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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes murs du bureau de Nasson Theosmy racontent une belle histoire. Au CS St-Hubert depuis près de 20 ans, le directeur sportif du club semi-professionnel de soccer de la grande région de Montréal a vu passer de nombreux jeunes joueurs talentueux.
Parmi eux, plusieurs sont devenus des internationaux canadiens. Son bureau est orné des maillots de ces anciens adolescents qu’il voit aujourd’hui s’épanouir au plus haut niveau du soccer professionnel.
Ici, j’ai le maillot de Maxime Crépeau, qui sera le no 1 du Canada à la Coupe du monde. Là, il y a celui de David Choinière, qui est aujourd’hui avec le FC Supra. De l’autre côté, tu as celui de Marie-Yasmine Alidou, qui est avec l’équipe nationale féminine…, pointe-t-il, un par un, avec fierté lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada pour discuter du parcours de ses anciens protégés.
Et quand les jeunes du club rentrent dans mon bureau aujourd’hui, ils voient ça, et ils ont les gros yeux!

Le bureau de Nasson Theosmy, directeur sportif du CS St-Hubert, est tapissé des maillots d’anciens joueurs du club devenus professionnels ou internationaux.
Photo : Courtoisie de Nasson Theosmy/CS St-Hubert
On peut les comprendre. Maxime Crépeau et Mathieu Choinière ont eux aussi fait leurs classes au sein de ce club, avant de poursuivre leur parcours vers le soccer professionnel. Dans quelques jours, ils représenteront le Canada à la Coupe du monde de la FIFA, l’événement sportif le plus suivi aux quatre coins du globe.
Le défenseur Moïse Bombito est également passé par là. Dimanche, il a toutefois été retranché à la dernière minute de la sélection canadienne en vue du Mondial en raison d'une blessure.
Au total, ils seront cinq Québécois d’origine qui feront partie de la formation nationale pour cette Coupe du monde, ce qui constitue un record.
Quatre d'entre eux, soit Ismaël Koné, Nathan Saliba, Maxime Crépeau et Mathieu Choinière, ont effectué une partie importante de leur parcours dans l'écosystème de soccer de la grande région de Montréal, notamment parmi les clubs de la Ligue1 Québec, le plus haut niveau de ballon rond non professionnel au Québec.
Ils sont ensuite passés par le CF Montréal avant de poursuivre leur carrière dans certains des circuits les plus relevés au monde.
Pour comprendre comment ces jeunes rêveurs sont passés des terrains municipaux de Montréal à la plus grande scène du soccer mondial, Radio-Canada est allée à la rencontre des entraîneurs, des dirigeants et des intervenants qui ont contribué à leur développement bien avant qu’ils ne deviennent des internationaux canadiens.
C’était des garçons à part
Au départ, ils avaient du talent, c'est sûr. Mais ce n'était pas forcément les plus talentueux. Ils avaient la mentalité, l'attitude, qui faisait en sorte que leur progression ne stagnait pas. Ils ont toujours continué de progresser dans leur carrière, explique Nasson Theosmy, questionné à savoir s’il voyait déjà ce potentiel chez ces jeunes joueurs.
C’était des garçons à part, résume-t-il.
Même constat du côté de Christophe Vollard, entraîneur au CS Longueuil depuis près de 17 ans et témoin privilégié du développement de Nathan Saliba avant son arrivée à l’Académie du CF Montréal, à l’âge de 13 ans.
C’est difficile de dire à 12 ou 13 ans qu’un jeune va devenir un grand joueur. Il y en a beaucoup des jeunes avec beaucoup de qualités et d’habiletés [...] Nathan Saliba, à 12, 13 ans, c’était un game changer. Il pouvait rentrer dans une partie et faire la différence, raconte-t-il, n’ayant que des bonnes choses à dire au sujet de l’attitude de son ancien poulain, qu’il a côtoyé pendant deux années.
Mais c’était surtout un garçon très déterminé. Très exigeant envers lui-même, et très exigeant envers ses coéquipiers, se remémore-t-il. Et il ne pensait qu’à une chose : c’était gagner. Il n’y avait rien d’autre d’acceptable pour lui. C’était un vrai compétiteur.

