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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwaySabrina Mayer est une Québécoise passionnée de volleyball. Après un parcours universitaire de six saisons avec les Citadins de l’UQAM, elle est allée jusqu’au petit village de Fínikas, en Grèce, pour poursuivre sa carrière professionnelle.
Mais aujourd’hui, à 28 ans, Sabrina prend sa retraite professionnelle. Sa famille lui manque. Cette profession précaire n’en vaut pas la peine.
Son parcours est loin d’être unique. Au Canada, faute de ligue professionnelle, les meilleurs volleyeurs ont souvent deux choix : poursuivre leur passion en allant jouer à l’étranger, loin de leurs proches, ou mettre tout simplement un terme à leur carrière.
Le volleyball a énormément évolué au cours des 50 dernières années ici, dit le directeur général de Volleyball Québec, Guillaume Proulx Goulet, en entrevue avec Radio-Canada Sports. C’est passé d’un sport plutôt marginal à l’un [des sports les plus populaires]. On a des joueurs de tous les âges, allant des enfants de 6 ans, qui commencent le volleyball, jusqu’à l’université. Le problème, c’est qu’après l’université, ils doivent aller jouer ailleurs.
On a une belle communauté de volleyball ici au Québec, les gens sont vraiment investis. Il y a tellement de monde qui aimerait tellement ça, souligne quant à elle Sabrina Mayer. Ça donnerait aussi une opportunité aux jeunes de voir plus concrètement qu’est-ce qu’on peut faire dans le monde du volleyball.
Un quotidien difficile

Sabrina Mayer prend sa retraite à 28 ans, après avoir joué professionnellement en Grèce.
Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère
On peut le deviner, être joueur professionnel de volleyball outre-mer n’est pas la profession la plus stable. Ceux qui poursuivent cette carrière le font surtout par passion, une passion qui exige énormément de sacrifices.
Au Québec, ce serait cool d’avoir notre propre ligue, et d’avoir le choix de rester. En ce moment, si on veut jouer professionnel, on n’a pas le choix de partir, explique Jaël Telfort, joueuse du Vert et Or de l'Université de Sherbrooke, qui s'apprête à aller jouer en Europe l’année prochaine.
Chaque année, tu dois t’adapter à un nouveau pays ou une nouvelle langue… C’est difficile, appréhende-t-elle.
On vit toujours dans l’instabilité, l’adaptation. On est toujours dans nos valises, donc c’est sûr que c’est particulier, raconte Gabriel Chancy, 30 ans, qui joue professionnellement en Europe depuis plusieurs années.
Ancien des Carabins de l’Université de Montréal, Chancy souligne également que plusieurs joueurs universitaires ayant pourtant le niveau pour évoluer professionnellement à l’étranger choisissent, diplôme en main, de laisser tomber leur carrière d’athlète. Un scénario loin d’être rare.
Une ligue professionnelle, « la prochaine étape »

Les amateurs de Québec ont démontré tout leur soutien à l'équipe canadienne lors de la Ligue des nations de volleyball présentée au Centre Vidéotron.
Photo : Gestev
L’engouement ne manque pourtant pas pour le volleyball, au Québec comme ailleurs au Canada. Volleyball Québec compte aujourd’hui près de 50 000 membres, preuve de la croissance du sport dans la province.
Le Beach Pro Tour au volleyball de plage passe par Montréal depuis trois ans maintenant, tandis que le succès de la Ligue des nations (VNL), dont l’édition féminine a eu lieu à Québec cette année, est tout aussi encourageant pour la suite. Un peu plus de 31 000 spectateurs ont franchi les portes du Centre Vidéotron au cours des cinq jours de compétition. La première édition de l’événement, l’année précédente, avait attiré près de 35 000 visiteurs.
C’est la prochaine étape, le volleyball professionnel, au Québec et au Canada, nous assure pour sa part Guillaume Proulx Goulet.
On a le bassin, le niveau de jeu, le marché pour avoir une ligue professionnelle. On a plusieurs projets sur la table actuellement. On pense à créer notre propre ligue, ou notre propre franchise. On travaille avec la Ville de Québec, de Montréal.
Il se passe quelque chose, il y a un momentum.
Ce momentum est particulièrement visible du côté féminin. Les Canadiennes sont en pleine progression sur la scène internationale et pourraient se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, une première depuis les Jeux d’Atlanta en 1996.
Tel que mentionné plus haut, l’arrivée de la Ligue des nations à Québec cette année a aussi démontré l’engouement du public envers une éventuelle équipe professionnelle.
Le comité organisateur de la VNL à Québec a d’ailleurs contacté la direction des deux grandes ligues professionnelles féminines nord-américaines, la League One Volleyball (LOVB) et la Major League Volleyball (MLV).
En pleine expansion, la MLV comptera 12 équipes à compter de 2027, toutes situées aux États-Unis. Avec une saison de 28 matchs, disputée de janvier au début de mai devant des foules variant généralement de 2000 à 10 000 spectateurs, son modèle paraît particulièrement intéressant pour un éventuel projet québécois.
Une ligue professionnelle serait assurément l’une des occasions les plus attrayantes à offrir aux volleyeurs d’ici, qui pourraient enfin poursuivre leur carrière sans devoir s’exiler à l’autre bout du monde. Pour Sabrina Mayer, une telle ligue aurait peut-être changé sa décision.
Ah c’est sûr par contre, si on a une ligue au Canada, je sors de la retraite! lance-t-elle avec un grand sourire. Ce serait vraiment le fun.


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