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« Coupe du monde », les mots qu’on ne verra pas dans les commerces de Toronto

3 weeks ago 35

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Haut lieu du soccer à Toronto, le Café Diplomatico, dans la Petite Italie, compte bien accueillir les amateurs en grand nombre pour le visionnement des matchs de la Coupe du monde, qui débutera d’ici un mois. Malheureusement, annoncer l’activité pourrait être un défi avec l’application très stricte que fait la FIFA de ses droits d’auteur.

C’est le casse-tête auquel font face plusieurs propriétaires de bar, restaurants et café de la Ville Reine. Comment annoncer qu’on diffuse un match de la Coupe du monde de la FIFA, sans pour autant avoir le droit d’utiliser les logos et toute image liés à l’événement international?

Le site Internet de la FIFA est clair : Les entreprises permanentes et/ou les entreprises opérant régulièrement dans une zone libre peuvent, en principe, poursuivre leurs principales activités habituelles pendant la durée de la compétition, pour autant que leur activité ne cible pas spécifiquement la compétition afin d’en tirer un avantage promotionnel indu.

Le propriétaire du Café Diplomatico, Rocco Mastrangelo, compte faire comprendre aux Torontois que son établissement diffusera les matchs de la Coupe du monde et il a un plan. Selon lui, avec une marque partenaire de la FIFA, il est possible de contourner les problèmes de marques déposées et de droits d’auteur.

Autre stratagème, il compte obtenir une licence de visionnement public.

La Ville en renfort

Pour guider les commerçants sur ce qu’il est possible ou non de faire, la Ville de Toronto organise des webinaires, en consultation avec les associations de commerçants, les entreprises et les groupes communautaires, explique Sharon Bollenbach, directrice du secrétariat de la Coupe du monde de la FIFA 2026 pour Toronto.

En tant que ville hôte, Toronto a collaboré avec la FIFA afin de faire respecter les exigences en matière de protection de la marque et d’opérations pour la Coupe du monde. L’entente de ville hôte comprend des obligations visant à protéger les droits de propriété commerciale et intellectuelle de la FIFA, indique Mme Bollenbach.

Sharon Bollenbach fait visiter le stade BMO aux médias le mardi 23 septembre 2025.

Sharon Bollenbach est directrice du secrétariat de la Coupe du monde de la FIFA 2026 pour Toronto. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan

Une entente que dénonce le conseiller de la Ville pour le quartier Toronto-St. Paul’s, Josh Matlow. Les bars, restaurants et cafés espèrent diffuser les matchs et ils ne savent pas s’ils ont le droit d’écrire les mots Coupe du monde sur un tableau noir devant leur établissement. Selon lui, les propriétaires d’établissement de ce genre ne savent pas comment promouvoir les événements liés à la Coupe du monde, et pourraient avoir recours à un langage codé.

Si on ne peut pas utiliser les mots « Coupe du monde », il existe néanmoins des astuces, selon Ray Lalonde, expert du marketing du sport et ancien chef de la direction marketing et ventes du Canadien de Montréal. Peut-être qu’ils peuvent dire, je ne sais pas, je dis n’importe quoi : "Espagne-Italie cette fin de semaine." Ça ne fait pas mention de la Coupe du monde, mais ça fait mention que ce match-là va être diffusé à l’intérieur, donne-t-il en exemple, l’Italie ne participant pas à cette édition de la Coupe du monde.

Le logo de la FIFA Toronto affiché sur un écran au BMO Field alors que la Ville de Toronto et Maple Leaf Sports and Entertainment achèvent la première phase des travaux de modernisation visant à transformer l'espace en stade de Toronto pour la Coupe du monde 2026, le mardi 23 septembre 2025.

La FIFA n’est pas la seule organisation sportive à protéger ses droits d’auteur et son image de marque. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan

Il existe des raisons qui expliquent pourquoi la FIFA surveille autant son image de marque. La raison principale est économique. Différentes marques ont des droits d’utilisation du logo et des marques de la Coupe du monde. Puisqu’ils ont payé pour ça, il faut les protéger vis-à-vis des autres, souligne M. Lalonde.

La FIFA n’est d’ailleurs pas la seule organisation sportive à poser ce genre d’interdiction. C’est le cas de la NFL qui est réputée pour protéger le terme Super Bowl. Autre exemple, à l’automne 2025, le Sneaky Dee’s, un restaurant tex-mex de Toronto, s’est fait épingler par l’équipe de baseball locale, les Blue Jays, pour l’utilisation de son logo.

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