PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAu volant de sa voiture entre Carleton-sur-Mer et Maria, dans la Baie-des-Chaleurs, Catherine Blouin nous fait visiter une partie de sa circonscription qui s’étend, d'un bout à l'autre, sur 250 km. La députée de Bonaventure passe au moins une vingtaine d’heures par semaine sur « le chemin ».
Je fais une quinzaine d’heures de voiture par semaine juste pour me rendre au parlement, lance l'élue de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Toutefois, à moins d'un revirement, l’élue gaspésienne pourrait voir sa circonscription disparaître avant les élections générales du 5 octobre prochain. Dans la nouvelle carte électorale, le comté de Bonaventure est fusionné avec celui de Gaspé.
C’est vraiment immense! Ça devient impossible à réaliser et à donner un service qui est adéquat aux citoyens.

La députée Catherine Blouin raconte qu’il faudra rouler 444 km pour parcourir d’un bout à l’autre la nouvelle circonscription fusionnée en Gaspésie.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Les changements apportés à la carte électorale par la Commission de la représentation électorale du Québec visent à refléter les mouvements de population. L’objectif est d'en arriver à 125 circonscriptions comptant environ 51 000 électeurs chacune.
La population a explosé à certains endroits, comme dans les Laurentides ou au Centre-du-Québec, mais stagne en Gaspésie, où l'on dénombre environ 30 000 électeurs dans chacune des deux circonscriptions de la région.
Mon travail au quotidien, c’est d’expliquer la réalité de la Gaspésie [à l’Assemblée nationale]. Et le faire toute seule pour l’ensemble de la région, pour moi, c’est impensable, lance Catherine Blouin.
L'élue explique qu’après les prochaines élections, la seule personne à représenter la Gaspésie parlera au nom de dizaines de communautés le long de la route 132, sur une distance de 444 km.
Si on vient enlever une voix à la Gaspésie, quelle sera la prochaine région? On ne doit pas permettre ça parce qu’après, toutes les autres régions vont être en danger, soutient Mme Blouin.
En attente de la Cour suprême
La nouvelle carte électorale fait l’objet de contestations judiciaires depuis des mois. L’affaire est maintenant devant la Cour suprême du Canada, qui entendra la cause le 22 avril.
L’ensemble des partis politiques à l’Assemblée nationale demandent au plus haut tribunal du pays d’invalider le redécoupage électoral, mais les élus des Laurentides et du Centre-du-Québec contestent cette demande et tiennent pour leur part à leurs nouvelles circonscriptions.

La question du poids des régions à l’Assemblée nationale va se retrouver entre les mains de la Cour suprême du Canada, qui entendra la cause le 22 avril.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Le maire de Gaspé et préfet de la MRC de Côte-de-Gaspé, Daniel Côté, s'est impliqué dans ces démarches judiciaires.
C’est la voix de notre région qui est en train de s’effacer, lance-t-il. Nous, ce qu’on demande, c’est de garder nos deux voix en Gaspésie, tout simplement.
Un moment donné, il faut que ça arrête, ces folies-là.
Le maire Côté déplore que sa région perde ce qu’il appelle un poids politique précieux à l’Assemblée nationale.
Une fois qu’on aura perdu notre député, ils ne nous le redonneront pas. C’est écrit dans le ciel! Et c’est ça qui me fait peur, lance-t-il.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, déplore que le prochain député gaspésien ait à représenter 35 municipalités différentes. Il pense que l’accès sera difficile.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Si la Cour suprême ne donne pas raison à l’Assemblée nationale, Québec pourrait décider de donner un statut particulier à certaines circonscriptions plus petites, comme c’est le cas avec les Îles-de-la-Madeleine.
Le Parlement pourrait aussi décider d’ajouter des sièges de plus. Des rénovations en cours au Salon bleu prévoient d’ailleurs un aménagement pour faire éventuellement passer le nombre de députés de 125 à 129.
51 municipalités dans 2 régions pour 1 député
Plus haut sur le Saint-Laurent, à Matane, le député Pascal Bérubé s’inquiète aussi du redécoupage électoral.
C’est que la nouvelle carte touche directement sa circonscription. S’il est réélu en octobre, il héritera du territoire de la Haute-Gaspésie. Il devra donc représenter 51 municipalités appartenant à 2 régions administratives différentes.
Les gens veulent te voir, ils veulent te voir face-à-face! C’est comme ça que ça fonctionne ici!

Le député Pascal Bérubé est lui aussi touché par le redécoupage électoral dans l’est du Québec. Sa circonscription absorbe une partie de la Haute-Gaspésie.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Moi, il y a des samedis soirs où il y a quatre ou cinq activités en même temps où je suis sollicité, explique l'élu du Parti québécois. Il y aura des choix à faire. Les gens ne vont pas tout le temps comprendre. Ils vont peut-être se dire : il n’a pas voulu venir. Il va falloir que j’explique les distances.
M. Bérubé se demande également si les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Abitibi-Témiscamingue ou encore de la Côte-Nord garderont encore longtemps leurs députés, puisqu'elles voient aussi leur population stagner ou augmenter moins rapidement qu’à d’autres endroits au Québec.

3:29
Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc


2 months ago
29

























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·