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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans le cadre de sa stratégie destinée à convaincre le Canada d'acheter des avions de chasse Gripen-E, Saab a proposé d'établir un centre de données sécurisé et souverain à Montréal pour héberger des données et des renseignements critiques et ultrasecrets relatifs aux missions, a appris CBC News.
Cette entreprise présente cela comme un avantage unique dans la bataille destinée à convaincre le gouvernement Carney de limiter l'achat de F-35 de construction américaine, dont toutes les données de vol et de mission sont stockées dans un centre Lockheed Martin à Fort Worth, au Texas.
Le centre de données Saab, s'il est construit, hébergera tous les travaux relatifs au système de mission des chasseurs, a confirmé Sierra Fullerton, porte-parole de Saab, dans une déclaration à CBC News.
Le personnel du centre serait composé de Canadiens possédant une habilitation de sécurité Canada–États-Unis, vraisemblablement pour traiter des données relatives à la défense de l'Amérique du Nord par l'intermédiaire du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD).
Les données du Gripen-E seront également hébergées ici, en toute sécurité à l’intérieur des frontières canadiennes, a déclaré Mme Fullerton.
Avec le système de mission du chasseur, les communications et les données techniques hébergés au Canada, le Gripen surpasse toutes les exigences industrielles, de sécurité et de marchandises contrôlées.

Des techniciens arment un chasseur suédois JAS39 Gripen lors d'un entraînement de l'OTAN.
Photo : (Murray Brewster/CBC)
Grâce au Gripen, l’Aviation royale canadienne disposera d’un contrôle total et indépendant sur les aéronefs, les logiciels et les données sensibles.
Cela fait plus d'un an que Mark Carney a ordonné un examen de l'achat par le Canada de chasseurs F-35, qui fait l'objet d'un contrat depuis janvier 2023.
Aucun résultat ni décision officiels n'ont été annoncés, bien que le gouvernement fédéral ait autorisé l'achat de pièces pour l'assemblage d'avions furtifs supplémentaires, et ce, en plus des 16 chasseurs déjà commandés.
Le projet initial prévoyait l'acquisition de 88 avions F-35.
Pour contrer le F-35, Saab propose à Ottawa 72 avions de chasse Gripen E/F et six avions de détection et de contrôle aéroportés (AEWAC) GlobalEye.

Un avion de surveillance GlobalEye du constructeur suédois Saab. (Photo d'archives)
Photo : Saab
L'entreprise propose d'assembler les avions au Canada, ce qui correspond directement au souhait exprimé par le premier ministre Mark Carney de stimuler l'économie canadienne au moyen des dépenses en défense.
La question de la souveraineté des données est par ailleurs un sujet sensible. Le fait de savoir que Lockheed Martin stocke aux États-Unis les données de vol et de mission de tous les chasseurs F-35 qu'il vend à l'étranger suscite des appréhensions chez de nombreux partenaires, dont Ottawa.
Alors que les relations avec l'administration Trump restent tendues et que le président américain continue de critiquer l'OTAN, Mark Carney a fait de l'établissement d'une souveraineté des données à grande échelle une priorité.
Un centre de données souverain pour les avions de combat du pays garantit que les données sensibles essentielles à la mission, opérationnelles et relatives au renseignement restent à l'intérieur des frontières nationales, a déclaré Jussi Halmetoja, pilote d'essai et conseiller opérationnel chez Saab, dans une récente entrevue.
Ce que cela vous apporte vraiment, c'est la souveraineté, c'est-à-dire votre capacité à vous approprier les données que vous collectez, a-t-il déclaré.
Jussi Halmetoja a ajouté qu'un centre sécurisé au Canada empêcherait tout accès non autorisé aux données par des gouvernements étrangers et les protégerait contre les lois extraterritoriales, comme le CLOUD Act américain, qui pourraient autrement permettre à des autorités étrangères d'exiger la communication de données stockées sur leurs serveurs.

