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Même sans Coupe Stanley, Carey Price entre par la grande porte au Temple de la renommée

6 hours ago 9

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Carey Price a été admis au Temple de la renommée à sa deuxième année d’admissibilité, 1514 jours après avoir donné ses derniers coups de patin, en avril 2022. L’annonce, faite lundi, survient aussi presque cinq ans jour pour jour après la célèbre victoire de la Saint-Jean de juin 2021. Il avait alors mené le Canadien de Montréal à la finale de la Coupe Stanley pour la première fois en 28 ans.

Price et ses coéquipiers se sont ensuite inclinés lors de l’affrontement ultime, face au Lightning de Tampa Bay. C’est peut-être la seule ombre au tableau d’une grande carrière, marquée de réussites individuelles et collectives.

Le natif d'Anahim Lake, en Colombie-Britannique, a remporté une fois le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, et une fois le trophée Vézina, remis au meilleur portier de la ligue.

Un trophée Hart représente un peu un laissez-passer doré pour les gardiens de but admissibles au Temple de la renommée, selon l'historien du sport Eric Zweig.

Il y a tellement peu de gardiens qui ont reçu cet honneur, donc je pense que c'est un critère très important, mentionne-t-il en entrevue à Radio-Canada Sports. Et il y a plus de joueurs aujourd'hui qu'à l'époque, c'est un trophée difficile à gagner.

Depuis Price en 2015, un seul gardien a obtenu le titre de joueur le plus utile à son équipe, rappelle Zweig. C'est Connor Hellebuyck. C'est très rare.

Sur le plan collectif, Price a soulevé la coupe Calder à sa première année professionnelle, avec les Bulldogs de Hamilton, et il a mené le Canada à la conquête de la médaille d'or aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Sur la scène internationale, on peut aussi ajouter ses victoires au mondial junior, en 2007, et à la Coupe du monde, en 2016.

Statistiques de Carey Price :

  • victoires en saison : 361 (23e dans l’histoire de la LNH, 1er dans celle du CH)

  • blanchissages en saison : 49 (33e dans l’histoire de la LNH, 1er dans celle du CH)

  • moyenne de buts accordés par match en saison : 2,51

  • taux d’arrêts en saison : 91,7 %

Avec 404 victoires à sa fiche, toutes enregistrées dans l'uniforme de l'équipe qui l'a repêché, Price trône au sommet de l’histoire du Canadien à ce chapitre, devant les Jacques Plante, Patrick Roy et Ken Dryden qui, eux, toutefois, ont pu savourer du champagne à même le Saint Graal du hockey.

Price n’est jamais passé aussi proche de soulever la coupe Stanley que lors de sa dernière année complète, en 2021. En 2014, il a aussi mené son équipe en finale de l’Est, mais ses exploits ont été brusquement interrompus par une blessure à la suite d'une collision avec Chris Kreider, des Rangers de New York.

Honneurs individuels de Carey Price :

  • équipe d’étoiles des recrues (2008)
  • trophée Hart (2015)
  • trophée Ted-Lindsay (2015)
  • trophée Vézina (2015)
  • trophée William-M.-Jennings (2015)
  • première équipe d’étoiles (2015)
  • trophée Bill-Masterton (2022)

Autres faits marquants :

  • médaille d’or au mondial junior des moins de 18 ans (2004)
  • médaille d’or au mondial junior des moins de 20 ans (2007)
  • Coupe Calder, dans la Ligue américaine de hockey (2007)
  • médaille d’or aux Jeux olympiques (2014)
  • médaille d’or à la Coupe du monde (2016)

Plante, Dryden et même Roy jouaient toutefois à une époque plus propice aux championnats. Ils ont d’abord fait partie de meilleures équipes que celles mises sur la glace par le Tricolore depuis l’arrivée de Price dans la LNH, en 2005.

Ils ont également œuvré dans une ère où beaucoup moins de formations se disputaient les grands honneurs. C'est beaucoup plus difficile de remporter une Coupe Stanley aujourd'hui que lorsqu'il y avait 16 équipes, c'est juste une question de mathématiques, dit Eric Zweig. Les Jacques Plante et Bill Durnan n'avaient pas à rivaliser contre un si grand nombre à leur époque.

