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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’heure est aux bilans, à deux jours de la partielle dans la circonscription fédérale de Chicoutimi–Le Fjord. Le premier ministre Mark Carney s’est empressé de déclencher cette élection, le 26 juillet dernier, après avoir nommé au Sénat le député conservateur Richard Martel.
Tous les éléments étaient réunis pour que cette complémentaire passe sous le radar des électeurs : les vacances estivales, suivies de la rentrée scolaire et, en fin de course, le déclenchement de la campagne électorale provinciale au Québec.
Pourtant, l’élection pourrait représenter un nouveau gain pour les libéraux de Mark Carney, une autre défaite pour les conservateurs de Pierre Poilievre ou l’occasion pour les bloquistes d'Yves-François Blanchet de ravir la dernière circonscription qui leur échappe au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Des électeurs en vacances, mais au cœur de la guerre tarifaire
Dans le parc industriel Henri-Girard, dans l’arrondissement de Chicoutimi, le restaurant Le Bersimis retrouve un à un ses habitués après les vacances. La campagne électorale n’a visiblement pas fait partie des activités. Pas pantoute, je ne sais même pas qui se présente! Je suis honnête, hein?, lance Marjolaine Ouellet, qui sirote son café, assise au bout du comptoir.
Même son de cloche de la part de Joey Gagnon, un autre client attablé avec un collègue de travail pour déjeuner. Ce serait vous compter un mensonge, vous dire que j’ai suivi ça. Je n’ai pas suivi ça, pas du tout, pas du tout! admet-il.

Les électeurs ont peu suivi la campagne électorale, mais ils ont été rattrapés dans la dernière semaine par le nouvel épisode de la guerre tarifaire avec les États-Unis.
Photo : Radio-Canada
Ces travailleurs sont aux premières loges de la guerre commerciale avec les États-Unis.
La région du Saguenay–Lac-Saint-Jean est en effet la plus touchée par les tarifs au Québec, selon une étude de Desjardins. C’est donc le dernier épisode tarifaire qui a finalement éveillé l’intérêt des électeurs pour la campagne.
Il y a moins de commandes, et ça paraît. Pour nos gros clients, ça diminue aussi, ça paraît pour tout le monde, explique Joey Gagnon.
Le retour de vacances s’effectue avec de l’inquiétude supplémentaire, selon un autre client. Avec tout ce qui se passe, le monde a plus la tête aux États qu’ici! On va voir qu’est-ce que ça va donner à l’autre bout, on va le voir en fin de course, soutient Jacques Lévesque, un électricien à la retraite.
Les tarifs, ça va avoir un impact sur notre décision de lundi.
« Parce que les gens sont fiers ici »
Le candidat libéral Daniel Gobeil ne cache pas que la situation donne une nouvelle impulsion à sa campagne. C'est les travailleurs, puis les entreprises [dont] on veut porter la voix, dit-il à un travailleur lors d’une visite sur le plancher d’une usine de transformation d’acier et d’aluminium.
Ancien président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, M. Gobeil tente de faire une percée dans cette circonscription qui a souvent oscillé entre le bleu conservateur et le bleu bloquiste.

Le candidat libéral Daniel Gobeil visite l’entreprise de transformation d’acier et d’aluminium CoupeSag.
Photo : Radio-Canada
Le rejet de l’entente avec les États-Unis par Mark Carney lui permet de rallier les indécis, selon lui. La guerre [commerciale] a pris de la place parce que les gens sont fiers ici, explique le candidat qui aspire à devenir le 45e député du Parti libéral du Canada au Québec.
Il y avait beaucoup d'indécis en début de campagne, mais clairement, là, on voit l'engouement qui vient, et ils sont rassurés par le premier ministre.
Ce nouveau rebondissement dans la guerre commerciale arrive au moment où les candidats font un dernier blitz de porte-à-porte, en espérant que les électeurs soient enfin de retour de vacances et enclins à les écouter.
« Notre vote n'est pas à vendre »
Le candidat conservateur Régis Gaudreault parcourt un quartier résidentiel de Saint-Honoré, en compagnie du député Gérard Deltell. On a eu un bel accueil, mais les gens nous le disent beaucoup, beaucoup, que ça n'a pas de sens d’avoir fait ça en plein été, raconte M. Gaudreault.
Il croit que Mark Carney va payer le prix de sa décision de déclencher une élection au beau milieu de l'été. M. Carney a pris un pari en pensant être capable de l’emporter, mais nous, notre slogan, c’est que notre vote n'est pas à vendre, ajoute l’avocat civiliste.
Il fait beau, les gens sont absents, et vous savez quoi? Le jour du vote, c’est la rentrée scolaire.

