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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLAVAL - Voilà à peu près trois ans jour pour jour que Martin St-Louis, lors d’un point de presse d’une tension magistrale, peinait à justifier la présence dans sa formation d’un jeune Sean Farrell à peu près autant que les journalistes peinaient à l’expliquer sur les différentes plateformes.
Ironiquement, ce bref passage de six matchs à Montréal au printemps 2023 de l’ailier américain aura été le seul. Farrell n’est plus qu’une arrière-pensée pour les amateurs de l’équipe qui évoquent les espoirs de l’organisation. Et pour cause.
Les plus talentueux jouent déjà pour le grand club, d’autres petits prodiges allégués devraient débarquer sous peu et il y a belle lurette que cette reconstruction ne rime plus avec Farrell, Rafaël Harvey-Pinard, Justin Barron ou Jordan Harris.
Cette saison seulement, à l’attaque, Owen Beck, Florian Xhekaj, Jared Davidson et Joshua Roy ont tous eu droit à un rappel avec le CH, sans compter que les patrons, Kent Hughes et Jeff Gorton, ont déniché du renfort à court terme en Phillip Danault, Joe Veleno, Alexandre Texier, Zachary Bolduc et même Samuel Blais. La reconstruction s’est accélérée, le développement n’en est plus l’unique but et certains acteurs sont restés sur les lignes de côté dépassés de toutes parts. La congestion est réelle.
Tout cela, Sean Farrell le voit bien.
Lui, comme d’autres dans sa situation, se trouve à la croisée des chemins. Farrell, tout comme William Trudeau, Luke Tuch et Joshua Roy deviendront joueurs autonomes avec compensation à la fin de la saison, les trois premiers ayant droit à l’arbitrage.
Étant donné ladite congestion, il y a matière à remettre en question son avenir avec l’organisation qui l’a repêché en 2020.
Le jeune homme de 24 ans assure ne pas trop y penser. Il est passé par là l’an dernier – il a obtenu un contrat d’un an du CH le 2 juillet – ce qui l’aide, assure-t-il, à garder les choses en perspective.
J’étais beaucoup plus inquiet l’année dernière pour être honnête. Maintenant, je joue et on verra ce qui arrivera cet été. Avant, c’était la première fois que je me retrouvais sans contrat, alors c’était différent. Il y avait de l’incertitude quant à mon avenir et je me mettais beaucoup plus de pression sur les épaules, a-t-il expliqué après l’entraînement du Rocket à la Place Bell, mercredi midi.
La rapidité avec laquelle Farrell traite l’information a toujours été son atout principal. Ces trois dernières campagnes dans la Ligue américaine, il les a passées à polir son jeu défensif. Maintenant un joueur plus complet, estime-t-il, ses touches de rondelle sont décuplées, il connaît la meilleure saison professionnelle de sa carrière avec 47 points en en 66 matchs et il joue plus librement.

