Language Selection

Get healthy now with MedBeds!
Click here to book your session

Protect your whole family with Orgo-Life® Quantum MedBed Energy Technology® devices.

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Salvador : des milliers de touristes sous le soleil, des milliers d’innocents à l’ombre

2 hours ago 1

PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY

Orgo-Life the new way to the future

  Advertising by Adpathway

Deux jeunes adultes peignent la façade d'un petit restaurant au bord de la plage. Leur enthousiasme éclabousse le mur. Une dernière touche de blanc crème avant le retour des touristes. Le sourire de ces peintres amateurs semble anticiper une bonne saison.

En apparence, la municipalité d'El Zonte ne vaut pas la peine qu'on s’y attarde. La bourgade est toute petite, l'activité est concentrée le long de quelques rues étroites se terminant près des rocailleuses plages du Pacifique.

L’endroit est réputé comme un paradis du surf. C’est aussi un lieu surnommé Bitcoin beach, parce que ses commerçants ont été les premiers du pays à accepter des paiements en cryptomonnaie.

En quelques années, le tourisme a explosé. Le développement aussi.

Maintenant, il y a beaucoup de touristes, souligne Johnny, sans arrêter de rouler la peinture sur le mur du snack-bar. Avant, ils ne venaient pas parce qu’il y avait trop de truands. Il parle des maras, ces groupes criminels qui ont longtemps terrorisé les Salvadoriens.

On est très reconnaissants, ajoute Rosemary. C’est un travail très difficile qu’a fait notre président, Nayib Bukele. Ça nous permet de vous accueillir dans ces lieux si spectaculaires.

Ce travail, c’est la lutte contre les gangs criminels qui ont fait la loi dans le plus petit pays d’Amérique centrale durant des années. Sous le président Bukele, les policiers ont arrêté des dizaines de milliers de pandilleros et les a enfermés dans des pénitenciers aux conditions bien difficiles.

Les truands empêchaient notre pays de se développer, déplore Johnny. C’est mieux maintenant, lance celui qui, comme beaucoup, place ses espoirs dans le boom touristique.

Malgré l’humide chaleur de fin d’avant-midi, El Zonte fourmille d’activité. Il y a ce restaurant qui va agrandir sa terrasse. Cet immeuble en démolition qui fera place à des appartements de luxe.

Plus de 4 millions de visiteurs sont venus au Salvador l’an dernier. Une forte croissance qui repose sur un tourisme particulier : près de la moitié des touristes sont des Salvadoriens de la diaspora, qui profitent de la sécurité retrouvée pour visiter leur pays d’origine

Un homme à casquette regarde vers la droite.

Le Salvadorien David Molina, à son école de surf d'El Zonte, sur la côte Pacifique.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Ce climat de renouveau et d’espoir a convaincu David Molina et sa petite famille de troquer la Bretagne française pour les plages du Pacifique. On s’est dit qu’on allait voir comment ça se passait, explique-t-il, dans l’entrée de son école de surf d’El Zonte.

Sa conjointe et leurs trois enfants se sont adaptés au rythme de la vie au Salvador. Lui a retrouvé un village natal transformé. Il y a cinq ans, on ne voyait pas tout ça, lance David, en désignant les hôtels et restaurants installés un peu partout au travers de la forêt tropicale.

Avec la sécurité, il y a beaucoup de millionnaires qui viennent acheter, dit-il. Ils font plein de choses. C'est bien. Ça a créé beaucoup de travail pour tout le monde. Y compris dans son école de surf, où travaillent quelques instructeurs et autres employés locaux.

Le problème, c’est que le prix des choses a augmenté, mais les salaires n’ont pas suivi. Tout coûte plus cher. L’eau embouteillée, la nourriture, les taxis. Même les fameuses pupusas se vendent à trois ou quatre fois le prix d'autrefois. C'est difficile. Surtout pour ceux qui ne vivent pas du tourisme.

L’inflation se mesure partout au Salvador. Même dans ce petit dépanneur où Doña Zulma prépare des sandwichs au poulet frit pour les travailleurs en pause du midi.

L’huile est chaude, les minces morceaux de viande sont mis à frire. Bientôt, les chauffeurs d’autobus s’arrêteront au rond-point devant le commerce, le temps de manger et de souffler.

Une femme assise sur un tabouret dans un commerce sombre.

Doña Zulma dans son petit dépanneur de San Salvador, où elle est à même de constater les changements d'habitudes alimentaires de ses concitoyens rattrapés par la hausse du coût de la vie.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Mais les clients n’entrent pas. Doña Zulma s’y attendait. Ces temps-ci, elle vend surtout des boissons gazeuses et des chips. Ce n’est pas un repas, mais plusieurs semblent s’en contenter.

Comme ailleurs sur la planète, le prix des aliments a fortement augmenté depuis quelques années. Ce midi, les travailleurs semblent tous avoir emporté un repas de la maison.

