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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes immenses feux de forêt que les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et l’Ontario ont vécus cette année ont deux fois plus de chances de se reproduire à cause des changements climatiques provoqués par les activités humaines, rapporte une étude de la World Weather Attribution.
Pour arriver à ces conclusions, ce réseau de climatologues associé à l’Imperial College de Londres a utilisé des modèles climatologiques afin d'étudier les conditions météorologiques extrêmes qui favorisent la recrudescence des feux.
Les scientifiques ont employé à cet effet deux indices. L’Indice Forêt-Météo (IFM) permet de mesurer l’intensité du feu et l’Indice journalier de sévérité (IJS) donne une idée de la difficulté à maîtriser des feux. Pour étudier les conditions de sécheresse, une analyse des 24 derniers mois de précipitations a aussi été incluse.
L’étude précise que ces conditions extrêmes et favorables à la propagation des feux sont désormais susceptibles de se reproduire tous les deux à six ans pour les T.N.-O. et tous les six à quinze ans pour l’Ontario. Dans un monde sans changements climatiques comparable à la période préindustrielle, cette récurrence serait observable moins d’une fois tous les quarante ans, expliquent les chercheurs.
Je pense que ça nous aide à mettre de l'avant le fait que les changements climatiques ont des impacts réels et concrets, constate Jonathan Boucher, chercheur scientifique sur les incendies de forêt pour Ressources naturelles Canada et coauteur de l’étude.
Ce qu'on vit présentement, on va le revivre, puis on va le revivre à l'échelle de nos vies. Ça ne sera pas dans deux générations qu'on va le revivre.
En 2026, 4000 feux ont déjà emporté 3,8 millions d’hectares de forêt au Canada, dit l'étude. Environ 800 demeurent actifs, dont plus de 200 aux T.N.-O. et 160 en Ontario.
Sécheresse aux T.N.-O., embrasement rapide en Ontario
Selon les chercheurs, les T.N.-O. ont fait face à une sécheresse pluriannuelle qui a largement alimenté les feux et forcé l'évacuation des communautés de Wrigley et de Fort Simpson.
Alors qu'en Ontario, les conditions sont devenues extrêmes et favorables à l'éclosion des feux très rapidement, souligne Jonathan Boucher. Les conditions, selon environnement Canada, étaient de 9.9 °C au-dessus des normales saisonnières pour la période du 11 au 14 juillet pour l'Ontario.
Au-delà de la recrudescence des feux, le document se penche sur les conséquences des déplacements répétés des populations touchées.
Les communautés autochtones sont surreprésentées dans les zones d’incendies, constate l’étude, et l’éloignement de certaines régions et le transport limité ont rendu les évacuations difficiles.

Des avions bombardiers d'eau combattent des incendies de forêt à Red Lake, dans le nord-ouest de l'Ontario.
Photo : Capture d’écran/Twitter / Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry
Dans le Nord-Ouest ontarien, une région gravement touchée cette année, des nations autochtones réclament d’ailleurs une enquête publique sur la gestion des feux et des évacuations.
Enfin, les scientifiques alertent sur le fait que les conséquences de ces feux vont bien au-delà des deux territoires, notamment à cause de la fumée que produisent les brasiers et qui traverse les frontières.
La fumée des feux de forêt est de plus en plus considérée comme l’une de nos plus grandes menaces pour la santé publique, estime Courtney Howard, médecin urgentologue de Yellowknife. Cela augmente les admissions en salle d’urgence pour de l’asthme, des maladies pulmonaires chroniques ou des crises cardiaques.
Appel à l’action
Les scientifiques qui ont participé à l’étude ont tous agrémenté leurs propos d’un appel à l’action pour se défaire des combustibles fossiles et inverser la tendance en matière de réchauffement climatique.
S’adapter seulement [à ces conditions extrêmes] n’est plus suffisant, alerte Theodore Keeping, chercheur associé à l’Imperial College et l'un des auteurs de l’étude. Nous devons nous éloigner rapidement des combustibles fossiles pour éviter que de tels événements ne deviennent encore plus une réalité.
Des propos relayés par Jonathan Boucher pour qui il est tout aussi important de bien préparer les populations à mieux réagir aux feux de forêt.
Il faut aussi avoir des messages clairs qui ne créent pas de confusion dans le cas d'une évacuation.
À l'international, Simon Stiell, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a soutenu par communiqué les résultats de l’analyse.
La science confirme ce que les gens en première ligne savent déjà : la dépendance de l’humanité à brûler d’énormes quantités de charbon, de pétrole et de gaz réchauffe notre planète, transforme davantage de vastes forêts du Canada en poudrières et propage une fumée dangereuse bien au-delà des flammes.


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