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L’ex-ministre Gilles Bélanger quitte la CAQ pour « rester fidèle à ses convictions »

1 month ago 15

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Afin que « ses principes et ses valeurs priment », l’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, quitte la CAQ pour siéger comme député indépendant dans la circonscription d’Orford.

Joint par Radio-Canada, il affirme que l’amertume ne guide pas son choix, même si Christine Fréchette l’a exclu de son Conseil des ministres. Rappelons qu’il avait été le premier à l’appuyer publiquement pour l’inciter à se lancer dans la course à la succession de François Legault.

L’élu donne deux raisons pour expliquer son départ de la Coalition Avenir Québec (CAQ) : la crainte que son gouvernement ne réalise pas ses engagements et son incompréhension face au choix de la nouvelle première ministre d’offrir le poste névralgique de l’Économie, de l'Innovation et de l’Énergie à Bernard Drainville.

Gilles Bélanger estime que la première ministre accorde des places trop importantes à des membres de l’équipe de son rival lors de la course à la direction du parti. Je trouve qu’on s’éloigne d’un renouveau audacieux, explique-t-il.

Il avait d’ailleurs menacé de démissionner il y a quelques semaines si les militants avaient choisi Bernard Drainville comme chef, le jugeant trop populiste. L’équipe de Christine Fréchette lui avait demandé de se rétracter, craignant des impacts sur l’unité du parti à l’issue de la course.

Il affirme avoir ravalé ses paroles pour protéger l’intégrité de la course de celle qu’il soutenait ardemment, mais il pense toujours la même chose.

Christine Fréchette et Bernard Drainville.

Christine Fréchette a nommé Bernard Drainville au poste de ministre de l'Économie et de l’Énergie.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Malgré tout, il tient à féliciter Christine Fréchette. L'élu salue également la pugnacité de Bernard Drainville et souhaite bonne chance à la nouvelle équipe.

Dans une déclaration publiée en fin de journée mercredi sur X, Mme Fréchette dit souhaiter le meilleur des succès pour la suite à M. Bélanger.

Le sentiment de ne pas pouvoir influencer les décisions

L’impossibilité de faire valoir l’importance du numérique dans l’ensemble de l’œuvre gouvernementale a été une grande déception, écrit également Gilles Bélanger dans sa lettre de départ de la CAQ.

J’ai cru que les choses pouvaient changer rapidement, mais je ne sens pas cette ambition, qui est étonnamment perçue comme un risque, poursuit-il sans nommer directement Christine Fréchette ni ses collègues.

Il est très difficile d’insuffler une nouvelle vision et de respecter nos promesses, poursuit Gilles Bélanger.

Élu depuis 2018, il considère avoir réussi avec son équipe à prendre en charge plus de 500 projets de transformation numérique et géré avec succès les cyberattaques au ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

Après huit ans comme politicien, je reste cependant sur ma faim, admet M. Bélanger. Il quitte le gouvernement avec l’impression d’avoir manqué de soutien pour ses dossiers alors qu’il estime avoir toujours livré dans les temps, respecté le budget et agi de façon audacieuse.

La semaine dernière, il a sonné l’alarme, convaincu que le projet pilote du Dossier santé numérique (DSN) n’est pas prêt à être lancé le 9 mai. Ce nouvel outil informatique doit notamment permettre de centraliser des informations sur les patients.

Dans une entrevue à Radio-Canada, il cite un manque de visibilité sur des éléments critiques et affirme craindre que les données québécoises ne soient pas protégées adéquatement.

Dans un autre dossier, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a remis un avis au gouvernement du Québec pour le mettre en garde contre des risques de copinage dans la création d’une coentreprise entre le gouvernement et la firme CGI.

Gilles Bélanger est d’avis que ce premier partenariat public-privé aurait permis d’économiser des milliards de dollars et de redevenir maîtres de notre destinée pour la refonte de nos grands systèmes administratifs. Il doute fortement que la nouvelle première Christine Fréchette voudra concrétiser ce projet.

Des fuites volontaires?

Selon nos informations, ces révélations ont créé de nombreux remous au gouvernement. Des membres influents les attribuent au manque de discrétion de l’ex-ministre et craignent qu’elles n'accentuent le manque de confiance des Québécois envers le gouvernement pour mener des projets informatiques. Gilles Bélanger le réfute et croit plutôt à des fuites volontaires pour nuire au projet.

Je quitte avec le regret de ne pas avoir concrétisé la société Data Québec, un projet de société d’État qui n’a pas vu le jour et qu’il compare à un Hydro-Québec des données. Cependant, il se dit satisfait et honoré d'avoir mené à bien le branchement Internet d'un million de citoyens.

Il conclut en affirmant qu'il doit maintenant trouver le bon véhicule pour poursuivre son travail sur la souveraineté numérique. Rappelons que la circonscription d’Orford est celle où compte se présenter le chef libéral Charles Milliard en vue des élections générales d’octobre prochain.

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