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Le titre national et rien d’autre pour les Stingers en hockey féminin

2 months ago 28

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De jeudi à dimanche, à l’Université de Waterloo, huit équipes venues des quatre coins du pays se disputent le titre universitaire canadien de hockey féminin.

Dans ce plateau relevé, deux formations se distinguent nettement : les Stingers de l’Université de Concordia et les Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). Elles sont au sommet du classement U Sports avec des bilans presque parfaits.

Pour Concordia, l’enjeu dépasse le simple cadre du tournoi. La saison dernière a laissé un goût amer à l’université montréalaise. Malgré leur statut de référence au pays, les Stingers ont été éliminées avant la finale, un rappel brutal que rien n’est acquis sur la scène nationale.

Cette saison-ci, les joueuses ont signé 22 victoires en 24 matchs, une domination constante. Elles ont l’intention de décrocher un troisième titre national en cinq ans.

Une domination provinciale

Cette supériorité s’est pleinement reflétée dans le RSEQ. Concordia a remporté un 24e championnat provincial il y a quelques semaines, grâce à une victoire de 2-1 face aux Carabins de Montréal au CEPSUM, un autre chapitre d’une rivalité devenue incontournable au Québec et qui a tourné, une fois de plus, à l’avantage des Stingers.

Le parcours éliminatoire a été sans faille, avec deux séries balayées en deux matchs contre McGill, puis Montréal. Quatre matchs, quatre victoires, sans laisser place au doute.

Au cœur de cette continuité se trouve Jessymaude Drapeau, figure centrale du programme depuis cinq ans. Le parcours de la capitaine des Stingers résume à lui seul les cycles d’un programme aspirant au sommet, entre conquêtes nationales, présences en finale, mais aussi éliminations marquantes qui ont façonné l’identité du groupe.

Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir vécu toutes ces expériences. Je me sens chanceuse d’avoir été des deux côtés, dans la victoire comme dans la défaite, a dit Drapeau en entrevue avec CBC.

Une hockeyeuse en jaune répond aux questions d'un journaliste.

La capitaine de l'équipe des Stingers de l'Université Concordia, Jessymaude Drapeau, a été nommée joueuse par excellence U Sports.

Photo : Radio-Canada

En ce moment, on a énormément d’expérience dans notre vestiaire et, comme leader, je veux simplement créer un environnement où les joueuses ne ressentent pas de stress. Parce que c’est le meilleur tournoi de l’année. J’ai eu la chance de participer à cinq championnats nationaux. C’est beaucoup d’expérience, et maintenant, je veux la transmettre.

Originaire de Rivière-du-Loup, Drapeau, qui dispute sa dernière saison universitaire, ne se projette pas encore vers la suite, même si une sélection au repêchage de la LPHF en 2026 semble à portée de main. Pour l’instant, l’objectif est ailleurs : terminer son parcours avec les Stingers avec un titre.

Avec sa complice Émilie Lussier, les Stingers peuvent compter sur les deux meilleures pointeuses au pays. Drapeau a d’ailleurs dominé le circuit U Sports avec une récolte de 40 points, dont 22 buts, un rendement qui lui a valu le titre de joueuse par excellence du RSEQ, avant d’être couronnée à l’échelle nationale mercredi dernier. Or, à l’intérieur du vestiaire, ni les statistiques ni les honneurs n’ont dicté le ton.

On n’en a jamais parlé de toute la saison, a souligné Drapeau à propos de ces distinctions. Avec la couverture médiatique, les gens parlent facilement des points. Surtout cette année, puisque c’est ma dernière saison, et c’est aussi le cas de plusieurs joueuses dans ce vestiaire.

Un programme gagnant

À l'origine de ce succès durable se trouve une entraîneuse-chef hors du commun dans le circuit universitaire canadien.

Depuis son arrivée en 2016, Julie Chu a redéfini les standards du programme. Quadruple médaillée olympique avec les États-Unis et ancienne des Canadiennes de Montréal, elle a transformé Concordia en une puissance nationale durable.

Chu a été nommée entraîneuse-chef de l’année à six reprises à l'échelle provinciale et à trois reprises à l’échelle nationale au cours de la dernière décennie.

Avant elle, les Stingers n’avaient pas remporté de titre depuis la fin des années 1990. Aujourd’hui, ils en sont à cinq trophées nationaux.