Nathan Saliba, 22 ans, s'apprête à participer à sa première Coupe du monde avec la sélection canadienne.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon
Son état d’esprit était vraiment, vraiment différent.
Pour Nasson Theosmy, la différence entre les jeunes qui rêvent du soccer professionnel et ceux qui y parviennent se joue souvent dans les détails, et ce, dès l’adolescence. Selon lui, une attention particulière à la nutrition, à la récupération et à la discipline à l’entraînement dès le plus jeune âge, entre autres, permet de développer les habitudes qui façonnent les futurs professionnels.
Il y a des jeunes qui, après l'entraînement, vont aller jouer à la PlayStation. Ils vont mal dormir. Ils vont manger de la malbouffe. Il y en a d’autres qui vont aller au parc. Ils vont tirer 500 ballons du pied gauche alors qu’ils sont droitiers. Ils vont courir. Ils vont faire ce qu’on appelle les extras.
Les joueurs qu’on nomme, c’était ça. Ils avaient ce petit plus. Ils le voulaient plus, ajoute le directeur sportif du CS St-Hubert.
Ismaël Koné, un talent d'exception
Le parcours d’Ismaël Koné fait toutefois figure d’exception. Sans minimiser son éthique de travail, plusieurs se souviennent surtout d’un talent qui sautait aux yeux dès l'adolescence.
Rocco Placentino, aujourd’hui président et fondateur du FC Supra, l’avait recruté au CS Saint-Laurent, en 2019, avant que le prodige ne connaisse une ascension fulgurante, passant par le CF Montréal avant de poursuivre sa carrière outre-Atlantique, en Angleterre, en France, puis en Italie.

Rocco Placentino s’est rendu au Qatar, en 2022, pour assister à la première participation d’Ismaël Koné à une Coupe du monde.
Photo : Courtoisie de Rocco Placentino
Il demeure très proche du joueur aujourd’hui et parle de lui avec une certaine lueur dans les yeux. C’est le joueur le plus talentueux que j’ai connu. C’est un autre niveau, assure l'ancien joueur de l’Impact et international canadien.
Ismaël, c’est un talent extraordinaire. Je savais qu’il y avait quelque chose. Je me disais : “c’est impossible, ce gars-là a tout ce qu'il faut, c’est sûr qu’il va atteindre le plus haut niveau”.
Koné, 23 ans, foulait les pelouses semi-professionnelles montréalaises il y a à peine six ans. Il est désormais un titulaire indiscutable de la sélection canadienne.
Un héritage pour la génération suivante
Pour les entraîneurs qui ont accompagné ces joueurs au fil de leur développement, leur présence à la Coupe du monde dépasse largement le cadre de leur réussite personnelle.
Elle représente une source d'inspiration tangible pour la prochaine génération de jeunes joueurs québécois, qui peuvent s’inspirer de leurs parcours.

De jeunes partisans ont pu voir la sélection canadienne à l’œuvre au Stade Saputo vendredi lors d’un match amical contre l'équipe irlandaise.
Photo : Associated Press / Gary McCullough
J’entame ma 17e saison au club. Je suis le plus vieux au club. J’en ai vu passer des jeunes. Nathan Saliba, c’est celui qui a eu le plus de succès. Et ce n'est pas juste une fierté pour moi, c’est une fierté pour le club, note Christophe Vollard, ajoutant que le milieu de terrain a fait un arrêt au CS Longueuil, en 2025, notamment pour discuter avec les jeunes joueurs du club.
C’est un enfant de Longueuil, dit-il avec fierté.
Pour Rocco Placentino, l'impact de ces joueurs se fera sentir bien au-delà du terrain. Parce qu'au fond, leurs parcours permettent aux jeunes qui les regardent aujourd'hui de se projeter dans leurs crampons.
Ce sont des gars qui auront un impact énorme sur les jeunes au Québec.
Ils ont joué dans des clubs amateurs. Ils ont joué dans les mêmes parcs où jouent les jeunes d’aujourd’hui. Le message qui en ressort, c’est que c’est possible.


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