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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayOn ne sait trop ce qui se cachait derrière les épais rideaux noirs que le Canadien a déployés autour de la glace de son complexe d’entraînement à Brossard samedi - et on ne le saura probablement jamais - mais si c’était pour tester d’inédites configurations de l’avantage numérique à l’abri des regards indiscrets, comme ceux des journalistes, chapeau bas, ç’a porté ses fruits. Généreusement qui plus est.
Trois fois plutôt qu’une en fait, puisque Juraj Slafkovsky a réussi un tour du chapeau avec un homme en plus pour mener sa bande à une victoire de 4-3 en prolongation du premier match de la série entre le CH et le Lightning. Trois réussites venues de partout sur la patinoire : un tir sur réception du cercle droit, un autre directement de l’enclave sur un jeu finement préparé par Cole Caufield et un dernier, en prenant bien son temps, du cercle gauche, en apothéose.
Je pense qu’il pensait qu’il était aux Olympiques, a laissé tomber Mike Matheson, le sourire aux lèvres.
C’était effectivement une version aboutie du grand numéro 20. La version espérée par plusieurs, dont bon nombre ont douté quand le jeune homme peinait à s’ajuster à la rapidité d’exécution de la Ligue nationale et à sa robustesse à ses premières années. Des craintes que Slafkovsky a complètement balayées cette saison tant sa progression est manifeste pour n’importe quel observateur averti.
Ça n’a pas été linéaire, a rappelé Martin St-Louis après le match dans une de ses formules consacrées préférées.
Une fois que tu as compris que tu as affaire à un jeune talent, comme entraîneur, tu dois être patient et empathique. Le but est de le faire progresser, mais en comprenant qu’il y aura des hauts et des bas. Depuis un an, il n’y a plus beaucoup de bas, a renchéri l’entraîneur.
À cinq contre cinq, à l’image des deux équipes qui n’ont cédé que peu de terrain, ce ne fut pas parfait pour Slafkovsky et ses comparses du premier trio. Ce qui ne l’a pas empêché de faire osciller la pendule en faveur des siens dans les moments cruciaux.
Résultat des courses pour le Slovaque : trois buts, dix tentatives de tir, dont sept cadrés, deux mises en échec et un revirement provoqué en 21 min 11 s de jeu. À eux deux, Nick Suzuki et Cole Caufield ont tenté trois lancers.
On pense que Nick et Cole le rendent meilleur, mais je pense qu’il les rend meilleurs aussi. C’est un joueur des grandes occasions. Il joue avec de l’attitude et en confiance. J’aime son jeu.
Ce même Anderson, par ailleurs, vétéran de 31 ans dont Slafkovsky s’inspire des plus belliqueuses caractéristiques à l’occasion, était au cœur du récit pendant les 30 premières minutes de ce match.
Sans chercher querelle à Nikita Kucherov, tel qu’il l’avait fait le 9 avril lors du dernier duel entre les deux équipes, il a donné le ton en échec avant avec de bons coups d’épaules, a inscrit le premier but du match et semblait même avoir fait de même avec le deuxième jusqu’à ce que la reprise vidéo confirme qu’il avait touché à la rondelle plus haut que ce qui est permis.
Sur la séquence suivante, Anderson s’emportait et s’est fait punir pour un assaut sur le défenseur Charle-Édouard D’Astous qui, sonné, n’est pas revenu dans le match. Le Lightning a créé l’égalité lors de l’avantage numérique qui a suivi avant de profiter d’une bévue de Lane Hutson et de Kaiden Guhle pour prendre l’avance 2-1. Deux buts en 29 secondes ou, pour citer Anderson lui-même : une punition et bang, bang!.
Voilà un enchaînement d’événements malheureux susceptibles d’ébranler la plus jeune équipe de la Ligue nationale. Ce qui n’est pas arrivé. Et, derrière les prouesses de l’un et de l’autre, c’est bien là le signe le plus encourageant de ce premier match.
Aux âmes bien nées
Permettez-nous de compléter : la valeur n’attend point le nombre des années, écrivait Corneille. Pas le chanteur, l’autre, dans le Cid, une pièce qui a près de 400 ans. On raconte d’ailleurs que les derniers joueurs à avoir soulevé la coupe Stanley avec les Maple Leafs de Toronto ont assisté à la représentation originale à l’époque.
