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Les agents de bord de WestJet brandissent la menace d’une grève « historique »

1 week ago 5

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Les quelque 4400 agents de bord de WestJet pourraient déclencher une grève dès le 2 août, une première en 30 ans d’histoire du transporteur, si la direction ne cède pas sur leurs revendications salariales et sur la rémunération des heures travaillées, a déclaré le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

La section locale 8125 du syndicat a organisé mardi un kiosque d’information devant le siège social de WestJet à Calgary. 

Alia Hussain, présidente de la section locale, a qualifié le système actuel de rémunération de crédit de vol, datant de plus de 20 ans, et d'archaïque.

Les agents disent travailler jusqu'à 35 heures par mois sans rémunération, puisque le mécanisme ne les paie essentiellement que lorsqu'ils sont dans les airs.

Jean-François Laframboise, agent de bord de près de 30 ans d'expérience, illustre concrètement ce travail invisible : Lorsque nous nous présentons au travail, nous devons faire nos vérifications de sécurité. Lorsqu'il y a des délais, lorsqu'il y a une évacuation d'urgence, c'est tout des heures qui ne sont pas payées.

Nous voulons être rémunérés pour toutes les heures travaillées et, surtout, nous voulons une rémunération juste et équitable.

John Gradek, expert en aviation à l’Université McGill, note que le temps non productif (attente, retards) ne cesse d’augmenter au détriment des employés.

Il souligne que les agents de bord de WestJet sont parmi les moins bien payés au pays et qu'ils cherchent à obtenir un rattrapage salarial de 15 à 20 % sur leur salaire de base, en plus d'augmentations annuelles de 3 %.

Une direction prête à des changements

De son côté, le PDG de WestJet, Alexis von Hoensbroech, a réagi aux manifestations en soulignant qu'il respecte la démarche des employés, déclarant que la direction les entend et voit leur message.

Bien qu'il soutienne que le contrat actuel adhère à la loi et rémunère chaque heure travaillée, il admet que la structure de paie est complexe.

S'ils veulent une façon différente dont nous créditons les heures, alors cela nous va.

Un avion de WestJet sur une piste d'aéroport.

La prochaine étape du conflit de travail est prévue dans la matinée du 15 juillet.

Photo : Reuters

Le PDG reconnaît que le dernier contrat, négocié il y a cinq ans en pleine pandémie, a fait en sorte que les employés ont pris du retard par rapport à l'inflation. Nous reconnaissons qu'une amélioration significative est nécessaire, a-t-il ajouté. C'est ce qu'ils nous disent et c'est pourquoi ils manifestent, et nous respectons cela.

Malgré le ton qui monte, les deux camps assurent vouloir éviter un arrêt de travail qui pénaliserait les vacanciers. Les passagers ont toujours été notre priorité. Nous voulons être à bord pour les accueillir, car c'est notre vie, affirme Jean-François Laframboise.

Un vote attendu

La prochaine étape de ce conflit de travail surviendra le 15 juillet, dans la matinée, lorsque le syndicat dévoilera publiquement les résultats de son tout premier vote de grève.

Si l'impasse persiste à la table des négociations, les agents de bord seront en position légale de déclencher un arrêt de travail dès le 2 août, menaçant ainsi de perturber les projets de voyage de nombreux Canadiens en plein cœur d'une longue fin de semaine estivale.

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