PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn programmeur de Lévis fait face à une poursuite de près de 40 millions $ après avoir, selon les allégations de son ancien employeur, fait chuter la valeur de sa cryptomonnaie par une manipulation clandestine de son système informatique.
Agentonomics, dont le siège social est dans l'État du Wyoming aux États-Unis, reproche à Nicolas Tremblay d'avoir créé une faille dans son système, ce qui lui aurait permis d'empocher 2,5 M$ CAN aux dépens de l'entreprise.
Pire, selon elle, la brèche lui aurait fait perdre 24 M$ US, à la suite de la chute de la valeur de la cryptomonnaie ALU sur le marché, somme que la compagnie réclame aussi à l'informaticien québécois.
Le Lévisien travaillait comme développeur pour Altura, dont Agentonomics a fait l'acquisition en 2025. Cette transaction a permis à l'entreprise de prendre le contrôle de la plateforme et de ses jetons ALU, qui sont au centre du litige juridique.
Il réplique
Joint par Radio-Canada, Nicolas Tremblay conteste les allégations et a mandaté le bureau d'avocats Fasken, à Québec, pour assurer sa défense. Dans une déclaration sous serment déposée au dossier, il se dit victime d'un coup monté d'un ancien associé avec qui il est en litige. D'abord ouvert à donner sa version des faits dans le cadre d'une entrevue, Nicolas Tremblay s'est ravisé après avoir consulté ses représentants légaux.
Dans la poursuite, Agentonomics soutient que le jeune homme a profité de ses accès privilégiés dans la programmation pour insérer une porte dérobée (backdoor) dans le code informatique.
Selon le document judiciaire, la manœuvre lui aurait permis de créer des jetons ALU à son propre profit, faisant chuter le cours de la cryptomonnaie en les écoulant. Il aurait ensuite organisé une opération de blanchiment, selon la poursuite, en se procurant des biens de luxe.
Toutes les allégations contenues à la demande introductive d'instance, déposée au greffe de la Cour supérieure du palais de justice de Québec, restent à prouver devant le tribunal.
Porsche et Rolex
Dans les derniers jours, l'entreprise américaine a obtenu une saisie avant jugement pour que l'informaticien ne puisse se départir de certains actifs. Cette procédure a permis de prendre le contrôle de sa résidence de Lévis et de saisir sa Porsche GT3 RS évaluée à 300 000 $, une moto sport BMW et des montres. Selon la compagnie, il avait fait l'achat de trois montres de luxe d'une valeur de 800 000 $.

Un photo déposée à la cour de la Porsche GT3 RS qui appartiendrait à Nicolas Tremblay.
Photo : Instagram - SHFTD
Connu dans le milieu sous le nom de Hako, Nicolas Tremblay aurait aussi offert à sa mère une montre Rolex et 100 000 $ en argent liquide. La femme est mise en cause dans la poursuite puisque l'entreprise américaine veut récupérer ces cadeaux. Elle demande au tribunal d'invalider les dons afin de pouvoir les saisir.
La requête fait aussi état d'importantes sommes en argent liquide et en cryptomonnaie, dont trois Bitcoins qui, eux, auraient été achetés pour une valeur de 223 000 $ US.
Dans sa déclaration sous serment, Nicolas Tremblay offre toutefois une tout autre explication pour justifier ces achats. Il soutient bénéficier de revenus beaucoup plus importants que ce que prétend la compagnie américaine. Il ajoute que l'achat de sa Porsche a été financé grâce à l'apport financier d'un ex-voisin qui y voit un investissement, et que l'acquisition de ses montres a été rendue possible par d'importants gains en immobilier.

