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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayOttawa a annoncé lundi 1,5 milliard de dollars de fonds fédéraux pour aider les entreprises face aux droits de douane américains, en réponse à des changements tarifaires récents qui touchent durement certains secteurs.
Un milliard de dollars seront versés à un nouveau programme de la Banque de développement du Canada (BDC), a annoncé la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, en conférence de presse. Cette aide est destinée aux entreprises fabriquant et exportant des produits contenant de l'acier, de l'aluminium ou du cuivre.
Les manufacturiers dont le revenu a été amputé de 20 % ou plus par les tarifs américains pourront bénéficier de prêts allant de 2 à 50 millions de dollars, sans remboursement avant trois ans. Les intérêts seront nuls la première année.
Ottawa injectera aussi 500 millions de dollars supplémentaires à l’Initiative régionale de réponse tarifaire du gouvernement fédéral, un programme pour soutenir les entreprises canadiennes touchées par les tarifs américains, quel que soit leur secteur.
Ces fonds permettront aux PME de faire face aux répercussions des tarifs et d’accéder au financement nécessaire pour réaliser des virages stratégiques, améliorer leur productivité et diversifier leurs marchés, a expliqué le ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario, Evan Solomon, également présent à la conférence de presse
Le secteur du bois d'œuvre et de la foresterie pourra également bénéficier de la mesure, a spécifié Mme Joly.
De nouvelles règles depuis avril
On a senti l’impact des nouveaux tarifs, que ce soit en Beauce, au Saguenay ou à Bécancour. [...] On ne peut pas contrôler la Maison-Blanche et ce qui se passe au sud de la frontière, mais on peut contrôler ce qu’on fait ici, a déclaré Mme Joly.
Depuis le 6 avril, le gouvernement américain applique une surtaxe de 25 % sur la valeur totale de produits composés d’au moins 15 % d’acier, d'aluminium ou de cuivre. C’est l’équivalent d’un droit de douane global.
Auparavant, le système de taxation américain ajoutait une surtaxe de 50 % sur la partie métallique du produit importé. Dorénavant, les tarifs s’appliquent à la pleine valeur en douane des articles en aluminium, en acier et en cuivre et de leurs dérivés, indépendamment de leur teneur en métal, selon le décret présidentiel daté du 2 avril.
Les métaux primaires demeurent surtaxés à hauteur de 50 % dans le nouveau système de taxation.
Si l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) protégeait la majorité des exportations canadiennes, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En conférence de presse, Mme Joly n'a pas pu indiquer le nombre d'entreprises touchées.
Le gouvernement fournit des liquidités rapidement aux entreprises à court terme avec l'annonce, tout en poursuivant une stratégie à moyen terme pour aider les exportateurs à s’adapter et à conquérir de nouveaux marchés, a affirmé Mme Joly.
Notre rôle est de s’assurer que les entreprises maintiennent leur emploi et qu’elles puissent pivoter, mais ce n’est pas une tâche simple, a-t-elle indiqué.
Ces mesures s’inspirent de celles appliquées lors des tarifs au premier mandat de Trump, a expliqué Mme Joly. On met en place les mêmes mesures qui vont plus loin parce que les tarifs vont plus loin, a-t-elle mentionné.
De l'oxygène pour les PME, selon le secteur de l'aluminium
La présidente-directrice générale de Manufacturiers & Exportateurs du Québec, Julie White, estime que la mesure répond aux besoins des entreprises, qui mentionnaient manquer de liquidités pour maintenir des projets à flot.
Le diable va être dans les détails et dans la rapidité à décaisser ces sommes. Il faut que ça aille vite aux entreprises, dit-elle.
Au micro d’Alec Castonguay pour l’émission Midi Info, le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, croit aussi que la mesure arrive à point nommé pour les PME qui avaient besoin d’oxygène.
Depuis plus d’un an, l’industrie est touchée par des tarifs. En juin dernier, les droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium sont passés de 25 % à 50 %. Une situation décriée par le secteur alors que l’aluminium passe plusieurs fois la frontière, d’abord pour être transformé, puis pour être vendu.
C’est très difficile pour ces entreprises d’éviter le choc. [...] Elles sont prises en étaux avec des importations de l’Asie qui rentrent au pays avec des prix qui défient toute concurrence.
La pression sur l’industrie pourrait atteindre un sommet dans les douze prochains mois, croit-il. Dans les derniers mois, pour conserver leurs parts du marché, les concessionnaires automobiles américains ont encaissé les hausses des prix de production.
On peut faire ça pendant un trimestre, peut-être deux à la limite, mais à moment donné, il faut la refiler au consommateur, a estimé M. Simard, qui rappelle les importantes pertes financières essuyées par les concessionnaires.
Selon lui, une rupture d’approvisionnement en aluminium au début de l’été est probable.
La fermeture du détroit d’Ormuz en raison de la guerre en Iran a retranché 20 % des approvisionnements américains primaires en aluminium. Selon les prévisions, l'aluminium pourrait monter à 4000 dollars la tonne alors qu'il est actuellement à 3500 dollars, dit M. Simard. On s’en va vers un choc de prix, d’approvisionnement et de demande parce que les gens ne voudront pas payer le prix des produits… On a une période facilement de douze mois qui va être très très très tendue.
Changement de ton
L'annonce survient deux semaines après le durcissement de ton de Mark Carney. Fin avril, le premier ministre a accusé Washington d’avoir violé l’entente de libre-échange.
Des droits de douane de 50 % sur l’acier, de 50 % sur l’aluminium, de 25 % sur les automobiles, et tous les droits de douane sur les produits forestiers : ce ne sont pas de simples désagréments, ce sont des violations de notre accord commercial, a-t-il soutenu.
Le protectionnisme acharné de l’administration Trump marque une rupture, croit M. Carney.
Le Canada et les États-Unis doivent entamer la révision de l’ACEUM d’ici le 1er juillet, soit six ans après son entrée en vigueur. Les États-Unis exigent un prix d’entrée au gouvernement Carney pour reprendre le dialogue dans le cadre de la révision.


1 month ago
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