Un chasseur Lockheed Martin F-35 Lightning II de l'US Air Force.
Photo : AP / Senior Airman Joseph Barron
Vous pouvez utiliser les données que vous collectez et les analyser dans votre pays sans aucune ingérence, a déclaré M. Halmetoja.
La question de la protection et de la gestion des données entre les partenaires internationaux du programme F-35 est une préoccupation depuis près d'une décennie.
En 2018, le bureau de projet conjoint du Pentagone qui supervise le programme d'avions de chasse a attribué un contrat américain de 26 millions de dollars à Lockheed Martin pour isoler les données de chaque pays et pour construire des pare-feu afin d'empêcher le transfert d'informations potentiellement sensibles recueillies par un avion, qu'elles soient d'ordre mécanique ou liées à une mission.
Le site d'information en ligne spécialisé dans l'industrie de la défense The War Zone (TWZ) avait alors largement couvert le système d'information logistique autonome (Autonomic Logistics Information System) du Joint Strike Fighter (qui a depuis été mis à jour et rebaptisé Réseau intégré de données opérationnelles, ou ODIN) ainsi que la manière dont il recueille une quantité considérable de données pour la maintenance des appareils à l'aide d'un système susceptible d'être vulnérable aux cyberattaques.
Le F-35 collecte également une foule de secrets provenant d'autres nations, notamment des données de trajectoire de vol, des profils de mission, des données de communication, des images vidéo, des signatures électroniques, l'emplacement des radars amis et ennemis ainsi que des détails potentiels sur les tactiques, les techniques et les procédures d'un pays allié.
Parmi les solutions évoquées publiquement, Defence News rapportait en 2019 que les opérateurs de F-35 peuvent empêcher certains systèmes d'envoyer des données aux États-Unis. L'Italie et la Norvège auraient mis en place des pare-feu provisoires sur la base aérienne d'Eglin afin de gérer le partage de données.
L’efficacité de tous ces changements reste incertaine, car le Pentagone a modifié en 2022 la manière dont il rend compte des problèmes techniques et de disponibilité opérationnelle du F-35.
Le constructeur du F-35 affirme avoir remédié aux problèmes liés aux données.
Interrogé au sujet du projet de centre de données de Saab, un haut responsable de Lockheed Martin a déclaré que l'entreprise avait répondu à toutes les préoccupations.
Dans le cadre de nos contrats gouvernementaux, nous fournissons l'ensemble de l'infrastructure système et des données nécessaires à tous les clients du F-35 pour exploiter et maintenir leurs appareils de manière indépendante et conformément à leurs exigences souveraines et à leurs besoins opérationnels, a déclaré Chauncey McIntosh, vice-président et directeur général du programme F-35 de la société, dans un récent communiqué écrit.
Daniel Araya, un des plus grands experts en matière de souveraineté des données et membre du Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale (CIGI), a déclaré que les forces armées canadiennes et américaines travaillent main dans la main depuis des décennies et continueront très certainement à le faire.
Mais pour le moment, nous nous tournons vers les dirigeants américains lorsque nous nous demandons : pouvons-nous leur faire confiance?
Il a déclaré que la géographie place le Canada, dans une certaine mesure, à jamais sous la protection sécuritaire des États-Unis.
Cependant, si nous voulons maintenir notre souveraineté face à l'évolution des États-Unis dans des directions qui nous mettent très mal à l'aise – une situation qui pourrait perdurer au-delà de l'administration Trump –, alors nous devons envisager de préserver notre propre autonomie au chapitre de l'énergie, des infrastructures, des logiciels et des données, a-t-il déclaré.
Il y a aussi, a-t-il ajouté, un aspect technologique important, voire sous-estimé. Toutes les données collectées servent à entraîner des modèles d'IA. Si ces données restent la propriété d'une seule entreprise dans un seul pays, cela pose un problème de concurrence avec des implications en matière de souveraineté.
Si nous dépendons des États-Unis, de leurs données, de leurs logiciels, de leur système de sécurité global, alors dans un sens, nous devenons plus largement dépendants des États-Unis, non seulement pour la sécurité mais aussi pour tout ce que les données facilitent et alimentent, a-t-il déclaré.
D'après un texte de Murray Brewster, de CBC


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