Des photographies déposées en preuve des montres de luxe qui auraient été achetées par Nicolas Tremblay.
Photo : Photos déposées en cour
Agentonomics reproche à Nicolas Tremblay d'avoir abusé de la confiance qui lui était accordée comme développeur. Il aurait ensuite utilisé la faille dans le système au printemps 2025, profitant même d'une conférence sur la cryptomonnaie à Toronto pour effectuer des transferts.
Un ancien associé du Lévisien, Charles-André Bergeron, affirme qu'il était à ce moment avec lui et l'a vu en action. Ce témoin cité dans la poursuite est justement l'ex-partenaire d'affaires que Nicolas Tremblay accuse d'avoir orchestré un coup monté.
Bergeron est d'ailleurs ciblé par une procédure civile distincte, intentée par l'entreprise que Tremblay détient avec d'autres actionnaires.

Charles-André Bergeron.
Photo : LinkedIn
Pseudonyme
Agentonomics allègue également que l'informaticien aurait simulé une discussion avec lui-même sur la plateforme Discord, en utilisant un pseudonyme comme interlocuteur, pour brouiller les pistes et laisser croire à une intervention externe.
Il aurait créé à son bénéfice 147 millions de jetons ALU, ce qui représente 15 % des 990 millions d'unités que l'entreprise s'était limitée à mettre en circulation.
Ainsi, la compagnie américaine dit avoir subi un appauvrissement en raison de la dilution de l'offre de jetons, menant à une diminution de la valeur de ses actifs. Au surplus, elle affirme que la manœuvre a causé des dommages à sa réputation, ce qui lui aurait fait perdre plusieurs utilisateurs, développeurs et de la confiance institutionnelle .
L'entreprise affirme être en mesure de démontrer que les agissements du jeune homme lui ont directement occasionné une importante perte de valeur, justifiant des dommages-intérêts pour un montant total frôlant les 40 millions de dollars, en devises canadiennes et américaines combinées.
Une histoire assez folle
Lors de son bref entretien téléphonique avec Radio-Canada, Nicolas Tremblay s'est défendu d'être l'auteur de la manipulation. Il y a une histoire assez folle là-dedans , a-t-il insisté, ciblant donc son ancien partenaire d'affaires.
Dans une déclaration sous serment déposée au dossier de la Cour, il se dit victime de représailles de la part de Charles-André Bergeron. Un conflit a éclaté au sein de leur entreprise alors que Bergeron aurait détourné plus de 750 000 $ US. L'affaire s'est d'ailleurs retrouvée devant la Cour supérieure plus tôt en 2026. Selon Nicolas Tremblay, son ex-associé, qui aurait quitté le pays, cherche à se venger en transmettant de fausses informations à la compagnie américaine qui le poursuit.
Sur le réseau social LinkedIn, Nicolas Tremblay se présente comme un expert en cybersécurité. Il dit avoir commencé à coder ses premiers logiciels à l'âge de 11 ans et avoir notamment collaboré au démantèlement de réseaux de pirates informatiques internationaux.
Boursier à l'Université Laval
En 2015, lors de son entrée à l'Université Laval, il a été récipiendaire d'une bourse Schulich. Dans un texte publié à l'époque sur le site de l'université, il déclarait : Ma priorité, c'est de faire des choses qui vont contribuer à changer la société. De l'argent, il en faut dans la vie, bien sûr, mais ce n'est pas important pour moi.

En 2015, Nicolas Tremblay a reçu une bourse d'excellence de 80 000 $ lors de son entrée à la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval.
Photo : site web de l'Université Laval
Dylan Dewdney, le président d'Agentonomics, a porté plainte au Centre antifraude du Canada, mais aucune accusation criminelle n'a été portée dans ce dossier jusqu'à maintenant, précise la poursuite civile.
L'entreprise américaine est représentée par un avocat montréalais spécialisé en droit commercial, Me Joseph Neudorfer. Selon sa page professionnelle sur le web, il a été l'un des premiers avocats au Canada à s'adresser aux tribunaux pour des questions liées aux cryptomonnaies, en plus d'avoir publié une analyse juridique sur le Bitcoin et la loi.


1 hour ago
4





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·