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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPlus de 10 % des infrastructures d’eau de la ville de Montréal sont toujours en mauvais ou très mauvais état, selon un rapport interne. Celui-ci indique que seule la moitié des sommes nécessaires au maintien du réseau sont actuellement budgétées. À l’instar d’autres municipalités, Montréal demande à Québec de revoir le mode de financement des infrastructures.
Que ce soit pour réparer ou faire fonctionner le réseau d’eau potable et d’eaux usées montréalais dans les 10 prochaines années, les besoins financiers sont estimés à 15,2 milliards $, soit 1,52 milliards $ par an en moyenne, alors que le budget actuel est limité à 755,2 M$ par année, mentionne le rapport intitulé Plan de gestion des actifs municipaux en eau.
L’écart est significatif, avec des pics de dépenses entre 2029 et 2032, ce qui souligne l’urgence d’un rehaussement budgétaire pour éviter une détérioration des niveaux de service, précise-t-on.
Un état d’urgence que l’on entend aussi du côté politique.
On l’a dit au gouvernement du Québec, il faut arrêter les cristie d’appels à projets. [...] C’est catastrophique, le mode de financement actuel des projets d'infrastructures, a lancé le maire de Québec, Bruno Marchand, qui participait mardi à la 7e Agora métropolitaine organisée par la Communauté métropolitaine de Montréal.
Demandez plutôt aux villes de déposer un plan de gestion des actifs sur 10 ans, donnez-nous l’argent et demandez-nous une reddition de comptes à la fin au lieu d’y aller à la pièce projet par projet, a ajouté le maire Marchand.
De son côté, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a souligné qu’au Québec, 70 % des infrastructures dépendent des municipalités. Est-ce qu’on peut s'asseoir avec le gouvernement, montrer quelles sont nos priorités et faire un plan de financement en commun et qu’on soit vus comme des partenaires?, a-t-elle réclamé.
La Ville de Montréal a déjà réalisé un tel audit, qui détaille déjà les principaux enjeux auxquels devra faire face la métropole.
Infrastructures en mauvais ou très mauvais état à Montréal
- Conduites d’eau potable : 10 % des 4468 km de conduites
- Usines et réservoirs d’eau potable : 9 % des 3320 infrastructures
- Conduites d’eaux usées : 10 % des 4021 km de conduites
- Usine d’épuration des eaux usées, bassins de rétention, station de pompage : 29 %
- Stations de pompage des eaux pluviales : 52 % des 39 infrastructures
Il y a deux ans, le bris d’une canalisation majeure à l’est du centre-ville avait entraîné des inondations dans des dizaines d’immeubles et plus de 80 millions $ en poursuites contre la Ville, selon les calculs du Journal de Montréal.
Des défis à la pelle
À ce déficit d’investissement s’ajoute l’augmentation marquée du coût des travaux qui a entraîné l’annulation de plusieurs appels d’offres, la hausse des coûts de l’énergie et des produits chimiques pour les usines de traitement et la hausse des périodes de sécheresse qui pourrait altérer la qualité de l’eau brute tout en favorisant la prolifération d’algues et de cyanobactéries, complexifiant le traitement de l’eau et augmentant les risques pour la santé publique.
Le rapport souligne aussi que les contaminants émergents représentent également un risque, car il faudra adapter les installations de traitement en tenant compte de nouvelles normes, notamment pour les PFAS, un type de polluant éternel qui inquiète les autorités.
Du côté du volume d’eau produit, la tendance est à la baisse, un signe positif de gestion responsable, souligne le rapport. En 2024, Montréal a produit 477 millions m³ d’eau potable, une baisse de 7 % depuis 2019, qui sera toutefois probablement insuffisante pour atteindre la cible de -20 % sur 10 ans.

Vue aérienne de la station d'épuration des eaux Jean-R.-Marcotte, dans le secteur Rivière-des-Prairies, à Montréal.
Photo : Radio-Canada
Selon le dernier bilan de la Stratégie montréalaise de l’eau (nouvelle fenêtre), la consommation résidentielle moyenne est actuellement estimée à 306 litres par jour. S’il s’agit d’une amélioration par rapport aux 350 litres quotidiens enregistrés en 2015, la cible de 220 litres – qui correspond aussi à la moyenne canadienne – est hors d’atteinte sans une stratégie plus ambitieuse.
La demande en eau potable pourrait évoluer de manière significative si la consommation résidentielle venait à être facturée, car cela influencerait directement les comportements des usagers et la planification des besoins, avisent les auteurs du rapport, qui sont visiblement en faveur de l’installation de compteurs d’eau dans les résidences.
En outre, le taux de bris du réseau d’eau potable demeure élevé (13,5 bris/100 km/an), alors que la performance souhaitée est inférieure à 10 bris/100 km/an, révèle le rapport.
Même constat en demi-teinte du côté du remplacement des entrées de service en plomb avec 1800 remplacements réalisés en 2024, alors que l’objectif est de 4000 par an.
De son côté, la Ville de Montréal soulignait récemment que sa Stratégie de l’eau 2025-2034 commençait déjà à porter fruit avec 24 % de ses 62 cibles déjà atteintes et un autre 34 % ayant le statut en progression.
Pendant la campagne électorale, Soraya Martinez Ferrada s’était engagée à prioriser les investissements dans les infrastructures, en plus de soutenir des projets favorisant la résilience des infrastructures face aux changements climatiques.


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