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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans les sondages comme dans les micros-trottoirs, le coût de la vie revient toujours dans la liste des grandes priorités des citoyens. Si les attaques tarifaires de l’administration Trump risquent d’occuper une grande place dans les débats durant la campagne au Québec, tout comme possiblement la question référendaire, les candidats aux élections du 5 octobre ne doivent pas oublier la préoccupation première des Québécois : le pouvoir d’achat.
Avec la poussée d’inflation de 2022, tout semble coûter franchement plus cher aujourd’hui. Que ce soit pour l’épicerie, le logement ou le transport, les coûts augmentent rapidement, une situation difficilement soutenable pour une grande partie de la population.
Jusqu’à 78 % des Québécois jugeaient que le coût de la vie était un grand ou un très grand risque pour eux, à l’été 2025, dans une enquête menée par le groupe de recherche CIRANO auprès de 1004 répondants (nouvelle fenêtre).
Et ça se comprend quand on regarde les données de près. Dans une étude publiée en début de semaine, l’Institut du Québec (IDQ) montrait que la grande majorité des ménages ont vu leur revenu disponible (soit le revenu après impôt et prestations) baisser ou stagner de 2022 à 2025. Ainsi, dans le premier quintile de contribuables au Québec, où le revenu moyen est de 26 000 $, la baisse du revenu disponible a été de 10 %.
Dans le deuxième quintile, où le revenu moyen est de 54 000 $, la baisse a été de 3 %. Dans les quintiles 3 et 4 (revenus moyens de 75 000 $ et de 101 000 $), la croissance du revenu disponible a été nulle.
Il n’y a que dans le dernier quintile, où le revenu moyen atteint 181 000 $, qu’il y a une progression, avec une hausse de 10 %. Les gens qui ont les moyens d’investir en bourse ont pu profiter d’une hausse de leurs revenus, ce qui n’est pas le cas de la majorité des Québécois.
Alors, non seulement la situation ne s’est pas améliorée pour bien des gens, mais l’IDQ note également que depuis 2023, l’inflation perçue par les consommateurs québécois demeure systématiquement supérieure à l’inflation mesurée. Ainsi, peu importe si la situation s’améliore ou non, les ménages ont tendance à penser qu’elle se détériore.
L’Institut du Québec suggère donc aux partis politiques de cibler les ménages les plus fragilisés en cas d’adoption de nouvelles mesures visant à protéger le pouvoir d’achat. Toutefois, ajoute l’IDQ, l’effet sur leur revenu disponible demeurera limité. Les mesures temporaires peuvent aussi être difficiles à retirer. Une fois que les ménages comptent sur cette aide, sa suppression entraîne une perte de revenu visible et peut devenir politiquement coûteuse.
Le taux d’inflation au Québec s’élevait à 3,3 % en juillet, en hausse de 0,1 point par rapport à juin, un niveau plus élevé que la moyenne canadienne, à 3 %.
Les biens et services ont augmenté de 18 % au Québec de janvier 2022 à juillet 2026, selon les données de Statistique Canada, agrégées par l’Institut du Québec. Le coût de l’alimentation a bondi de 24 % et celui du logement, de 27 %.
Croissance anémique
Alors, à n’en pas douter, le coût de la vie sera une question centrale de ces élections, mais les tensions commerciales avec les États-Unis aussi. Les citoyens s’inquiètent des effets de la guerre commerciale menée par l’administration Trump, qui touche particulièrement le Québec. C’est près de 11 % des exportations du Québec qui sont touchées par les tarifs douaniers américains.
D’autres contre-tarifs seront probablement annoncés par l’administration Trump, a confirmé le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, dans le cadre d’une entrevue à CBC, mardi. Ces contre-mesures pourraient être déployées après l’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens, le 8 septembre, qui sont, eux-mêmes, des représailles aux droits de douane de 50 % imposés le 22 août par les États-Unis, à la rupture des négociations avec le Canada.
Il est donc clair que l’enjeu tarifaire va s’inviter dans la campagne électorale; les partis ne pourront pas faire fi de cette situation dans leurs propositions et dans l’élaboration de leur cadre financier.
Par ailleurs, l’économie québécoise n’est pas en panne, mais sa croissance est anémique. La hausse du PIB s’est limitée à 0,6 % en 2025 et demeure faible cette année. Selon Desjardins, l’augmentation du PIB ne sera que de 0,2 % cette année, et de 0,9 % l'an prochain.
Le taux de chômage, qui était tombé sous les 4 % à l’automne 2022, était, en juillet, à 5,6 %, en hausse de 0,2 point par rapport au mois précédent.
Finances publiques sous pression
Ces élections se tiennent donc dans un contexte bien particulier sur le plan économique. Les partis devront aussi composer avec des finances publiques sous pression.
Dans son analyse du rapport préélectoral du ministère des Finances, la vérificatrice générale du Québec, Christine Roy, disait que la trajectoire pour revenir à l’équilibre budgétaire est fragile. Cela pourrait mener à une réduction de financement de certaines activités ou de programmes, et cela pourrait toucher certains bénéficiaires, disait-elle à Zone info, le 17 août.
Le déficit budgétaire du Québec s’est élevé à 7,8 milliards de dollars en 2025-2026 et il est prévu qu’il sera tout aussi élevé cette année, soit 7,7 milliards $ pour 2026-2027. La croissance des dépenses prévue pour atteindre l’équilibre budgétaire sera sous l’inflation attendue et la croissance des revenus autonomes sera plus faible que par les années passées.
Comment répondre aux attentes des électeurs, sur le coût de la vie et la guerre commerciale, sans se lancer dans des promesses coûteuses?


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