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Une médaille olympique dans la mire de Marc-Antoine Dequoy

2 hours ago 3

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Le nouveau chapitre sportif de Marc-Antoine Dequoy lui fait vivre des émotions fortes. Quelques mois seulement après avoir accroché ses épaulettes, qu'il a troquées pour des drapeaux, le polyvalent athlète a goûté à l'ivresse d'une qualification olympique avec l'équipe canadienne.

Ce nouveau fait d'armes s'ajoute à un palmarès reluisant pour l'ancien maraudeur des Alouettes de Montréal, retraité depuis février dernier. Après avoir soulevé à bout de bras la coupe Grey, en 2023, il convoite maintenant une médaille olympique, un accomplissement qu'il croyait impossible dans un passé pas si lointain.

À long terme, l’objectif, c’est les Jeux olympiques de 2028. Je veux y participer, je veux faire partie de l’équipe nationale qui représentera le Canada. Après, c’est de remporter une médaille. Et j’ai vraiment envie de dire la médaille d’or, indique Marc-Antoine Dequoy.

Quel est [l'objectif] à court terme pour m’y rendre? En réalité, c’est d’être le meilleur athlète possible rendu en 2028, donc de me préparer dans ce nouveau sport. J’ai développé des tendances de joueur de football avec contact, des habitudes sur le terrain, et c’est vraiment de l’adapter pour le flag football : les drapeaux, les pénalités qu’on peut prendre et comment jouer dans le système.

La poussière commence tranquillement à retomber à la suite de la petite finale remportée par l'équipe canadienne aux Championnats du monde, synonyme de médaille de bronze et, surtout, de laissez-passer pour la sélection nationale aux Jeux de Los Angeles.

C’est assez fou. C’est vraiment une sensation qui est un peu épeurante en même temps d’être réconfortante de réaliser que tu peux enfin compétitionner sur la plus grande scène au monde, les Olympiques, que notre sport sera diffusé à des millions de personnes à travers la planète, que tu as la chance d’être l’une des six équipes, que tu as participé au tournoi pour qualifier le Canada. C’est juste incroyable.

Après, tu as la réalité des deux prochaines années qui s’en viennent : la pression, le stress, la performance. Je sais c’est quoi le travail qu’on doit faire si on veut vraiment tout donner; les sacrifices familiaux et de vie. C’est un mélange des deux [sentiments], mais c’est quelque chose qui m’excite énormément, enchaîne-t-il.

L'équipe canadienne a reçu son billet olympique, certes, mais les membres de la formation nationale qui arboreront l'unifolié à Los Angeles ne seront pas connus avant 2028. Rien pour secouer Marc-Antoine Dequoy, qui se retrouve en quelque sorte en terrain connu.

Je l’ai vécu pendant cinq saisons avec les Alouettes. Chaque année, il fallait que je défende ma position, que je refasse mes preuves pour faire l’équipe. Ce sera la même chose pour les deux prochaines années, assure-t-il.

Un joueur de football drapeau s'apprête à décocher une passe pendant qu'un rival se dresse devant lui.

Felix Wasshuber et Marc-Antoine Dequoy

Photo : Associated Press / Martin Meissner

La capacité à montrer sa polyvalence sur le terrain à diverses positions sera l’un des plus grands atouts en tant que joueur, insiste le Montréalais de 31 ans, lorsque viendra le moment de nommer l'effectif en vue des Jeux olympiques. La formation sera réduite de 12 à 10 athlètes en comparaison avec les mondiaux.

Dans l'optique de peaufiner son nouvel art, Marc-Antoine Dequoy a entre autres obtenu des répétitions dans chacune des trois positions de la sphère défensive, d'abord comme poursuiveur, puis à titre de demi défensif et de sûreté. Il estime avoir une progression constante depuis ses débuts avec la sélection nationale au printemps.

Je vois une amélioration, et c’est ça qui est important. Le plus de répétitions, le mieux ça va aller, le plus je vais apprendre, et c’est ce que je recherche en jouant dans des ligues au Québec, en faisant des tournois. La transition va bien.

La compétition sera féroce pour confirmer sa place dans l'équipe olympique du Canada. D'autant plus que la Ligue canadienne de football (LCF) a ouvert la porte à ses joueurs pour participer aux Jeux de Los Angeles, au même titre que la Ligue nationale de football.

Une éventualité qui plaît à Marc-Antoine Dequoy, voyant d'un bon œil ce possible influx de talents dans l'effectif et rêvant même de retrouvailles avec un ancien coéquipier, qui s'adonne à être le receveur de l'heure dans le circuit Johnston.

Avoir Tyson Philpot dans l'équipe, pour moi, il n'y a pas matière à réflexion. C'est l'un des meilleurs receveurs canadiens de l'histoire de la LCF. Il est hallucinant dans ce qu'il peut faire, et il a seulement 26 ans. Je ne serais pas capable d'envisager une équipe sans lui.

Un joueur de football drapeau, en possession du ballon, tente d'éviter un adversaire.

Luis Alberto Villegas Gonzalez et Marc-Antoine Dequoy

Photo : Associated Press / Martin Meissner

Affirmer que Marc-Antoine Dequoy tire énormément de fierté d'être parmi les pionniers de son sport, qui vivra son baptême olympique en 2028, relève de l'euphémisme. Le principal intéressé souhaite inspirer une nouvelle génération d'adeptes du ballon ovale.

On est les premiers à avoir qualifié le Canada aux Jeux olympiques. Pour moi, le football est un sport qui est canadien. C’est un sport qui est pratiqué ici, autant le flag que le football contact, et je trouve que c’est l’une de nos forces. On a de jeunes joueurs talentueux au Canada, au Québec, souligne-t-il.

Justement, la forte représentation québécoise est intrinsèquement liée aux succès obtenus aux Championnats du monde. Pas moins de 20 des 24 athlètes provenaient de la Belle Province tant dans la sélection masculine que féminine, alors que cette dernière a été couronnée à Düsseldorf, en Allemagne.

Le fait de pouvoir communiquer dans la langue de Molière en cours de match s'est d'ailleurs révélé être un outil fort utile pour la formation unifoliée, notamment lors de la rencontre pour l'obtention de la médaille de bronze.

Notre entraîneur défensif nous a dit qu’on pouvait utiliser ça comme un atout [...] Contre le Mexique, on se parlait en français devant eux, puis on faisait nos ajustements, et ça a fonctionné. Il y a un peu un avantage à ça, avance Marc-Antoine Dequoy.

La cerise sur le gâteau de cette qualification olympique pour l'ardent défenseur de la langue française.

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