On se pose souvent la question : qui est le meilleur joueur de l'histoire à n'avoir jamais gagné la Coupe Stanley? Et les réponses qui reviennent souvent sont Brad Park, Marcel Dionne et peut-être Darryl Sittler. Il faut ajouter Carey Price à cette liste. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas l'inclure au Temple de la renommée.

Price fait partie des neuf gardiens au Temple de la renommée sans bague au doigt. Pekka Rinne, membre de la cuvée 2026 comme lui, n'a jamais soulevé la coupe non plus.

Elle sourit en recevant une bague.

Kim St-Pierre lors de son intronisation au Temple de la renommée en 2021

Photo : The Canadian Press

Il faut quand même placer deux exceptions : Vladislav Tretiak et Kim St-Pierre, deux membres en règle, n’ont jamais eu l’occasion de jouer pour la Coupe Stanley. Tretiak évoluait en Union soviétique, et St-Pierre avec les femmes. Trois autres portiers ont été admis avant 1987 : Roy Worters (en 1969), Chuck Rayner (en 1973) et Eddie Giacomin (en 1987).

Worters a réalisé 66 blanchissages dans la LNH, et à 1,60 m (5 pi 3 po), il est le plus petit athlète de l'histoire de la ligue. Le Torontois a défendu les couleurs des Americans de New York, du Canadien et des Pirates de Pittsburgh, entre 1925 et 1937, remportant une fois le Hart et le Vézina, tout comme Price. Mais ses clubs n'ont jamais connu de succès lors de l'après-saison.

Des trois, Chuck Rayner est celui qui est passé le plus près. En 1950, le lauréat du trophée Hart mène les Rangers en finale de la Coupe Stanley. Les Blue Shirts vont toutefois perdre en sept matchs en prolongation. Le Saskatchewanais a été nommé trois fois dans la deuxième équipe d’étoiles du circuit.

D'anciens joueurs se saluent après un match.

Eddie Giacomin lors d'un match des anciens au Madison Square Garden, en 1994.

Photo : The Associated Press / Jim Sulley

Eddie Giacomin a connu une brillante carrière à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Son numéro a d'ailleurs été le deuxième à être retiré par les Rangers, en 1989. Il a été nommé deux fois dans la première équipe d'étoiles de la ligue et a remporté une fois le Vézina, en 1971. Lui aussi a mené les New-Yorkais en grande finale, en 1972, avant de perdre en six matchs face aux Bruins de Boston.

Tony Esposito pourrait se retrouver techniquement dans cette liste, ayant soulevé la coupe Stanley une seule fois en guise de réserviste, à sa première année professionnelle, avec le CH. Il avait joué 13 matchs avec le Tricolore cette année-là, mais aucun des séries.

Deux gardiens discutent le long de la bande.

Carey Price et Henrik Lundqvist lors du week-end du match des étoiles à Montréal, en janvier 2009.

Photo : Getty Images / Mike Stobe

Dans l’histoire plus moderne, Price retrouvera au 30, rue Yonge, deux de ses contemporains : Henrik Lundqvist et Roberto Luongo.

Luongo n’a jamais gagné la Coupe Stanley comme joueur. Il est cependant passé bien près avec les Canucks de Vancouver, en 2011, avant que les Bruins mettent fin à leurs aspirations.

Même chose pour Lundqvist, un autre gardien des Rangers qui a traîné son équipe jusqu’en finale, mais dans une cause perdante. Le Suédois avait été sensationnel en 2015, avant de se buter à la puissante machine des Kings de Los Angeles.

Deux hommes discutent lors d'un entraînement avec Équipe Canada.

Roberto Luongo a été l'auxiliaire de Carey Price lors des JO de 2014.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Il existe donc beaucoup de points en commun entre Price, Luongo et Lundqvist, à tous les chapitres. Chacun a remporté au moins une médaille d’or olympique. Price possède toutefois, dans sa voûte aux lauriers, un morceau d’argenterie qui manque aux deux autres : un trophée Hart.

Lundqvist a été finaliste en 2012, et Luongo en 2007.

Luongo, aussi, n’a jamais mis la main sur le trophée remis au meilleur gardien de la ligue, malgré des statistiques épatantes et un succès durable qui s’est étalé sur deux décennies.

Toutefois, son nom apparaît maintenant deux fois sur la coupe Stanley, comme membre des Panthers de la Floride, à titre de responsable des gardiens.

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