle.
Un total de 6818 personnes ont été sondées par l’Environics Institute of Survey Research et Bridging Divides, un programme de recherche sur l’immigration, entre le 4 mars et le 24 avril. Les résultats ont été pondérés pour être représentatifs de la population canadienne selon le recensement de 2021.
On avait déjà remarqué que, depuis quelques années, les opinions des Canadiens sur le nombre d’immigrants avaient beaucoup changé, rappelle le directeur général de l’Environics Institute, Andrew Parkin. On se posait la question à savoir si c’était juste une question de politiques et de gestion du système ou s’il y avait un changement de valeurs.
Il a eu sa réponse : Même les gens qui disent qu’on accueille trop d’immigrants ces jours-ci – et c’est la majorité de la population – sont quand même positifs par rapport au multiculturalisme.
Ce que ça nous dit, c’est que la raison pour laquelle on a ces opinions plutôt négatives quand on parle de l’immigration, ce n’est pas à cause des immigrants, c’est à cause de la gestion ou de la politique.
Une vision globalement positive du multiculturalisme
Environ deux répondants sur trois (64 %) voient d’un œil positif le multiculturalisme. À l’autre bout du spectre, 6 % estiment qu'il est négatif et synonyme d'une société trop divisée ou d'une identité canadienne en perdition. Les 30 % restants préfèrent ne pas répondre à la question ou ont indiqué ne pas savoir ce qu’était le multiculturalisme.
Quant à sa contribution à l’identité canadienne, les deux tiers des répondants la considèrent comme positive. Le quart est toutefois en désaccord.
La proportion de répondants qui croient que le multiculturalisme est bon pour l’identité canadienne est la plus forte en Colombie-Britannique (73 %) et la plus faible au Québec (56 %).

Andrew Parkin, directeur général de l'Environics Institue.
Photo : Mowat Centre
Pour ce qui est de la contribution positive du multiculturalisme à l’identité canadienne, les Canadiens dits racialisés sont les plus d’accord (81 %).
Ceux qui s’identifient comme Blancs ou Autochtones le sont le moins (62 % et 63 %, respectivement).
La majorité des répondants trouvent des bénéfices à une société diverse, mais la majorité est contre l’idée de séparer les institutions dans les domaines comme l’éducation pour accommoder les minorités ethniques ou religieuses.
Des relations perçues comme moins bonnes
La majorité (61 %) des répondants de l’étude estime que les relations entre les personnes issues de différentes origines ethniques sont généralement bonnes. Il reste que ce résultat est de 10 points de pourcentage plus faible qu’en 2019.
Ce déclin est le plus évident chez les Blancs : la proportion de ces répondants estimant que les relations entre divers groupes sont bonnes est passée de 73 % en 2019 à 58 % en 2026.
Chez les personnes dites racialisées, il n’y a eu qu’une légère baisse de 4 points de pourcentage au cours de la même période. Les auteurs de l’étude affirment qu’ils se pencheront sur les raisons expliquant cette différence dans un futur rapport.
Aujourd’hui, 22 % des répondants trouvent les relations globalement mauvaises et 17 % n'ont pas exprimé d'opinion à ce sujet. Les répondants autochtones sont ceux qui sont les plus nombreux (26 %) à affirmer que les relations entre groupes ethniques au Canada sont généralement mauvaises.
Selon le rapport, la perception selon laquelle les relations sont mauvaises est aussi plus basse chez ceux qui ont plus de contacts personnels avec des individus de différentes origines ethniques et raciales.
La majorité estime qu’il y a trop d’immigration
Environ 20 % des répondants ne se disent pas inquiets du nombre actuel d’immigrants admis au Canada.
Environ le tiers des répondants ont une opinion carrément négative de l’immigration. Ils estiment que les niveaux d’immigration sont trop élevés et souhaitent que l'accueil par le Canada soit limité.
Mais plus de 35 % ont une opinion plus mitigée : ils ont des inquiétudes quant au nombre d’immigrants qui arrivent, malgré une opinion favorable à l’immigration et au concept que le Canada est perçu comme un bon pays d'accueil.
Au total, 71 % des Canadiens pensent qu’il y a trop d’immigration, un résultat qui concorde avec ceux d’autres études de ce genre, lit-on dans le rapport.
L'opinion par rapport à l'immigration diffère d’ailleurs entre les immigrants de seconde génération et leurs parents, ces derniers étant généralement plus favorables.
L’étude se penche aussi sur la méthode de priorisation préférée des Canadiens pour choisir des immigrants : la sélection devrait-elle se faire en fonction de leur capital humain (leur éducation, leurs compétences, etc.) ou en fonction de leur pays d’origine?
Quatre fois plus de répondants optent pour le premier choix que pour le second.
Les pays d’origine préférés
Parmi ceux qui souhaitent plutôt prioriser le pays d’origine, beaucoup ont exprimé une préférence pour les immigrants du Royaume-Uni, de la France ou de l’Irlande (31 %) ou d’autres pays européens (37 %).
De plus, 20 % mentionnent l’Australie ou les États-Unis et 15 % mentionnent la Chine, l’Inde ou le Japon comme lieux de provenance dont il faudrait encourager ou prioriser l’immigration.
Et toujours parmi ceux qui préfèrent sélectionner en fonction du pays d’origine, le souhait de dissuader l’immigration en provenance des pays asiatiques, dont l’Inde et la Chine, est le plus fort (38 %).
S’ensuivent les pays du Moyen-Orient, arabes ou musulmans (37 %). Finalement, 13 % de ces répondants aimeraient décourager l’immigration provenant de pays africains.
Identité et sentiment d’appartenance
L’identité canadienne et le sentiment d’appartenance au Canada sont forts, et ce, de manière quasi égale entre immigrants et non-immigrants. Chez les deux groupes, plus de 80 % des répondants estiment que le Canada est très ou assez important pour leur identité.
La plus forte proportion de gens qui disent ne pas sentir de forte appartenance ni au Canada ni à leur groupe ethnique se trouve chez les Autochtones (12 % contre 4 à 7 % chez les autres groupes).
C'est peut-être juste une question de manque d'inclusivité, pose comme hypothèse Andrew Parkin.
Les Autochtones constituent le groupe qui ressent le moins un respect pour son identité culturelle.
En général, les trois quarts des répondants estiment que leur identité culturelle est respectée au Canada. En d’autres mots, les personnes dites racialisées, les Blancs, les chrétiens et les musulmans ressentent davantage de respect pour leur identité culturelle que les Autochtones.
Les Québécois francophones ressentent aussi moins de respect pour leur identité culturelle que les personnes dites racialisées, par exemple.
En ce qui concerne la diversité linguistique, c’est plus de 60 % des répondants qui se disent inconfortables lorsqu’ils entendent des langues autres que l’anglais et le français dans les rues du Canada.
Il y a des gens qui sont mal à l'aise avec la diversité, mal à l'aise avec le système d'immigration, remarque Andrew Parkin. Il y a des conversations à avoir.
Ce qui est intéressant, ajoute-t-il, c'est qu’on ne divise pas les immigrants contre les non-immigrants [...]. On est tous à peu près du même côté de l'enjeu.


3 weeks ago
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