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La Montérégie veut renforcer l’accès de ses organismes à des aliments locaux et sains

3 hours ago 2

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Plus d’une centaine d’acteurs communautaires en Montérégie devraient bénéficier d’un meilleur approvisionnement en produits alimentaires, grâce à une nouvelle stratégie collective dans la région. L’objectif est de mutualiser les ressources du « garde-manger » du Québec et, notamment, d’acheter des surplus agricoles qui ne se rendent pas en épicerie pour des raisons esthétiques.

À titre de directeur du Pôle d'économie sociale de l'agglomération de Longueuil, David Miljour est bien placé pour décrire les défis alimentaires que vivent les organismes œuvrant en Montérégie.

On a une cuisine qui dessert des aînés à Brossard, dans un partenariat avec un CLSC. Pour faire leurs repas, ils sont obligés d'envoyer des bénévoles faire des achats dans les épiceries, raconte-t-il, mais comme ils ne peuvent pas vider tous les comptoirs, ils doivent faire plusieurs épiceries pour s’approvisionner, puis ils payent le prix du marché.

Pour répondre à la situation, un large collectif d’organismes et d’institutions s’est doté cet été du Plan d’action collectif 2026-2029 en alimentation. Selon le Pôle d’économie sociale, près de 120 organisations montérégiennes seront desservies par ses différents volets. Cette stratégie découle d’une vaste concertation en Montérégie, lancée en 2024 par la députée provinciale dans Laporte, Isabelle Poulet.

L’ambition est d’améliorer l’accès à des aliments sains, réduire les pertes alimentaires et renforcer la résilience du système alimentaire de cette région, considérée comme le garde-manger de la province.

L’un des axes principaux du plan vise à mutualiser les ressources en Montérégie. Ainsi, des organismes pourront partager des entrepôts, des réfrigérateurs ou des congélateurs, en plus de combiner des collectes sur le territoire. Ces enjeux logistiques sont souvent complexes à gérer pour un organisme seul et aux moyens limités.

On a des organisations un peu partout : on parle de Sorel-Tracy jusqu'à Salaberry-de-Valleyfield, en passant par Longueuil. Ça nécessite d'avoir beaucoup d'approvisionnement.

Les municipalités de la Montérégie sont entourées de terres agricoles et cette proximité est un avantage à exploiter, selon le directeur du Pôle d'économie sociale, qui assure la coordination de ce plan d’action.

Des caisses sont remplies de patates

La stratégie cible principalement les surplus agricoles invendus afin de réduire les pertes au début de la chaîne alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Un de nos enjeux, c'est d'assurer des circuits courts, à la fois pour l'environnement, à la fois parce que c'est plus facile d'avoir une rentabilité pour une entreprise d'économie sociale, précise David Miljour.

Par ailleurs, le regroupement de ces organismes permettra d’augmenter leur pouvoir d’achat auprès de futurs partenaires en agriculture de la Montérégie. En principe, ce volume plus important donne accès à un marché plus intéressant, dans un contexte d’inflation des prix en alimentation.

D’il y a cinq ans jusqu'à aujourd'hui, le coût pour cuisiner des plats a pratiquement augmenté de 50 %, souligne David Miljour. Donc, ça joue aussi sur la précarité des organismes communautaires ou des entreprises d'économie sociale.

Revaloriser les surplus et les invendus

Les Jardins de la Résistance, une coopérative agricole établie à Huntingdon, en Montérégie, produisent des fruits et légumes biologiques depuis maintenant 17 ans. Chaque semaine, la ferme maraîchère écoule environ 350 paniers directement auprès des consommateurs.

La belle chose de faire des paniers, c'est qu'il y a très peu de produits invendables comparé à des fermes qui doivent générer des légumes plutôt parfaits pour le standard des consommateurs, donc ceux qui vont à l'épicerie ou même aux marchés fermiers, explique Olivier Lamoureux, agriculteur aux Jardins de la Résistance.

N’empêche que pour chaque récolte, environ 5 % de la production ne passe pas le test de qualité d’un panier. Mais les légumes encore propres à la consommation ne sont pas perdus pour autant. La coopérative a noué un partenariat avec les Complices Alimentaires, un organisme de Huntingdon à qui elle offre gratuitement ses surplus ou ses produits déclassés.

C’est un super projet de transformation, dit l’agriculteur. C’est découpé, blanchi s’il le faut, ensuite c'est empaqueté dans de beaux sacs et c'est surgelé. Puis c'est offert avec une tarification sociale, donc payez ce que vous pouvez, dans des congélateurs répartis dans notre MRC.

Une personne coupe des oignons.

Des banques alimentaires, mais aussi des entreprises d’économie sociale, comme des cuisines collectives et des maisons d’hébergement, sont concernées par cette stratégie.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Le Plan d’action collectif en Montérégie veut favoriser ces partenariats entre les acteurs en alimentation et l’intention est de rémunérer les agriculteurs pour des produits déclassés. Au départ, l'objectif est d’acheter et revaloriser environ 45 tonnes de ces surplus, un chiffre modeste qui ira en augmentant, selon David Miljour.

On veut être capables, à partir d'un d'un volet marchand, de rentabiliser les choses. Comme ça, on n'est pas dans le glanage ou dans la culture du don. On est vraiment là pour créer une entreprise d'économie sociale et des partenariats avec les producteurs agricoles de la Montérégie.

Par ailleurs, la concertation en amont de cette stratégie a permis aux acteurs en alimentation de réfléchir aux enjeux particuliers à la Montérégie. L’accès de la population à des aliments locaux et frais demeure problématique à plusieurs endroits, dont la MRC du Haut-Saint-Laurent, où se trouve Huntingdon.

C'est un garde-manger au Québec, mais finalement, tu n’as pas tant d'accès aux légumes parce que c’est trop cher, soutient Olivier Lamoureux à propos du secteur où se trouvent les Jardins de la Résistance.

C'est la réalité des distances, entre autres, mais c'est aussi que l'accès à des petites fruiteries est inexistant. Il n’y en a pas. C'est le prix des supermarchés ou c'est rien.

Le Plan d’action collectif 2026-2029 en Montérégie prévoit la mise en œuvre de 17 mesures d’ici 2029, qui concernent aussi des questions telles que le financement et la commercialisation.

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