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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Daniel Rogers, a lancé un avertissement clair : un éventuel référendum sur la souveraineté de l’Alberta constituerait une cible de choix pour les stratégies de déstabilisation de la part d’acteurs étrangers, comme la Russie.
Selon lui, la nature intrinsèquement polarisante d'un tel scrutin offre un terreau fertile aux puissances hostiles.
Un référendum comme celui envisagé en Alberta, susceptible de fragmenter la société, est propice à l’amplification de la désinformation ou à des formes de désinformation que nous avons observées de la part d’acteurs comme la Russie par le passé, a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à l’émission The House, à CBC.
Ces propos font écho à un rapport publié plus tôt cette semaine par un consortium de chercheurs (DisinfoWatch, le Réseau canadien de recherche sur les médias numériques et les CASiLabs).
Le document révèle que des acteurs russes, mais aussi des cercles américains pro-Trump, s’emploient déjà à relayer et à exacerber les discours séparatistes albertains.
L’objectif de ces manœuvres est d’éroder la confiance envers les institutions démocratiques et de fragiliser l’unité nationale.
Le rapport répertorie un large spectre de menaces, allant des opérations d'influence clandestines menées par Moscou et Pékin aux encouragements publics de l'entourage de Donald Trump à l'endroit des souverainistes de la province.
Daniel Rogers refuse de commenter les enquêtes en cours, mais admet être parfaitement conscient de l’écosystème de désinformation russe et de sa propension historique à s'immiscer dans les processus démocratiques occidentaux.
Différences avec les États-Unis
Quant aux propos de l’administration Trump, Daniel Rogers apporte une nuance. Pour le SCRS, l'ingérence étrangère est strictement définie par la loi : elle doit revêtir un caractère clandestin, trompeur ou comporter une menace.
Les commentaires d'influenceurs ou de représentants officiels d'un pays étranger, bien que visibles, ne constituent pas nécessairement de l'ingérence, selon cette définition, précise-t-il.
Quant à la provenance américaine, l'approche diffère de celle des pays hostiles. Le directeur du SCRS souligne que, malgré des divergences politiques, le Canada partage des intérêts communs fondamentaux avec ses partenaires de sécurité du sud de la frontière, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la protection des infrastructures critiques contre le cyberespionnage.
Danielle Smith fait confiance aux Albertains
Face à ces inquiétudes, la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, adopte une posture plus confiante.
Nous pensons que les Albertains sont assez intelligents pour examiner différents points de vue et se faire leur propre idée.
Daniel Rogers croit plutôt qu'il est sage d'être conscient [de la menace d’ingérence], les Albertains en particulier, alors qu'ils exercent leurs droits politiques dans le cadre du référendum.
Danielle Smith soutient que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) lui aurait affirmé qu'il n'existe actuellement aucune preuve crédible d'une quelconque interférence d'acteurs étatiques dans la vie politique de sa province.
Malgré les demandes de Radio-Canada pour confirmer les échanges cités par la première ministre, la GRC n'a toutefois pas voulu confirmer des commentaires faits par des tiers pour protéger l'intégrité de l'enquête.
En visite à Ottawa vendredi, Danielle Smith a rappelé qu'elle avait obtenu une cote de sécurité qui lui permettra de recevoir des renseignements classifiés très secrets, soit les informations les plus confidentielles afin de surveiller de près l'évolution de la menace.
Le SCRS prêt à agir
L’an dernier, le SCRS a exercé ses pouvoirs de réduction des menaces à 16 reprises pour neutraliser des activités hostiles sur le territoire, selon son rapport annuel.
Daniel Rogers refuse toutefois de préciser si ces interventions ont touché l'Alberta. Malheureusement, je ne peux pas donner de détails précis.
Il assure que son agence restera proactive.
Je m’attends à ce que nous continuions à utiliser ces mesures à plusieurs reprises cette année, conclut-il, rappelant que la vigilance reste de mise pour protéger les droits politiques des citoyens.
Avec les informations de Catherine Cullen


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