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Un bon budget pour les ambitions économiques autochtones, mais pas les besoins sociaux

2 months ago 28

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Résolument axé sur l’implication autochtone dans l’économie québécoise, le dernier budget du gouvernement provincial ravit certaines Premières Nations qui ont de vives ambitions de développement économique. Toutefois, le peu de mesures pour s’attaquer aux crises et aux inégalités sociales déçoit, voire inquiète, des organismes qui offrent des services aux plus vulnérables.

Le grand chef de la Nation wendat, Pierre Picard, était optimiste à sa sortie de l’Assemblée nationale, mercredi, à la suite du discours du ministre des Finances, Eric Girard.

Il voit d'un bon œil la création par Québec d’un fonds de 500 millions de dollars pour offrir des garanties de prêts aux communautés autochtones désireuses de participer financièrement aux grands projets économiques.

C’est intéressant pour une nation comme la nôtre, qui est très active sur le plan économique. Il faut rappeler que la population wendat, c’est à peu près 0,6 % de la population autochtone au Québec, mais 10 % de toutes les entreprises autochtones sont détenues par des Wendats, souligne M. Picard.

Un homme posant devant l'Assemblée nationale.

Pierre Picard, grand chef de la Nation wendat

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

Une annonce comme celle-là vient rejoindre la fibre entrepreneuriale des Wendats et, dans ce contexte-là, ce 500 millions-là peut apparaître comme une annonce somme toute intéressante.

Les modalités précises entourant le fonctionnement du fonds et l’octroi de prêts restent toutefois à déterminer. Elles seront établies ultérieurement au terme de consultations menées par Québec.

Le fonds est là, mais comment il va se gérer, ça n’a pas été déterminé. Mais [le ministre des Finances] veut le faire avec les Premières Nations et les Inuit, et je trouve ça extrêmement intéressant, note quant à lui le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul.

La province compte également investir dans l'embauche d'agents de liaison pour encourager la main-d'œuvre autochtone et les consultations auprès des communautés dans le cadre de grands projets.

L’aspect de consultations, de consentement libre, préalable et éclairé, de [participer] ou non, [d’]accepter ou non un projet, ça va rester une priorité des gouvernements des Premières Nations, précise M. Verreault-Paul.

Deux hommes posant devant les marches d'escalier à l'Assemblée nationale.

Sipi Flamand, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan (à gauche), et Francis Verreault-Paul, chef régional de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (à droite).

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

Le prix de la sobriété économique?

Autrement, les bonnes nouvelles et les mesures directement destinées aux peuples autochtones sont plutôt rares dans le budget Girard, surtout au plan social.

On nous avait dit que ce serait un budget sobre, qu’il ne fallait pas avoir beaucoup d’attentes. Eh bien, je me sens un peu comme ça.

[Les 500 millions de dollars en garantie de prêt] va convenir à des communautés qui sont prêtes dans ce cheminement-là, mais encore une fois – je le dis souvent –, on ne peut pas avoir de développement économique si on n’a pas une population qui a développé son plein potentiel et qui est en santé, explique la directrice générale du Regroupement des centres d’amitié autochtone du Québec, Tanya Sirois.

Donc, ça passe par le développement social.

Une femme posant devant l'Assemblée nationale à Québec.

Tanya Sirois, directrice générale du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec

Photo : Radio-Canada / Shushan Bacon

Le budget 2026-2027 comprend des investissements de 25 millions de dollars sur 5 ans pour poursuivre l’implantation des 142 recommandations de la commission Viens.

Je trouve malheureux qu’encore une fois, au niveau de la commission Viens, on ne prenne pas au sérieux les recommandations en investissant à la hauteur de l’importance de ce dossier-là, dénonce toutefois Mme Sirois.

Le financement de la Commission se terminait : il n’y avait pas d’autres fonds de disponibles. Maintenant, on annonce 25 millions sur cinq ans, c’est vraiment le minimum pour la suite de ces travaux-là, renchérit le chef Verreault-Paul.

Car Québec s’est déjà montré nettement plus généreux sur ce front dans le passé. En 2020, il avait lancé le programme J’ai espoir, assorti d’une enveloppe de 200 millions de dollars sur 5 ans, soit huit fois plus que les investissements prévus dans le budget 2026-2027.

Et malgré ces sommes, le Protecteur du citoyen avait quand même soulevé des lacunes préoccupantes en novembre dernier, six ans après le dépôt du rapport de la commission Viens.

Un financement adéquat et durable demeure un élément indispensable à l'amélioration continue de services publics adaptés et culturellement sécuritaires.

Ledit rapport faisait aussi état d’un manque de leadership […] au sein du gouvernement du Québec pour mettre en application les recommandations du juge Jacques Viens.

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