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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCoup dur pour les ostréiculteurs de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, qui constatent des taux de mortalité élevés dans leur production, à l’aube d’une nouvelle saison.
Deux maladies parasitaires qui touchent les mollusques, le MSX et la perkinsose (aussi appelée dermo), forcent les entreprises maricoles de la région à réévaluer leurs activités.
Les inventaires menés au cours des trois dernières semaines par les producteurs locaux révèlent des pertes massives, comme aux Îles-de-la-Madeleine où le propriétaire de l’entreprise Cultures du large constate des dommages majeurs.
Les cages qu’on sort, certaines cohortes, on est autour de 60 % et certaines cohortes, on est autour de 100 % [de mortalité]. C’est ce à quoi ça ressemble, affirme Christian Vigneau.

Christian Vigneau est l'actionnaire principal du Groupe Vigneau, qui comprend plusieurs entreprises, dont Poissons frais des Îles, Pêcheries Léomar et Cultures du large. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La situation n’est pas plus réjouissante du côté de la Gaspésie. À la Ferme maricole du grand large de Carleton-sur-Mer, le copropriétaire William Bujold estime qu’entre 75 % et 80 % de son inventaire prêt à être vendu a péri.
On a deux sites d’élevage et c’est similaire. Les deux sites sont affectés par la maladie, explique-t-il.
On dirait que, chaque année, ça commence avec des coups de poing dans la face. Ça use le moral.
Bien que ce soit un coup dur pour l’industrie, une telle situation était redoutée depuis quelque temps en raison de l’historique d’approvisionnement des entreprises. Les lots d’huîtres proviennent du sud du Nouveau-Brunswick, une zone où des vagues de mortalité similaires avaient déjà été rapportées.
On s’approvisionne tous à la même place au Nouveau-Brunswick et les mêmes cohortes là-bas avaient de gros taux de mortalité, précise M. Vigneau. Les producteurs rappellent toutefois que ces maladies sont inoffensives pour l’être humain.
Des contrecoups financiers majeurs
Pour ces petites entreprises, les répercussions économiques s’annoncent lourdes. William Bujold évalue actuellement les pertes de la ferme familiale entre 100 000 $ et 150 000 $. Disons que ça représente beaucoup de semaines de paie, lâche-t-il.

William Bujold cultive les huîtres depuis 2016 et les moules depuis 2008 dans la baie des Chaleurs. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Ce manque à gagner survient à un moment particulièrement critique pour son entreprise, qui venait tout juste d’injecter des sommes importantes dans la modernisation de ses équipements, notamment pour remplacer son embarcation principale.
On a racheté un vieux bateau usagé, puis on l’a tout modifié pour faire l’élevage. On n’a pas encore les coûts finaux, mais c’est entre 400 000 $ et 500 000 $. C’est quand même de gros investissements pour le coup dur qu’on a ce printemps, confie l’ostréiculteur gaspésien.
Aux Îles-de-la-Madeleine, la crise bouscule également les plans de commercialisation. L'entreprise Cultures du large, qui n’exporte plus à l’extérieur de l’archipel depuis l’hiver dernier, devra faire une croix sur les marchés extérieurs pour les mois à venir.
Avec les quantités de mortalité qu’on a là, on n’est pas sur le point de recommencer à exporter, constate Christian Vigneau, qui prévoit limiter ses activités au marché local pour le moment.
Trier et se diversifier pour survivre
Devant l’ampleur des pertes, les mariculteurs déploient des efforts minutieux pour sauver la portion restante de leur production. Chaque huître encore vivante doit être inspectée de manière individuelle avant d’être proposée aux acheteurs.
Le pourcentage qui est vivant, dans le fond, il est trié, puis il est compté et [les huîtres sont] senties une à une, décrit M. Bujold.

William Bujold sur son bateau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le producteur d’huîtres mentionne tout de même le soutien de son réseau commercial afin de s’assurer de la viabilité du produit sur les étalages.
Pour traverser cette épreuve, la Ferme maricole du grand large doit malgré tout se rabattre sur la diversification de ses activités, notamment sur la production de moules. Cette culture représente environ 30 % des revenus, soutient M. Bujold.
Un avenir incertain
Malgré l’adversité, les deux entrepreneurs refusent de baisser les bras et reconnaissent la résilience que demande leur métier.
On fait de la mariculture, pas de la pêche. Le fait qu’on fait de l’élevage, c’est long à travailler. On est habitués d’avoir des pertes, admet William Bujold.
Pour l’instant, l’heure est à l’analyse et à la prudence. Les producteurs attendent de terminer l’évaluation globale de leurs stocks avant de tracer les orientations futures de leurs entreprises, tout en gardant un œil sur la recherche scientifique pour le développement d’une variété d’huître plus résistante.
Il faut qu’on prenne le temps de décanter tout ça et aussi de réfléchir à l’avenir de l’entreprise, conclut Christian Vigneau.

Plusieurs programmes sont en cours pour rétablir les stocks d'huîtres à l'Île-du-Prince-Édouard, notamment. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Aaron Adetuyi/CBC
Sans vouloir accorder d’entrevue formelle, les représentants du Regroupement des mariculteurs du Québec se disent inquiets face à la situation. Ils craignent également que les prochaines années soient difficiles pour les entrepreneurs.
Au début du mois, le gouvernement fédéral a annoncé un soutien financier pour les ostréiculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard, mais au moment d’écrire ces lignes, il était impossible de confirmer si Québec bénéficiera d'une mesure similaire.
Financement agricole Canada a cependant offert son soutien aux ostréiculteurs québécois par le biais de solutions adaptées à leur exploitation.


3 weeks ago
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