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Le ministère de la Sécurité publique rebaptisé, qu’ossa donne?

1 month ago 35

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Le ministère de la Sécurité publique garde le même capitaine, Ian Lafrenière, mais change de nom. Il devient le ministère de la Sécurité intérieure au terme du remaniement ministériel de mardi à Québec. La question qui se pose est la suivante : cette nouvelle étiquette annonce-t-elle des changements profonds au sein de ce ministère ou s'agit-il plutôt d'une opération purement cosmétique?

C'est un changement qui n'est pas cosmétique, assure d'emblée Ian Lafrenière en entrevue à Tout un matin sur ICI PREMIÈRE.

Il affirme que la mission de son ministère sera élargie afin de mieux répondre aux menaces d'ingérence étrangère et de cyberattaques. L'idée ne consiste pas à ajouter de nouvelles structures mais à améliorer la coordination au sein de l'État pour faire face à ces menaces, dit-il.

Tout le volet renseignement, tout le volet de se protéger contre les tentatives d'ingérence de pays étrangers qui voudraient s'attaquer à notre économie, s'attaquer à nos processus démocratiques, ça, c'est un volet qu'on va rajouter [à la mission du ministère], explique-t-il.

Pas question non plus de se substituer au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), prévient M. Lafrenière. Il rappelle néanmoins l'existence de son pendant québécois, le Service du renseignement criminel du Québec (SRCQ), qui sera mis à profit.

L'élu insiste finalement :son ministère ne se transformera pas en un Departement of Homeland Security à l'américaine. La mission demeure centrée sur la sécurité au Québec. On veut protéger le Québec, protéger qui on est, précise M. Lafrenière, qui conserve également ses fonctions de ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.

Plus de ressources pour la cybersécurité?

Ce mandat élargi du « nouveau » ministère de la Sécurité intérieure laisse Éric Parent, expert en cybersécurité et PDG de l’entreprise EVA Technologies, sur sa faim.

La réalité, c'est qu'on fait souvent de grandes annonces du genre, mais c'est souvent comme mettre du rouge à lèvres sur un cochon. Ça ne change pas grand-chose.

La réalité, c'est qu'on est toujours en train de colmater des trous dans la coque du bateau, mais on ne règle pas le fait que quelqu'un tire sur le bateau, ajoute cet expert, qui se montre sceptique quant à l'approche du gouvernement en ce qui a trait à la cybersécurité.

M. Parent espère néanmoins que ce changement d'appellation permettra de mobiliser plus de ressources pour lutter contre la cybercriminalité.

Un des problèmes qu'on avait avec la Sécurité publique, c'est toujours que les effectifs ne sont pas disponibles pour faire des enquêtes et pour faire avancer des dossiers qui touchent la cybersécurité et le numérique. Là, on a espoir que si c'est tout sous le même nom, le même chapeau, peut-être que ça va avancer.

Agents de protection de la faune et contrôleurs routiers

En entrevue sur ICI PREMIÈRE, le ministre Lafrenière a annoncé un autre changement : le rapatriement, dans son ministère, des agents de protection de la faune et des contrôleurs routiers. Là encore, l'objectif est d'améliorer la collaboration pour renforcer la sécurité au Québec.

Lorsque les gens sont tous rassemblés dans la même entité, ça devient beaucoup plus facile de travailler et d'utiliser tout ce qu'on a comme ressources, soutient le ministre.

Les agents de la faune sont actuellement sous l'égide du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).

Les contrôleurs routiers, eux, sont sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec et de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ). D'ailleurs, leur passage au ministère de la Sécurité intérieure avait déjà été annoncé, mais il était passé sous le radar, souligne le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), Jean-Claude Daignault.

Ce dernier voit ce changement d'un bon œil : Pour nous autres, c'est une bonne nouvelle. On demande ça depuis plusieurs années. Le travail d'agent de la paix cadrait mal avec une société d'assurance, dit-il.

Il craint néanmoins que ce changement de ministère n'arrive trop rapidement.

Il rappelle que les contrôleurs routiers ont récemment obtenu, comme le réclamait le syndicat, le statut d'agents de la paix et le droit d'être armés. Ils suivront une formation à l'École nationale de police du Québec.

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