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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle. »
La décision de Marine Le Pen, annoncée quelques heures après qu’une cour l’eut autorisée à se présenter, est claire et définitive. Dès son annonce, lors du grand bulletin télévisé de soirée du réseau TF1, la candidate du Rassemblement national (RN) encourageait les téléspectateurs à visiter son site de campagne.
Quelques heures plus tard, mercredi matin, une première sortie à saveur électorale : la candidate déambulait dans les rues de La Flèche, en Sarthe, une ville récemment conquise par le RN aux élections municipales.
Pourtant, cette même Marine Le Pen affirmait qu’il ne serait pas possible de faire campagne si la Cour d’appel lui imposait le port d’un bracelet électronique, comme elle l’a fait mardi.
Les conditions d’application de la peine doivent être connues d’ici 20 jours, mais le port d’un bracelet pourrait grandement limiter la capacité de la candidate à sillonner la France, ou encore à participer à de grands rassemblements partisans en soirée.
Comment Marine Le Pen justifie-t-elle sa décision? En contestant celle de la Cour d’appel, qui l’a reconnue de nouveau coupable de détournement de fonds publics, mais qui a réduit sa peine d'inéligibilité, lui permettant ainsi d’apparaître sur les bulletins de vote en 2027.
Sur le plateau de TF1, la candidate, qui clame toujours son innocence, a affirmé que l’imposition du port du bracelet serait suspendue le temps que l’instance d’appel, la Cour de cassation, examine la cause.
Un pari risqué, puisque ce tribunal pourrait décider de confirmer la décision rendue par la Cour d’appel mardi, voire d’en durcir les conditions comme l’exigeait le tribunal de première instance. À l’approche du vote du printemps prochain, Marine Le Pen pourrait donc de nouveau se voir imposer le port d’un bracelet électronique, voire redevenir inéligible à se présenter.
Le Pen ou Bardella?
Malgré ces obstacles et les déclarations passées, la tentation de faire le saut était grande dans ce qui pourrait être la meilleure chance pour Marine Le Pen d’atteindre l'Élysée. Sondage après sondage, le RN trône au sommet, loin devant ses rivaux.
À moins d’un an du scrutin d’avril et mai 2027, l’extrême droite semble également plus soudée que les autres courants politiques, notamment au centre et à gauche, où des luttes internes sont en cours pour se trouver des porte-étendards.
Selon la directrice de la firme Ipsos, qui était l’invitée de la radio RTL hier, Marine Le Pen obtient entre 31 % et 32 % des intentions de vote, alors que le président du RN, Jordan Bardella, est crédité d’entre 33 et 36 % d’appuis. C’est lui qui, en cas d'inéligibilité de Marine Le Pen, serait sur les bulletins de vote.
Si Jordan Bardella semble légèrement plus populaire que Marine Le Pen auprès des électeurs, celle-ci est considérée comme une adversaire politique plus redoutable et expérimentée par ses adversaires potentiels.
Jordan Bardella, 30 ans, est député européen depuis 2019 et a comme principaux faits d’armes d’avoir mené son parti lors des campagnes européennes et législatives de 2024. Marine Le Pen, de 27 ans son aînée, est députée à l’Assemblée nationale depuis 2017 et a surtout été candidate aux élections présidentielles à trois reprises. Dans deux cas, en 2017 et en 2022, elle s’est rendue au deuxième tour de scrutin pour y affronter Emmanuel Macron.

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen (à gauche), le 14 septembre 2025.
Photo : Getty Images / Christophe Archambault
Plus expérimentée que son dauphin, qui occuperait le poste de premier ministre en cas de victoire du RN aux élections présidentielles et législatives, Marine Le Pen se présentera néanmoins devant les électeurs avec un bilan juridique à défendre.
Si sa peine a été revue à la baisse, ce qui lui permet de concourir sur le plan électoral, la Cour d’appel de Paris ne l’a pas blanchie et a au contraire réitéré sa culpabilité dans l’affaire de détournement de fonds qui l’a menée devant les tribunaux.
La justice française reproche à Marine Le Pen et à d’autres cadres de son parti, qui s’appelait alors le Front national (FN), d’avoir détourné 2,9 millions d’euros (4,7 millions de dollars canadiens) de fonds publics. L’argent, lié à leurs fonctions au sein du Parlement européen, a été utilisé à des fins partisanes. Une députée du FN a, par exemple, engagé comme assistant parlementaire, et donc payé à l’aide de fonds européens, le majordome de Jean-Marie Le Pen, père de Marine Le Pen et fondateur du parti.
Les faits sont graves encore, car ils ont perduré […] et n'ont pris fin qu'avec la plainte déposée par le président du Parlement européen, a déclaré la présidente de la Cour d’appel de Paris, rappelant par ailleurs la responsabilité de Marine Le Pen dans la mise sur pied de ce système.
Ce n’est donc pas qu’un bracelet électronique que devra porter Marine Le Pen, mais aussi le poids d’une condamnation confirmée par deux instances différentes.
Un bilan d’autant plus lourd à défendre qu’en 2013, Marine Le Pen elle-même réclamait la mise en place d’une tolérance zéro pour les élus qui abuseraient de leurs fonctions et réclamait de mettre en place l’interdiction de l’éligibilité [sic] à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce à leur mandat ou à l'occasion de celui-ci.
Une prise de position de l'élue RN que n’a pas manqué de rappeler le candidat du parti de gauche Debout!, François Ruffin. Je pense que la question de la corruption et de la probité doit être un des thèmes de la campagne présidentielle, a-t-il déclaré sur le réseau BFMTV.
Le parti de Marine Le Pen paiera-t-il le prix de faire confiance à une candidate aguerrie, mais condamnée par la justice, plutôt que d'opter pour un candidat moins expérimenté, mais à la feuille de route moins entachée? Le recours devant la Cour de cassation réservera-t-il des surprises à cette longue campagne présidentielle qu’amorce la candidate du RN?
Nous verrons et les Français en seront juges, déclarait Marine Le Pen sur le plateau de TF1.


2 weeks ago
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