Le député Gérard Deltell est venu prêter main-forte au candidat conservateur Régis Gaudreault.
Photo : Radio-Canada
Régis Gaudreault tente de garder la circonscription dans le giron conservateur, une tâche qui s'annonce difficile. Il est lui-même conscient que les électeurs se tournaient vers Richard Martel en raison de sa notoriété d’ancien entraîneur de l'équipe de hockey locale, les Saguenéens de Chicoutimi.
Élu lors d'une partielle en 2018, Richard Martel avait alors obtenu 52 % des voix. L’écart s’est considérablement réduit lors du scrutin de 2025; il avait alors récolté 34 % du vote, les bloquistes et les libéraux se retrouvant au coude-à-coude, à 31 %.
Selon Régis Gaudreault, les électeurs n’en veulent pas à Richard Martel d’avoir imposé la tenue d’une élection partielle en quittant le navire pour devenir sénateur. Ils sont déçus qu'il soit parti parce qu’ils avaient confiance en lui. Puis, en même temps, ils me disent que n'importe qui aurait peut-être fait la même chose.
« Il y a des attentes »
La candidate bloquiste a un tout autre point de vue des électeurs à propos de la nomination de Richard Martel au Sénat. Les gens en parlent avec colère. Ça n'a vraiment pas été bien accueilli, bien reçu, dit Caroline Dubé.

La candidate bloquiste Caroline Dubé fait la tournée des commerces du centre-ville de l’arrondissement de Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada
Au chapitre des négociations avec Washington, la candidate bloquiste invite son adversaire libéral à la prudence. Bien que la guerre commerciale ait franchi une nouvelle étape, depuis une semaine, les attentes des entreprises et des travailleurs n’ont pas changé, rappelle-t-elle.
Il faut se rappeler aussi que ça fait 18 mois qu'on est en crise tarifaire. Il y a des attentes de [soutenir] notre industrie forestière et de protéger notre culture. Ces attentes ne sont pas disparues, il y a encore des besoins, dit-elle.
On est la région la plus touchée par les tarifs, mais la moins bien soutenue par les libéraux.
En visite dans les commerces du centre-ville de Saguenay, elle insiste aussi sur l’importance de l’achat local pour traverser la crise. Là, nos vrais enjeux, c'est de promouvoir l'achat local, de s'assurer que nos petites entreprises, nos petites PME survivent à cette crise, illustre Mme Dubé.
Campagne discrète et pancartes recyclées

Le candidat du NPD a mis à jour ses affiches dans les derniers moments de la campagne.
Photo : Radio-Canada
Quant au Nouveau Parti démocratique (NPD), il présente bel et bien un candidat, mais sa campagne a été bien discrète. Il s'agit de Raphaël Émond, qui avait défendu les couleurs néo-démocrates lors des élections générales d'avril 2025.
M. Émond a d’ailleurs commencé la campagne en recyclant ses vieilles affiches, tout en cachant le nom de l’ancien chef Jagmeet Singh. Ce n’est qu’en fin de course que de nouvelles pancartes à son nom ont fait leur apparition, cette fois avec le nom du nouveau chef du NPD, Avi Lewis.


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