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Contrats fédéraux en défense : Québec nomme l’ex-PDG de CAE comme émissaire spécial

3 weeks ago 12

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Le gouvernement du Québec compte bien obtenir sa juste part des centaines de milliards de dollars que va investir Ottawa en contrats de défense. Pour y arriver, le gouvernement Fréchette doit annoncer mercredi la nomination de l’ancien PDG de CAE Marc Parent à titre d’émissaire spécial pour attirer une partie de ces investissements dans la province.

Gestionnaire établi en aéronautique qui a été à la tête du fabricant montréalais de simulateurs de vol pendant 15 ans, Marc Parent est la personne toute désignée pour y arriver, croit le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l'Énergie, Bernard Drainville.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre a insisté sur l'importance pour le Québec d'avoir un émissaire en la matière, tout comme d'avoir la diplomate de carrière Louise Blais pour le représenter dans le cadre de la renégociation de l’ACEUM.

Il connaît à peu près tout ce qui bouge dans le secteur de la défense, pas juste ici au Canada, mais partout sur la planète. Il connaît les PDG des grandes entreprises qui fournissent du matériel militaire, il a un très bon réseau chez les généraux, les chefs d’état-major.

Marc Parent est d’ailleurs déjà à l'œuvre. En prévision de l’importante conférence CANSEC sur la défense à la fin du mois de mai, à Ottawa, le nouvel émissaire a commencé à repérer les entreprises et les contrats que pourrait attirer le Québec.

Le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent, assis durant une conférence de presse.

L'ancien PDG de CAE Marc Parent

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il me donne une longueur d’avance, il me dit : "Voici les personnes que tu pourrais rencontrer, j’essaie de te booker une rencontre, parce que ces entreprises-là vont donner tel ou tel contrat ou vont être impliquées dans tel ou tel contrat", illustre Bernard Drainville.

Qui est Marc Parent?

Chef de la direction de l’entreprise montréalaise CAE de 2009 à 2025, Marc Parent est un ingénieur qui compte plus de 40 ans d’expérience dans le domaine aéronautique. Il a auparavant occupé des postes de direction chez Bombardier et Canadair au Canada et aux États-Unis. Marc Parent est membre du Panthéon de l'Aviation du Canada. Il est membre de l’Ordre national du Québec et de l’Ordre du Canada.

Une bataille parfois féroce entre les provinces

En 2023-2024, le fédéral a dépensé 4 milliards de dollars au Québec en défense, soit environ 19 % de ses dépenses totales. Alors qu’Ottawa a lancé cet hiver une nouvelle stratégie et que les investissements fédéraux pourraient totaliser près de 500 milliards d’ici 2035, Bernard Drainville martèle que la province fera tout pour attirer un maximum de retombées de cet important virage.

Avec Bombardier, Bell-Textron, le chantier naval Davie et toutes les autres entreprises québécoises qui œuvrent déjà dans le domaine militaire, obtenir 22 % des contrats fédéraux, soit le poids démographique du Québec au Canada, est un minimum, estime le ministre Drainville.

Si on est capable d’aller chercher plus que 22 %, pourquoi s’en priver? Si on est capable d’aller chercher 25, 30 %, pourquoi s’en priver? se demande Bernard Drainville.

Bernard Drainville, souriant, lors de son assermentation.

Bernard Drainville est devenu ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie le 21 avril dernier.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Marc Parent jouera également un rôle dans la campagne québécoise auprès du gouvernement fédéral pour que Montréal obtienne le siège social de la Banque de la défense. Après la menace d’un référendum brandie par Toronto pour convaincre le gouvernement Carney de choisir la métropole ontarienne au détriment de Montréal, Bernard Drainville reconnaît que le voisin ontarien joue dur.

Je ne commenterai pas sa stratégie, mais j’aime mieux mettre l’accent sur nos forces. Nous, on n'attaque pas l’Ontario. L’Ontario a ses forces, nous, on a les nôtres. Ça s’adonne que je pense que nous avons plus de forces que n’importe quelle autre province, affirme le ministre.

Bernard Drainville assure aussi être régulièrement en contact avec son homologue fédérale Mélanie Joly pour défendre les intérêts québécois en matière de défense.

Il n’y a plus de place pour l’angélisme

Selon les données les plus récentes du ministère de l’Économie, le Québec compterait déjà 430 entreprises dans le domaine de la défense qui emploient 8500 personnes, mais à peine 1 % de la production québécoise est consacrée à des armes létales. Existe-t-il suffisamment d’acceptabilité sociale pour voir davantage d’armes ou de munitions susceptibles de servir dans un théâtre d'opérations être produites au Québec? Bernard Drainville croit que oui.

Les gens voient que les temps ont changé, on ne vit plus dans le même monde qu’avant, il faut se défendre ou se préparer à se défendre. Il n’y a plus de place pour l’angélisme, on voit ce qui se passe dans le monde, on vit une grande période d’instabilité, on sait qu’on ne peut plus se fier autant qu’avant à notre voisin du sud pour assurer notre défense, explique-t-il.

Personne ne veut la guerre, mais comme le dit cette expression : "Si tu veux la paix, prépare la guerre." Alors, c’est malheureux, mais c’est comme ça, on vit dans un monde qui est plus dangereux qu’auparavant, beaucoup plus incertain, et donc il faut se prendre en main et assurer nous-mêmes notre défense, ajoute M. Drainville.

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