Doña Zulma n’a pas augmenté le prix de ses sandwichs. La mère de trois enfants préfère y mettre un peu moins de viande que de perdre les quelques ventes qui lui restent.

En réaction, l’administration Bukele a instauré quelques subventions aux familles. Malgré cela, deux tiers de la population vit dans la précarité. Beaucoup de gens dépendent du travail au noir.

Oui, la sécurité s'est considérablement améliorée, convient la dame, en regardant son plus jeune siroter une boisson gazeuse. Mais pour les pauvres, ce n’est pas aussi rose. On n'a aucune perspective d'emploi, de travail ou de création d'entreprise.

Elle pense aux vendeurs de fruits et de boissons, désormais interdits dans la section touristique du centre-ville de San Salvador. Pour vendre, il faut louer un kiosque dans un marché couvert.

Un reportage de Yanik Dumont Baron à ce sujet sera présenté à l'émission Tout terrain diffusée sur ICI Première dimanche à 10 h (HE et HA).

Un régime d'exception « permanent »

Après avoir ramené l’ordre, les autorités tentent de nettoyer et d'embellir les rues de la capitale. Les petits kiosques de bois ont été démantelés. Le secteur le plus intéressant pour les touristes est devenu une vitrine d’ordre et de sécurité. Il est constamment surveillé par des policiers souriants.

Les forces de l'ordre sont omniprésentes à San Salvador. Près de la sortie des visiteurs à l’aéroport, au pied de la grande bibliothèque. Près des grands centres commerciaux.

Une présence rassurante pour les étrangers. Un rappel du prix que les citoyens ont payé pour se débarrasser de la violence et de l’extorsion imposée par les gangs de rue.

Nayib Bukele sourit en s'adressant à une foule.

Le régime d'exception du président Nayib Bukele permet une répression massive des gangs qui a fait chuter le nombre d'homicides, au Salvador, au prix de nombreuses atteintes aux droits de la personne.

Photo : Reuters / Jose Cabezas

Sous Nayib Bukele, plus de 90 000 personnes ont été arrêtées, soit environ 2 % de la population adulte du pays, parfois avec des motifs bien vagues. C’est énorme. Et c’est possible parce que le Salvador vit avec un régime d’exception qui donne beaucoup de pouvoirs aux autorités.

Le régime d’exception est en place depuis quatre ans et demi. Il a été renouvelé plus d’une cinquantaine de fois par l’Assemblée législative, dominée par le parti du président Bukele.

Ce n’est plus un régime d’exception. C’est un régime permanent. Une loi qui permet au gouvernement de dire que tout est une exception.

Ce régime d’exception suspend plusieurs droits. Il n’y a plus de transparence, il n’y a plus de comptes à rendre, tempête Samuel Ramirez, dont l'organisme MOVIR milite pour les droits des détenus.

Cette situation permet notamment la détention indéfinie de citoyens. En fait, la majorité des gens arrêtés n’ont toujours pas subi de procès. Près de 70 000 personnes n'ont pas été poursuivies, lance le directeur de MOVIR. On ne sait pas si elles sont coupables ou innocentes.

L'organisme estime que des milliers d’innocents ont été pris dans les filets sécuritaires de l’État. Jusqu'à environ 30 000 personnes, soit le tiers des détenus. Des gens comme le fils de Sandra Velasco.

La femme tient deux affiches réclamant la liberté pour son garçon.

Sandra Velasco montrant le portrait de son fils ainé, détenu depuis cinq ans dans les prisons du Salvador.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Jeferson a été arrêté il y a cinq ans dans une opération antigang. Sa mère jure de son innocence. Elle détient la déclaration d’un juge, qui absout le jeune adulte des accusations qui pesaient contre lui. Sa libération a été ordonnée. Mais l’ordre du tribunal n’a jamais été suivi.

En fait, les autorités ont de nouveau arrêté Jeferson durant sa détention. De nouvelles accusations contre lesquelles il ne s’est pas encore défendu. Il est enfermé dans le Centre de confinement du terrorisme (CECOT), situé à Tecoluca, censé héberger des terroristes et de dangereux criminels. La prison que M. Bukele montre au monde entier.

Sa mère, Sandra Velasco semble à bout de souffle et de ressources. Incapable de comprendre comment obtenir la libération de son aîné dans une société où l’État ne rend dorénavant de comptes que quand il veut, à qui il veut.

La mère s’inquiète aussi pour ses deux autres garçons.

Elle s’imagine bien préparer un gâteau au chocolat pour le retour de Jeferson à la maison. Mais cette éventuelle libération ne lui apportera pas toute la paix intérieure qu’elle désire.

Je ne veux plus vivre au Salvador, lâche-t-elle, désespérée. Je pense que, dès qu’il sera libéré, nous sortirons du pays. Ici, j’ai l’impression d’étouffer, comme si je me noyais.

Read Entire Article

         

        

Start the new Vibrations with a Medbed Franchise today!  

Protect your whole family with Quantum Orgo-Life® devices

  Advertising by Adpathway