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Les États-Unis estiment qu’il est « temps de remettre leur empreinte sur le Groenland »

2 weeks ago 15

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L'émissaire américain au Groenland, une vaste île arctique convoitée par le président Donald Trump, a déclaré mercredi à l'AFP que les États-Unis devaient renforcer leur présence sur ce territoire autonome danois.

Je pense qu'il est temps que les États-Unis remettent leur empreinte sur le Groenland. Je pense que vous voyez le président parler de renforcer les opérations de sécurité nationale et de réaffecter du personnel dans certaines bases au Groenland, a dit Jeff Landry.

Le Groenland a besoin des États-Unis, a ajouté l'émissaire à l'issue de sa première visite, entamée dimanche, au Groenland depuis sa nomination en décembre 2025.

M. Landry, qui est également le gouverneur républicain de la Louisiane, n'avait pas été officiellement invité et sa présence a suscité la controverse sur place.

Position stratégique

L'armée américaine ne dispose actuellement que d'une base au Groenland, celle de Pituffik, dans le nord, contre 17 installations militaires au plus fort de la guerre froide.

M. Trump a soutenu à plusieurs reprises que les États-Unis devaient contrôler le Groenland pour des raisons de sécurité nationale, affirmant que, sinon, ce territoire risquait de tomber entre les mains de la Chine ou de la Russie.

Le Groenland se trouve sur l'itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis pour les missiles. Il recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait jouer un rôle essentiel à mesure que la glace polaire fond et que de nouvelles voies maritimes apparaissent.

Washington veut ouvrir trois nouvelles bases dans le sud de cette île, selon de récents articles de presse.

Un pacte de défense de 1951, mis à jour en 2004, permet d'ores et déjà aux États-Unis de déployer plus de troupes et de renforcer leurs installations militaires au Groenland, à condition d'en informer au préalable le Danemark et le Groenland.

M. Trump est revenu, en janvier, sur ses menaces de s'emparer du Groenland. Un groupe de travail américano-danois-groenlandais a été mis en place pour répondre à ses préoccupations.

Obligés de trouver une solution

Même si le désir du maître de sécuriser le contrôle du Groenland [...] est totalement irrespectueux [...], nous sommes obligés de trouver une solution, a lancé mardi devant des journalistes, en marge d'un forum économique sur le Groenland, le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.

Il a rencontré lundi l'émissaire américain, qui a aussi vu le ministre des Affaires étrangères du Groenland, Mute Egede.

M. Nielsen a déclaré que les discussions avaient été constructives, mais a souligné qu'il n'y avait aucun signe [...] que quoi que ce soit ait changé dans la position des États-Unis.

Les autorités groenlandaises et danoises ont martelé à plusieurs reprises que seul le Groenland pouvait décider de son avenir.

Dans un entretien publié mercredi par le quotidien groenlandais Sermitsiaq, M. Landry a tenté de raviver les espoirs d'indépendance de ce territoire.

Si les sondages montrent que la majorité des Groenlandais sont favorables à l'indépendance vis-à-vis du Danemark, leur gouvernement n'a pas de projet immédiat en ce sens, car de nombreuses questions restent en suspens, notamment concernant l'économie de cette île, fortement dépendante du Danemark.

Je pense qu'il existe des occasions incroyables qui permettraient aux Groenlandais de passer de la dépendance à l'indépendance, a insisté M. Landry.

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