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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ un certain moment durant le match, vers la fin, et encore plus après, les statistiques se sont mises à défiler sur les réseaux sociaux. On époussetait les vieux dossiers, les grimoires, pour déterminer quelle sorcellerie venait de permettre au Canadien de sortir vainqueur de l’affrontement ultime contre le Lightning de Tampa Bay.
Quelles statistiques dites-vous? Celles-ci triées sur le volet par la LNH et Sportsnet :
Le CH a établi un nouveau record avec le plus bas total de tirs obtenus pour remporter un match éliminatoire, soit neuf.
Pour la première fois de son histoire vieille de 117 ans, Montréal a passé une période complète, la deuxième, sans lancer une seule fois sur le gardien.
Il s’est écoulé 26 min 55 s de temps de jeu entre deux tirs cadrés, gracieuseté de Nick Suzuki dans les deux cas.
Le Canadien est la première équipe à gagner un septième match en ayant accordé au moins 20 tirs ou plus à l’adversaire depuis…le Canadien de 2010 et son gardien de l’époque, Jaroslav Halak, contre les Capitals de Washington.
Parce que, voilà, il a gagné, le Canadien. Une victoire de 2-1 arrachée de haute lutte grâce à Jakub Dobes, spectaculaire, qui a repoussé 28 rondelles, dont plusieurs tirs de grande qualité. Le CH passe au deuxième tour pour la première fois en cinq ans – il y retrouvera les Sabres de Buffalo – un exploit fulgurant pour une équipe qui a opté pour la reconstruction il y a peu. On y reviendra.
Il convient d’insister un instant sur la prestation du jeune gardien tchèque de bientôt 25 ans. Car, si le Canadien, inerte, comme paralysé par l’enjeu par moments, a résisté aux assauts du Lightning, c’est bien grâce à lui.
Martin St-Louis a tenté de maquiller le crime après la rencontre.
[Dimanche] soir, [le Lightning] méritait mieux. Comme nous on méritait mieux au match 6. Dobes a volé le match, comme Vasilevskiy l’a fait il y a deux jours. Tu as besoin d’un peu de tout, a laissé tomber l’entraîneur.
Si l’analyse est juste pour le dernier match, disons qu’elle est discutable pour ce qui est de la rencontre précédente. Vasilevskiy a été excellent lors du sixième match, mais Dobes aussi et Tampa Bay, d’un simple point de vue statistique, aurait très bien pu remporter cette rencontre avant la prolongation, tout comme le Canadien.

Le Canadien de Montréal l'a remporté 2-1 dans ce match no 7 face au Lightning de Tampa Bay.
Photo : Associated Press / Chris O'Meara
Il ne reste pas grand-chose du gardien parfois désorienté à la technique instable que l’on a aperçu souvent l’an dernier et aussi en début de campagne. Dobes a été l’un des meilleurs portiers de la ligue dans le dernier tiers de la saison et il a poursuivi sur cette lancée jusqu’à présent.
Il a progressé énormément. Il est super confiant. Il travaille fort tous les jours, il arrive aux matchs bien préparés avec la bonne mentalité. C’est un joueur qui aime les gros matchs et il le démontre depuis qu’il est avec nous, l’a encensé Nick Suzuki.
Dobes a excellé tout particulièrement en deuxième période quand le Canadien ne parvenait même plus à orchestrer la moindre attaque, complètement étouffé par l’agressivité de l’adversaire.
C’était frustrant, on se posait beaucoup de questions, a admis Phillip Danault. On trouvait qu’on avait eu le dessus toute la série ou presque. On avait eu des chances de grande qualité, on aurait dû capitaliser plusieurs fois. Je trouvais ça vraiment décevant qu’on ne se présente pas comme ça. Finalement l’énergie du désespoir est apparue.
St-Louis aussi, dans le vestiaire, pendant la pause. Il a livré, paraît-il, un discours inspiré et inspirant. Un tournant dans le match selon Danault. Ça et…les dieux du hockey, a-t-il précisé.
Les gars m’ont sorti du pétrin durant l’année, j’essaie de faire la même chose pour eux. Parfois, je ne joue pas bien, et parfois ce sont eux, mais on est là les uns pour les autres. C’est notre mentalité. J’essayais juste de les garder dans le match en attendant qu’ils comptent.
Ce qu’Alex Newhook a fait peu de temps après que le Canadien eut retrouvé un peu d’élan à mi-chemin du dernier engagement.
Montréal venait tout juste d’obtenir l’une de ses rares présences prolongées en zone offensive. Danault, Cole Caufield et Josh Anderson ont bourdonné pendant de longues secondes dans le territoire ennemi, décochant huit tirs au passage, bien qu’aucun n’ait atteint la cible. Mais la menace était réelle, elle se sentait.
Cette épiphanie aura relancé le CH. Newhook a marqué à la reprise du jeu et le groupe a tenu bon.
Une série méritée
Un paradoxe? Explications.
En dépit de ce septième match à sens unique, il n’y a pas de grande injustice à ce que Montréal quitte Tampa Bay en vainqueur. Quatre duels en prolongation, sept matchs conclus avec un seul but d’écart, des chiffres comparables dans la majorité des phases de jeu : on vient d’assister à une des séries les plus serrées des dernières années.
L’avantage numérique a offert un gain au CH, les joueurs de soutien un autre, du jeu défensif poli et un petit cadeau de Vasilevskiy en troisième et Dobes comme clou du spectacle. À travers tout cela, comme valeurs constantes, l’excellence de Lane Hutson, l’adaptation de St-Louis et le leadership de Suzuki.
Plus conservateur en début de série, St-Louis s’est constamment ajusté à ce que lui proposait son rival à partir du troisième match. En composant de nouveaux trios et en jonglant constamment avec son effectif durant les matchs, évidemment, mais aussi en peaufinant ses stratégies sur les unités spéciales et autres départements.

Martin St-Louis (à droite) a joué sous Jon Cooper (à gauche) avec le Lightning de Tampa Bay lorsqu’il était joueur.
Photo : AP / Chris O'Meara
Danault a d’ailleurs dit qu’il n’avait jamais vu de sa carrière un entraîneur aussi habile tactiquement.
Il y a aussi quelque chose d’impressionnant à ce que le Canadien soit parvenu à vaincre une équipe expérimentée comme le Lightning sans que ses attaquants les plus talentueux ne produisent à cinq contre cinq (un seul but pour Suzuki, Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov réunis). D’impressionnant, de rassurant et d’inquiétant tout à la fois.
Remarquez, ces joueurs ne seront pas les seuls à se poser des questions. Nikita Kucherov a marqué un but à ses 22 derniers matchs éliminatoires. Il n’a obtenu aucun point en sept matchs numéro 7 dans toute sa carrière. De quoi se gratter le scalp.
Le Canadien a des ressources. Il l’a démontré.
À peine plus de quatre ans après avoir entamé la première véritable reconstruction de l’histoire de l’équipe, le CH est en pleine ascension. Cette qualification inattendue l’année dernière n’avait donc rien d’un feu de paille.
C’est définitivement plus rapide que ce que bien des gens attendaient, mais quand tu rassembles de bons joueurs avec un bon système et du bon leadership, les choses peuvent changer rapidement.
La boucle est bouclée pour les gars qui faisaient partie de l’équipe qui s’est rendue en finale [en 2021] et a connu ce beau parcours. Il n’y a pas de reconstruction si tout ça n’arrive pas. Moi et les autres en sommes reconnaissants, maintenant, notre tour est venu de leur remettre ça, a laissé tomber Hutson.
Dès mercredi.


1 month ago
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