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Trump annonce des frappes contre l’Iran, sans vouloir une reprise de la guerre

1 week ago 4

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Les États-Unis vont frapper « fort » l'Iran cette nuit, a prévenu mercredi le président Donald Trump, qui a estimé que le cessez-le-feu était terminé après de violents échanges de frappes, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations avec Téhéran.

Le cessez-le-feu ne tient plus, a estimé le président américain, après des échanges de frappes qui fragilisent les efforts en vue d'une trêve durable, les deux médiateurs – qatari et pakistanais – appelant, à l'instar de l'ONU, à la désescalade.

Comme fin juin, le stratégique détroit d'Ormuz est au cœur des affrontements, l'Iran excluant, en dépit de l'opposition des États-Unis, tout retour à la situation d'avant-guerre, quand ce passage était gratuit, et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes.

Image satellite de navires dans l'eau.

Des navires identifiés par le Commandement central américain comme appartenant au Corps des Gardiens de la révolution islamique avant d’être touchés lors d’une nouvelle vague de frappes militaires américaines contre l’Iran mardi.

Photo : Reuters / U.S. Central Command

Le scénario s'est répété à l'identique : des tirs imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux dans le détroit, puis les États-Unis qui ripostent par des « frappes puissantes » contre plus de 80 cibles dans la nuit en Iran, selon l'armée américaine.

Huit militaires iraniens ont été tués, à Bandar Abbas (sud) et Bouchehr (sud-ouest), a annoncé mercredi la télévision d'État, citant un communiqué militaire. Les médias ont signalé des explosions près du détroit et à Bouchehr, au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays.

En représailles, Téhéran a dit avoir frappé 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.

Donald Trump parle, choqué, en levant un index vers les airs.

« En ce qui me concerne, c'est terminé [...] c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs », a lancé mercredi Donald Trump à l'ouverture d'un sommet de l'OTAN à Ankara, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran.

Photo : Reuters / FILIP SINGER

Ils ont frappé quelques navires et donc on les a frappés beaucoup plus fort, mais nous n'avons pas l'intention de continuer sur le long terme, a déclaré Donald Trump, à l'issue d'un sommet de l'OTAN à Ankara.

Je pense que ce qui se passe va prendre fin très rapidement, a ajouté le président américain, qui avait auparavant annoncé que l'armée allait frapper fort l'Iran cette nuit.

S'il a dit ne plus vouloir avoir affaire avec les dirigeants iraniens, considérant que négocier était juste une perte de temps, il a indiqué que ses émissaires pouvaient continuer leurs discussions.

Les propos du président, coutumier des volte-face, ont fait bondir mercredi les cours du pétrole de plus de 8 %, à 80,10 $ US le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.

Très inquiet

Le Qatar et le Pakistan ont appelé à respecter le protocole d'accord, signé le 17 juin grâce à leur médiation, et à œuvrer à la désescalade.

Très inquiet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lui aussi appelé à la reprise des négociations.

La rhétorique de M. Trump ne signifie pas nécessairement que le protocole d'accord s'est effondré, analyse Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), qui ne voit pas à ce stade un risque élevé de retour à une guerre totale.

Les deux parties essaient de négocier par l'usage de la force les questions en suspens et les Iraniens n'entendent pas, selon l'analyste, renoncer au contrôle d'Ormuz, qu'ils considèrent comme leur plus grande réussite dans cette guerre.

Washington a rétabli mardi ses sanctions sur le brut iranien, levées par le protocole d'accord qui avait permis la réouverture du détroit, par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial.

Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.

Mais la rhétorique reste martiale : l'Iran a mis en garde les États-Unis contre une violation du protocole d'accord, prévenant qu'il prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité.

Tout soutien apporté à l'armée américaine pour des attaques contre l'Iran sera une cible légitime, a prévenu Téhéran, qui accuse régulièrement ses voisins du Golfe d'autoriser des frappes depuis leurs territoires.

Détresse

Des navires ancrés en mer.

Des dizaines de navires sont bloqués dans le golfe Persique en raison du conflit qui s'éternise.

Photo : Getty Images / Amirhossein Khorgooei (ISNA)

Les attaques dans la région d'Ormuz ne font qu'exacerber la peur [...] et la détresse des quelque 6000 marins toujours bloqués dans le Golfe, a déploré l'Organisation maritime internationale (OMI).

Le Koweït a condamné des attaques répétées et illicites de l'Iran. Sans désigner Téhéran, avec qui il mène des discussions sur la gestion d'Ormuz, Oman, situé de l'autre côté du détroit, a aussi condamné les frappes.

Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, a lui jugé la riposte américaine absolument nécessaire, signe de fermeté.

Ce regain de violence intervient pendant les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et dont la dépouille a fait une halte en Irak, avant son inhumation prévue jeudi dans sa ville natale de Machhad, en Iran.

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