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Michael Bublé à Québec comme à la maison

7 hours ago 8

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Même s’il vient de l’autre bout du pays, Michael Bublé a approché son spectacle présenté au Festival d’été dimanche comme un retour à la maison.

Exprimant haut et fort son patriotisme canadien, le chanteur originaire de Burnaby, en Colombie-Britannique, a offert à ses compatriotes de Québec un généreux programme d’une vingtaine de chansons, une « orgie » musicale selon ses propres dires, placée sous le signe de l’amour.

Ça veut dire tellement pour moi d’être ici, devant mes quatre enfants, ma femme. Ils me voient chanter partout dans le monde, mais ce soir, je peux leur dire : ici, c’est ça, le Canada!, a lancé en fin de parcours, visiblement émotif, le crooner de 50 ans aux allures de jeune premier.

La foule de festivaliers sur les plaines d'Abraham

Les festivaliers étaient nombreux à attendre que Michael Bublé monte sur scène.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Même si ces élans auraient pu en vexer certains, surtout dans un lieu aussi chargé sur le plan historique que les plaines d’Abraham, les spectateurs les ont accueillis avec des applaudissements polis, visiblement plus intéressés par sa musique.

Et ils n’ont pas été déçus. Appuyé par un orchestre comptant une section de cordes féminine et une section de cuivres masculine, dont trois extraordinaires trompettistes, Michael Bublé a offert un vaste survol de sa carrière par l’entremise de ses meilleures reprises et compositions.

Arrivé sur scène avec une dizaine de minutes de retard, le chanteur est apparu dans un complet à son habitude foncé, baigné d’éclairages blancs, puis s’est attaqué à Feeling good, la reprise de Nina Simone qui lui colle à la peau, même s’il est apparu incommodé par la balance de son de ses moniteurs intra-auriculaires.

Le chanteur Michael Bublé en répétition sur les plaines d'Abraham avant son spectacle au Festival d'été de Québec.

Le chanteur Michael Bublé en répétition sur les plaines d'Abraham avant son spectacle au Festival d'été de Québec.

Photo : Instagram / @Michael Bublé

Puis sans attendre, le chanteur s’est lancé dans le programme de la soirée, enfilant une originale Haven’t Met You Yet, puis un autre reprise, L.O.V.E. de Nat King Cole, entonnée celle-là en chœur par le public. D’autres classiques suivront, notamment Sway de Dean Martin, et d’autres, comme les succès Everything et Home.

Pour cette dernière – c’était un secret de polichinelle –, la chanteuse Roxanne Bruneau est venue le rejoindre sur scène pour l’interprétation de leur version bilingue de la pièce, qui avait été entendue pour la première fois lors du gala des prix Juno en 2025.

Roxane Bruneau et Michael Bublé.

Roxane Bruneau a collaboré avec Michael Bublé sur la chanson «Home».

Photo : Youtube/RoxaneBruneauoff

Tout le long de la soirée, plusieurs autres reprises ont touché la cible, notamment To Love Somebody des Bee Gees, You Don’t Know Me d’Eddie Arnold (puis plus tard de Ray Charles), un efficace pot-pourri de chansons d’Elvis Presley, ainsi que You’re the First, the Last, My Everything de Barry White.

Ce très agréable tour de chant s’est finalement conclu avec le succès It’s a Beautiful Day, sous une pluie de papier de soie. Au rappel, c’est sa version de You Were Always on My Mind, rendue célèbre par les interprétations d’Elvis Presley et Willie Nelson, qui a servi de point d’orgue à cette soirée réussie.

Pour le chanteur, cela a également marqué la fin de son passage à Québec, où il était arrivé quelques jours avant sa prestation. Grâce à ses publications sur les réseaux sociaux, on l’y a vu, en compagnie de sa femme Luisana Lopilato et de ses quatre enfants, prendre un bain de culture québécoise.

Ailleurs que sur ses réseaux sociaux, ne cherchez toutefois pas d’images de son spectacle à Québec dans les médias. Le chanteur a refusé catégoriquement que les médias locaux le prennent en photo ou enregistrent sa performance.

Après son spectacle, deux photos ont toutefois été approuvées par son équipe et distribuées aux médias. Radio-Canada a pris la décision de ne pas diffuser les photos approuvées par l'équipe du chanteur.

Magnifique Melody Gardot, mais…

C’était un mandat bien ingrat qu’avait l’Américaine Melody Gardot que de paver la voie à Michael Bublé, alors que l’écoute du public était loin d’être à la hauteur de la performance de haut niveau offerte par la jazzwoman et son groupe d’excellents musiciens.

La chanteuse et pianiste originaire de Philadelphie, qui avait été révélée par l’album My One and Only Thrill de 2009, a brisé la glace avec Berimbau, cette reprise du compositeur brésilien Baden Powell qui a donné lieu à une longue introduction musicale de la part de ses musiciens improvisateurs.

Vêtue d’un tailleur noir et de lunettes fumées, elle a fini par se joindre à l’ensemble, mais sa voix était difficilement perceptible dans la balance de son de cette chanson. Heureusement, le tout a été rapidement corrigé par la suite.

La chanteuse Melody Gardot en concert.

Melody Gardot n'a pas consenti à être photographiée, c'est pourquoi nous publions cette photo d'archives qui la montre en concert à Montreux, en Suisse, en juillet 2022.

Photo : La Presse canadienne / Cyril Zingaro

Cela a permis de mieux apprécier sa voix de velours et sa grande élégance. Avec des titres naviguant entre la chanson française et la bossa-nova, comme les très belles Love Song et C’est magnifique, toutes deux de son album de 2020, Sunset In The Blue, mais aussi Our Love is Easy, un titre de son premier album pour lequel, elle a fait la démonstration de son grand talent d'interprète.

Malheureusement, la clameur des spectateurs, qui ne semblaient pas se préoccuper outre mesure de l’artiste sur scène, n’a pas permis d’apprécier sa superbe interprétation de ce dernier titre tout en nuances.

Très gracieuse dans les circonstances, elle a néanmoins vanté le public de Québec et lui a souhaité une bonne suite de festival.

Elle a conclu sa performance avec la reprise de Moon River d’Henry Mancini, qui a semblé sonner une cloche chez quelques festivaliers, qui ont allumé les lumières de leur cellulaire, pour l’accompagner. Mais c’était déjà la fin.

Ne restait que Les Étoiles, un autre titre de son premier album, et Melody Gardot quittait la scène, sous des applaudissements mitigés.

On s’est pris à envier les spectateurs du Festival de jazz de Montréal, qui ont eu la chance de la voir en salle, à la Place des Arts, il y a quelques jours à peine...

Le funk irrésistible de The Brooks

La formation montréalaise The Brooks, une habituée des grands festivals, a quant à elle rempli à merveille son mandat de réchauffer la foule des Plaines avec son funk d’une redoutable efficacité.

Avec sa solide section de cuivres, formée d’un trompettiste et deux saxophonistes, le groupe mené par le chanteur – et occasionnel tromboniste – Alan Prater a proposé un programme à l’irrésistible groove, basé essentiellement sur ses deux plus récents albums, Any Day Now (2020) et Soon As I Can (2024).

Un chanteur performe sur scène.

Le chanteur Alan Prater

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Aux cuivres s’ajoutaient également des claviers et des percussions qui venaient enrichir la percutante proposition sonore de The Brooks, comme il a été possible de le constater dans des titres comme The Wall, Sista, Gameplay, Soon As I Can, Funklife, Turn Up the Sound et Coming From the Real.

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