Sean Farrell
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Mon instinct prend le dessus, ajoute Farrell.
Malgré ses statistiques à la hausse, quand on demande à l’entraîneur du Rocket, Pascal Vincent, si Farrell et d’autres, comme William Trudeau, n’en sont peut-être pas rendus à se dire que, en gros, il n’y a pas juste le Canadien dans la vie, la réponse ne se fait pas attendre.
Absolument, lance le pilote du Rocket.
Ce n’est pas une œuvre de charité. Il faut que tu mérites ta place. C’est un privilège incroyable de jouer dans la Ligue nationale, mais c’est le résultat d’un processus qui dure des années.
Quand tu appartiens à une équipe, tu veux jouer pour cette équipe. Il n’y a aucun doute, jouer pour le CH est le but ultime. Mais si ce n’est pas le cas, leur objectif premier demeure de jouer dans la Ligue nationale. Ils sont très conscients que chaque match est une plateforme qui te permet de te faire voir. Il y a des dépisteurs partout où l'on joue, la caméra nous suit, on peut regarder n’importe quel match dans n’importe quelle ligue. Il y en a qui prenne avantage de ça, d’autres non. Généralement, ceux-là ne finissent pas dans la Ligue nationale, laisse tomber Vincent.
Entre les lignes, on sent que l’heure de vérité approche pour certains de ces joueurs encore jeunes, mais pas tant que ça non plus dans ce milieu impitoyable.
C’est le but de tous de faire le saut. Pascal nous en a déjà parlé. Il ne faut pas lâcher parce que tu ne sais jamais qui regarde, observe Farrell.
Trudeau ouvert au changement
Quatre ans plus tard, William Trudeau n’a toujours pas humé le parfum de la LNH, une fragrance de rêve et d’accomplissement doublée d’une odeur d’épaulettes suintantes et de houblon bon marché.
Parfois, quatre ans, c’est long.
Au bilan de fin de saison au printemps dernier, Vincent insistait sur le fait qu’il ne fallait pas le compter pour battu d’avance, qu’il aurait un jour le calibre pour se faire valoir au plus haut niveau. Mais comment Trudeau peut-il raisonnablement y croire à Montréal?
Montréal, c’est l’équipe qui m’a repêché, mais à voir comment ça va, je suis très ouvert à aller ailleurs éventuellement.
À voir comment ça va…
En défense, ça va ainsi : sept arrières avec le grand club, Adam Engström et David Reinbacher le devancent dans la hiérarchie, Luke Mittlestadt arrive tout frais du Minnesota, Bryce Pickford et Owen Protz ont récemment paraphé leur première entente professionnelle et viendront grossir les rangs des arrières du Rocket l’an prochain, tous des choix au repêchage de la direction actuelle…contrairement à lui.
Trudeau, à notre connaissance, n’est pas un ancien lauréat de la médaille Fields, mais on l’image capable de résoudre cette équation.
À 23 ans, le défenseur de Varennes a encore du travail à faire pour bien définir son style. C’est peut-être ce qui a joué contre lui jusqu’ici. Habile avec la rondelle, doté d’une touche offensive certaine, mais pas assez pour en faire sa marque de commerce. Costaud et robuste, mais peut-être pas autant qu’il le faudrait pour lui permettre de taper dans l’œil d’une organisation.

William Trudeau (en rouge)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Sans parler de Trudeau directement, Vincent a offert une piste de réflexion à tous ses joueurs prêts à changer d’air qui sont victimes du nombre dans cette reconstruction.
Quand tu parles d’un joueur et que tu as de la difficulté à le décrire en quelques mots, c’est parce que le joueur ne s’est pas donné une identité personnelle. Qu’est-ce que ce joueur représente? Si j’acquiers le joueur X, il faut qu’il apporte A, B, C. Si je ne suis pas capable de dire A, B, C très rapidement, c’est parce que le joueur ne s’est pas donné une identité, a lancé l’ancien entraîneur des Blue Jackets.
Dans le cas de William, il faut qu’il continue à développer son jeu défensif, il faut qu’il soit très physique et il faut qu’il soit capable de laisser son gardien de but voir les rondelles. Son A, B, C, ce sont ces trois choses. S’il fait ça de façon constante, peut-être que ce ne sera pas le Canadien, peut-être que ce sera une autre équipe, mais il se donnera au moins une chance de jouer dans la Ligue nationale, a conclu Vincent.
Cela dit, les dés ne sont pas pipés. Les dirigeants du Canadien n'ont pas encore évalué les dossiers des joueurs autonomes avec compensation, nous dit-on. Qui sait ce qui surviendra cet été? Un ou deux échanges, une ou deux blessures sont si vite arrivés. Mais Trudeau et d’autres posent un regard de plus en plus lucide sur la situation et semblent se demander s'ils ne sont pas devenus les matériaux inutilisés de cette reconstruction.
En rafale
Il reste six matchs à la saison du Rocket, déjà qualifié pour les séries éliminatoires de la LAH, mais toujours au cœur d’une lutte coriace avec le Crunch de Syracuse pour le premier rang de la division Nord.
Laval détient un point d’avance sur le Crunch avec un match de moins à jouer que son adversaire. Le Rocket dispute ses quatre prochains matchs à domicile, dont ceux de vendredi et samedi contre les Wranglers de Calgary, avant de conclure la saison à Toronto le 19 avril.
Les séries de la Ligue américaine, a martelé Pascal Vincent, demeurent un moment crucial pour le développement des joueurs, rappelant le chemin parcouru par Adam Engström et Owen Beck dans ces circonstances l’an dernier.
Laval a récemment perdu ses trois dernières rencontres et l’entraîneur s’est dit pas encore tout à fait à l’aise avec le niveau de jeu de sa troupe en cette fin de saison.
Je ne suis pas encore à l'aise avec notre constance sur certains de nos éléments fondamentaux, a-t-il fait valoir.
Il lui reste trois semaines pour corriger le tout.


2 months ago
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