Il était question de leçons apprises en préambule, les voici.

Le Canadien de Montréal s'offre le match no 1 de la série face au Lightning de Tampa Bay.
Photo : Getty Images / Mike Carlson
L’an dernier, contre les Capitals, le Canadien s’était fait dominer physiquement. Ç’avait certainement été une des raisons principales de son élimination après cinq matchs. Le Lightning semblait préparer le même terrain en fin de saison dans cette dernière rencontre où il s’est distribué 126 minutes de punition. On bousculait après chaque arrêt de jeu, on jouait les fiers-à-bras, peut-être pour préparer ce duel éliminatoire ou plus simplement parce que ça semble faire partie de la nouvelle identité de l’équipe de Jon Cooper depuis deux ans.
Le hic est que ça n’a pas bien fonctionné pour les Floridiens le 9 avril, vaincus par le CH, qui n’a pas hésité à rendre coup pour coup et même à amorcer le conflit par moments.
Si bien qu’on s’est demandé si le calme relatif entre les deux équipes n’émanait pas d’un désir conscient de la part de Tampa Bay de ne pas allumer de feux pour rien.
Il demeure néanmoins que la frustration aurait quand même pu s’emparer du Canadien dans ce match. Après la pénalité imaginaire à Juraj Slafkovsky en première période ou en raison des deux buts en 29 secondes ou encore parce que le CH a échappé deux avances, dont une à mi-chemin de la troisième période. Le CH plus inexpérimenté serait-il tombé dans le piège? Peut-être.
Pas celui de 2026.
On a bien contrôlé nos émotions à la fin, a estimé Anderson.
On a gardé nos émotions à la bonne place. Quand ils ont marqué deux buts rapidement, on n’a pas paniqué, a ajouté Matheson.
On s’est fait tester mentalement, a aussi admis St-Louis.
De leur propre aveu, les risques de dérapage collectifs existaient.
À l’inverse, Cooper a été particulièrement déçu par la gestion du match de ses hommes, trop souvent coupables de mauvaises punitions, a-t-il dit.
Ce n’est pas tant qu’on ait perdu qui me préoccupe que la façon dont on a perdu. Si ça continue comme ça, cette série ne sera peut-être pas aussi longue que ce qu’on croyait.
Remarquez, ce n’est sûrement qu’une façon de réveiller son équipe rapidement et peut-être de faire ronronner le CH en le flattant dans le sens du poil.
N’empêche que ce premier match disputé par le Canadien ne peut être qu’un indice de la maturité acquise par le groupe. Jeune groupe, oui, mais qui a vécu maintenant, qui se connaît, qui a grandi ensemble, qui commence à avoir quelques cicatrices de ses luttes précédentes et qui aborde les nouvelles avec toute la confiance de son talent et avec son talent pour l’arrogance bien dosée.
L’entraîneur du Canadien, aussi, prend de l’expérience. Il n’a pas voulu discuter stratégie, que nenni, mais il n’a pas trop semblé se soucier des confrontations que lui mettait Cooper dans les pattes. Parfois, lorsque faire se pouvait, il a soustrait le trio de Suzuki à celui de Yanni Gourde, mais sans plus.
St-Louis a aussi été vif d’esprit pour se bricoler un faux temps d’arrêt, peu de temps après les deux buts rapides du Lightning, en demandant des explications à l’arbitre pour un geste impuni d’un rival qui aurait mérité le contraire selon le Québécois. Il a gagné trente à quarante secondes pour sa troupe un peu ébranlée à ce moment-là.
Cela lui a permis de conserver son unique temps d’arrêt, judicieusement utilisé en prolongation pour reposer son quintette principal en supériorité numérique après une présence de 59 secondes. On a jasé stratégie un peu, apparemment, les joueurs sont retournés sur la glace reposés et, 23 secondes plus tard, Slafkovsky a mis le point final à une entrée en matière haute en couleur.
Tu le gardes pour quoi [ton temps d’arrêt], pour la troisième période de prolongation? a demandé St-Louis en riant. Il n’y en aura peut-être pas.
Il n’y en a pas eu, non. Grâce à une bonne gestion des émotions, une vivacité d’esprit et un peu de flair. La première manche va aux jeunots.


1 month ago
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