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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPrès d'un an après l'adoption de la controversée Loi visant à bâtir le Canada (C-5), les chefs des Premières Nations se réunissent à Ottawa dans un climat de méfiance envers le gouvernement fédéral, le tout sous fond de référendum indépendantiste en Alberta.
Consultation, grands projets, protection de l'enfance et logement figurent parmi les principaux dossiers d'une assemblée appelée à définir les priorités politiques des prochains mois. À l'image d'une année marquée par des tensions avec Ottawa, l'Assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) s'annonce marquée par plusieurs enjeux majeurs.
Du 14 au 16 juillet, des chefs provenant de plus de 630 Premières Nations sont attendus au Centre Rogers, à Ottawa, afin de débattre de plus d'une cinquantaine de résolutions touchant aussi bien les droits issus des traités que le logement, la santé, la justice, l'éducation, les infrastructures ou encore la protection de l'enfance.
Mais c'est surtout la relation avec le gouvernement libéral de Mark Carney qui devrait dominer les échanges. Près d'un an après l'adoption du projet de loi C-5, Ottawa présente cette loi, élaborée dans un contexte de nouvelles tensions économiques et commerciales avec les États-Unis, comme un moyen d'accélérer la réalisation de grands projets d'intérêt national.
L'Alberta indépendantiste s'invite dans les débats
Les chefs pourraient également être appelés à se prononcer sur un enjeu plus récent : les velléités indépendantistes en Alberta. Interrogée lundi, la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, a rappelé que les terres des Premières Nations ne font pas partie du territoire que pourraient revendiquer les partisans de la séparation. Elle a ajouté ne pas souhaiter voir émerger une rupture du Canada alimentée par des ingérences étrangères.
Le chef de la Première Nation de Cold Lake, Kelsey Jacko, a pour sa part employé un ton beaucoup plus offensif, affirmant que nous sommes en guerre (we are at war).
L'adoption de C-5 continue toutefois de susciter de fortes inquiétudes chez de nombreuses Premières Nations du pays, qui estiment que le gouvernement ne peut accélérer les processus d'approbation sans respecter pleinement leurs droits et son obligation constitutionnelle de les consulter.
Dès la première journée de l'assemblée, une séance plénière sera d’ailleurs consacrée à la consultation fédérale entourant les grands projets et à la protection de l'environnement.
Plusieurs résolutions demandent également à l'APN de défendre le principe du consentement libre, préalable et éclairé, de protéger les droits des Premières Nations face aux nouvelles initiatives fédérales visant à accélérer les projets d'infrastructure et d'énergie, et de s'assurer que les communautés bénéficient réellement des retombées économiques promises.
Eau, logement et infrastructures
Les services essentiels demeurent eux aussi au cœur des préoccupations. L'assemblée s'ouvrira notamment par une séance consacrée au projet de loi C-37 sur l'eau potable des Premières Nations.
Présenté par Ottawa comme une avancée historique pour mettre fin aux crises d'eau potable dans les réserves, le texte suscite néanmoins de vives inquiétudes chez plusieurs Premières Nations, qui craignent qu'il ne réponde pas pleinement à leurs revendications en matière de gouvernance et de protection de l'eau.
Les chefs examineront également plusieurs résolutions réclamant une nouvelle loi sur l'eau potable, une stratégie nationale sur la sécurité de l'eau ainsi qu'un financement accru afin de résorber les retards persistants en matière d'infrastructures.
Le logement figurera également parmi les priorités. Une séance plénière sera consacrée au droit à un logement sécuritaire et au développement d'une stratégie fédérale sur le logement autochtone, tandis que plusieurs résolutions réclament des investissements supplémentaires pour répondre à la pénurie chronique de logements dans les communautés autochtones.
La protection de l'enfance toujours au premier plan
Autre dossier incontournable, la réforme des services à l'enfance et à la famille. Une séance plénière fera le point sur les suites de la décision du Tribunal canadien des droits de la personne concernant les services offerts à l'extérieur de l'Ontario.
Les chefs devront également se prononcer sur plusieurs résolutions dénonçant les écarts persistants de financement et réclamant une réforme durable du système, notamment pour les membres des Premières Nations vivant hors réserve.
Au-delà des enjeux économiques et sociaux, plusieurs résolutions témoignent de la volonté des Premières Nations de réaffirmer leurs droits politiques.
Les chefs devront notamment se prononcer sur la création d'une Maison internationale des traités, le renouvellement du mécanisme bilatéral permanent entre l'APN et le gouvernement fédéral, ainsi que sur diverses mesures visant à renforcer l'autodétermination des Premières Nations.
La réconciliation demeurera également présente dans les discussions. Parmi les textes soumis figure une résolution d'urgence proposant de criminaliser la négation de l'existence des pensionnats pour Autochtones, tandis qu'une autre demande la poursuite des démarches auprès du Vatican concernant les bulles papales associées à la Doctrine de la découverte.
Au-delà des quelque cinquante résolutions qui seront soumises aux chefs, cette assemblée servira surtout de test pour les relations entre les Premières Nations et le gouvernement Carney.


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