Le principal critère pour qu’une joueuse corresponde à notre programme, c’est son caractère. Est-ce qu’elle adhère à notre culture? Est-ce qu’elle comprend ce que signifie placer l’équipe avant tout? Elle doit être capable de vivre ça, peu importe le rôle qu’on lui confie.

La culture et le caractère, c’est tout. On peut avoir beaucoup de joueuses talentueuses. Est-ce qu’on peut gagner des matchs uniquement avec le talent? Bien sûr. On ne vit pas dans une utopie, affirme l’entraîneuse-chef, expliquant ce qu’est la clé du succès de son programme.

Elle répond aux questions d'un journaliste

Julie Chu a été nommée entraîneuse-chef de l’année du RSEQ pour une sixième fois cette saison-ci.

Photo : Radio-Canada

Cette philosophie structure également le recrutement, un élément clé dans le sport universitaire, où les effectifs se renouvellent constamment, ainsi que le développement et la gestion des rôles.

Un tel cadre permet aux joueuses de se développer pleinement, comme en témoigne Émilie Lussier.

On ne peut pas demander mieux comme coach, résume-t-elle. Elle a tellement d'expérience. Si je regarde mon développement de la première et deuxième année, c’est énorme.

Concordia amorcera le tournoi en tant que tête de série numéro 2 et affrontera les Bisons du Manitoba, classés en 7e position, en quarts de finale, jeudi, à 15 h (HNE).

Les demi-finales sont prévues samedi soir, à la suite de deux matchs de consolation disputés plus tôt dans la journée. Les matchs pour les médailles auront lieu dimanche : le duel pour le bronze à 11 h, suivi de la finale nationale à 15 h.

Du 19 au 22 mars, Radio-Canada présente le Championnat universitaire canadien de hockey féminin en direct sur ICI.Tou.tv. (nouvelle fenêtre)

Les Carabins en quête d’un premier titre en 10 ans

L’autre équipe du Québec à ce championnat national sera les Carabins de Montréal, qui tenteront pour leur part de mettre fin à une disette de 10 ans sans titre national et d’en décrocher un troisième sous la gouverne d’Isabelle Leclaire, en poste depuis 2008.

C’est l'objectif ultime, affirme cette dernière en entrevue téléphonique, au sujet du titre national. Puis, oui, ça fait 10 ans qu’on ne l’a pas remporté, mais quelque chose dont je suis fière, c’est qu’on est toujours là. Sur 16 saisons actives, ça fait 12 fois qu’on est allés au championnat national, ce qui est l’un des meilleurs bilans parmi les programmes du pays.

Sous sa direction, les Carabins ont vu plusieurs joueuses accéder aux rangs professionnels, notamment Catherine Dubois et Alexandra Labelle, aujourd’hui membres de la Victoire de Montréal dans la LPHF.

En 2024, les Carabins ont remporté la médaille de bronze au championnat national, et 13 joueuses de l’édition actuelle faisaient partie de ce groupe. Toutefois, une joueuse en particulier, qui pourrait bien changer la donne, ne faisait pas partie de ce groupe-là.

Une joueuse de hockey sourit.

Audrey-Anne Veillette a rejoint les Carabins de l'Université de Montréal au milieu de la saison 2025-2026.

Photo : Facebook/Audrey-Anne Veillette

Audrey-Anne Veillette, une des figures marquantes de l’histoire du programme, a été sélectionnée en 2023 par la Charge d’Ottawa dans la LPHF. Blessée au moment du repêchage, elle n’a pas joué avec la Charge et n’a pas non plus réussi à se tailler une place avec la Victoire, malgré une invitation à son camp d’entraînement cette année. Le 6 janvier dernier, elle a choisi de réintégrer les Carabins en cours de saison.

Je n’ai pas encore gagné. Même pas une médaille. Donc, cette année, j’espère changer ça, en espérant que ce sera la couleur or! lance Veillette.

Depuis son retour, elle mène l’attaque montréalaise avec 10 points en 11 matchs, contribuant notamment à l’élimination des Gaiters de l'Université Bishop’s, championnes en titre, avant que les Carabins ne s'inclinent en finale du RSEQ face aux Stingers.

Leur parcours au championnat national ne sera toutefois pas de tout repos : elles affronteront vendredi dès le premier tour UBC, formation numéro 1 au pays cette saison-ci, à 15 h (HNE).

Avec les informations de Blake Saraga, de CBC

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