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Le flag football dans le giron de l’U Sports, un changement majeur

4 hours ago 7

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Le football drapeau (flag football) profite déjà d’une bonne structure au Québec, sous la gouverne du RSEQ depuis 2021. Mais le sport a atteint un autre niveau jeudi, étant admis comme projet pilote par l'U Sports, l’entité qui régit les sports universitaires sur la scène nationale.

Au Québec, on est déjà chef de file, donc ça ne créera pas un gros changement. Mais dans le reste du pays, où ce n’est pas développé, absolument, croit Robin Verreault, conseiller au sport d’excellence avec les Carabins de Montréal. Ça aura un impact majeur sur le soutien qui est fourni aux athlètes qui pratiquent ce sport.

Cette nouvelle devrait aussi freiner l’exode de joueuses de l’Ouest canadien, qui se voyaient forcées d'aller vers le sud de la frontière pour continuer à pratiquer leur sport après le secondaire. Nous avons énormément de talent en flag, mais tout s'en va aux États-Unis parce que ce sont eux qui ont les programmes, les fonds et ce soutien. Maintenant que nous avons cette passerelle, c'est un excellent moyen de retenir nos talents au Canada, témoigne la joueuse Samantha Hopkins, de Calgary.

Rachel Lessard, qui entraîne à la fois l’équipe nationale féminine et les joueuses de l’Université de Montréal, croit que cette nouvelle reconnaissance permettra au football drapeau d’être traité sur un pied d’égalité avec les autres grands sports universitaires.

Même si on est déjà reconnu RSEQ, ça apporte une crédibilité supplémentaire. Les universités pourront augmenter leur soutien aux équipes, espère-t-elle. Elle nomme notamment l’enjeu de l’accès aux heures de terrain.

Nous sommes chanceuses à l’Université de Montréal, on est bien soutenues. Mais avoir accès à des terrains intérieurs l’hiver, c’est vraiment difficile. La reconnaissance de l'U Sports va nous donner un argument de plus pour obtenir ce dont on a besoin, lance-t-elle.

Une réalité connue de Samantha Hopkins. Ça fait tellement longtemps qu'on se bat pour être reconnus comme un sport à Western, pour obtenir de l'aide et avoir le soutien de l'université, parce qu'on savait que le flag football allait exploser, avait-elle déclaré en entrevue avec CBC Sports, jeudi.

Cette intégration à l'U Sports permettra aussi aux joueuses de profiter d’un championnat national en bonne et due forme. Le flag football possédait déjà un championnat canadien, auquel était invitées des équipes postsecondaires. Le sport retrouvera une formule plus habituelle, avec des qualifications régionales.

On prévoit voir une compétition sur deux ou trois jours, avec huit équipes qui se sont qualifiées par régions, comme on voit au basketball ou au volleyball, explique Robin Verreault. Ce système aura aussi le mérite de standardiser les règlements.

Dans le dernier championnat canadien, on avait même des cégeps qui ont participé parce que, pour eux, c'est un championnat postsecondaire. Comme au Québec, on a un système d'éducation différent, on avait des universités et des cégeps qui pouvaient participer à ce championnat-là, tandis qu'avec l'U Sports, c'est seulement universitaire. Il y a une uniformité qui va se créer à court terme. On pourrait peut-être même penser que c'est une perte, mais à long terme, c'est sûr que ça va légitimer l'octroi de services, puis l'appui des équipes de flag football ailleurs au Canada.

Cette reconnaissance pourrait avoir le même effet, à plus petite échelle, que l’intégration d’un nouveau sport olympique. Des pays qui s’intéressaient moins à celui-ci vont investir plus de temps et de ressources, sachant qu’il y a des trophées en jeu.

Et c’est là l’aspect le plus enthousiasmant pour Rachel Lessard, qui compte sur la robustesse du réseau universitaire pour construire son équipe nationale. Sur ma formation de 24 joueuses, j’en ai 15 actives au niveau universitaire. C’est mon bassin principal, raconte-t-elle. C’est possible de jouer à l’extérieur de la structure universitaire, mais ce n’est pas le même calibre, le même niveau de soutien.

Une équipe pose avec ses médailles.

L'équipe canadienne de flag football a terminé au troisième rang des Jeux mondiaux, à Chengdu, en Chine.

Photo : Sabrina Gervais

L’espoir est donc de voir des joueuses d’autres provinces se greffer graduellement à sa formation, qui est pour l’instant en grande partie québécoise : 22 des 24 joueuses sélectionnées proviennent du Québec.

Celles-ci vont d’ailleurs s’envoler en août pour l’Allemagne afin de participer aux premiers Championnats du monde de football drapeau. Des billets de qualification pour les Jeux olympiques pour Los Angeles 2028 seront d’ailleurs en jeu.

L’arrivée du flag football au sein de l'U Sports est considérée comme un projet pilote, qui sera réévalué dans cinq ans, selon différents critères, comme la participation et la représentation régionale.

Avec des informations de CBC Sports

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