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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPendant que Montréal était entre le choc et le deuil, au lendemain de la fusillade survenue dans le quartier Côte-des-Neiges, l’enquête sur les événements s’est transportée en Alberta, dans la ville d’origine du tireur.
Le Service de police de la Ville de Lethbridge, dans le sud de la province, a mené une perquisition à haut risque dans un quartier résidentiel. Plusieurs foyers avoisinants ont été évacués en raison de la présence possible d’armes à feu dans le bâtiment visé.
Quelques détails sur l’identité du tireur ont d’ailleurs été rendus publics, mardi. Le Bureau du coroner du Québec a révélé qu’il s’agissait de Seth Scott Hatfield et qu’il était originaire de cette ville albertaine.
L’homme de 25 ans était étudiant à l’Université de Lethbridge. Un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et un civil ont été tués dans la fusillade qui a éclaté vers 11 h 30, lundi, dans un hôtel bordant l’autoroute Décarie. Le tireur, qui a laissé un volumineux manifeste misogyne et violent, a aussi été abattu.
Les autorités de Lethbridge ont assuré qu’elles assistent le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec pour faire la lumière sur les événements.
Alors que circulent de nombreuses vidéos des événements, ainsi qu’une déferlante de théories et de rumeurs sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre du Québec sont demeurées muettes, mardi.
Ni le SPVM, ni la Sûreté du Québec, ni le BEI n’ont fourni de détails ou de commentaires supplémentaires sur l’enquête ou sur les motivations du tireur.

Un périmètre de sécurité est demeuré érigé toute la journée, mardi.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Un large périmètre de sécurité ainsi que de nombreux policiers ont protégé la scène toute la journée. En matinée, la mairesse de Montréal s’est rendue sur les lieux pour visiter les commerçants du secteur, avant de faire un point de presse dans un parc du quartier.
« Le pire des cauchemars »
Soraya Martinez Ferrada a notamment remercié les policiers et a appelé la communauté à se serrer les coudes alors que choc, stupeur et deuil se bousculaient encore dans le quartier.
Son appel avait déjà été entendu par plusieurs : quelques citoyens sont allés offrir bouteilles d’eau et collations aux policiers qui montaient la garde aux abords du périmètre de sécurité, à l’intérieur duquel leur collègue Mohamed Lamine Benredouane est mort en fonction.

Des citoyens ont offert de l'eau et des collations aux policiers qui montaient la garde.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
En sanglots à côté de Soraya Martinez Ferrada, la mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Stéphanie Valenzuela, a déclaré que son quartier venait de vivre le pire des cauchemars.
Le 22 juin va marquer à tout jamais la mémoire collective de Montréal, mais surtout, des résidents de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, a-t-elle lancé.
Aux citoyens témoins de l’horreur et à tous ceux qui ont eu de la difficulté à dormir, sachez que nous aussi, et qu’on est avec vous.

Les émotions étaient encore vives pour Stéphanie Valenzuela.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Elle a dit avoir contacté les organismes locaux et le réseau de la santé pour s’assurer que de l’aide serait offerte aux citoyens.
Les personnes qui en ressentent le besoin peuvent obtenir de l’aide en tout temps en composant le 811, option 2.
Dans la ville voisine de Côte-Saint-Luc, la communauté juive entamait le deuil de Michel Mizrahi, le civil qui a perdu la vie durant la fusillade. Des connaissances rencontrées près d’une synagogue ont surtout souligné la grande générosité du sexagénaire, qui tenait une boutique d’habits dans le quartier.
Selon le rabbin Mendel Raskin, la communauté a perdu une perle, un grand monsieur.
On a tous vu les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, et de le voir descendu comme ça, ça déchire le cœur, a aussi soufflé le maire de la municipalité, David Tordjman, qui le connaissait.

Michel Mizrahi a péri, lundi, lors de la fusillade dans le quartier Côte-des-Neiges.
Photo : Radio-Canada
Armes à feu et réseaux sociaux
Soraya Martinez Ferrada s’en est d’ailleurs prise aux vidéos d’une grande violence qui ont circulé sur les réseaux sociaux à la suite du drame. Ce genre d'images enlèvent la sensibilité et ne respectent pas la dignité du policier, a-t-elle soufflé, au bord des larmes, en conférence de presse.
Elle s’est notamment dite inquiète des idéologies et de la violence qui se répandent sur le web et a appelé politiciens et forces de l’ordre à s’attaquer à la montée de la haine en ligne. Elle a toutefois reconnu que réglementer les plateformes en ligne sera le plus gros défi des prochaines années.
Comment quelqu’un, en 2026, peut prendre un fusil, aller dans une rue publique et tirer sur des gens, qu’il vienne d’ici ou d’ailleurs? s’est-elle aussi demandé.
Sur les vidéos qu'a pu authentifier Radio-Canada, le tireur semble manipuler une arme longue.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a pris la parole mardi en fin d'avant-midi.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Mme Martinez Ferrada a plaidé pour un autre resserrement du contrôle des armes à feu au pays. Les gens de Polytechnique vous le diront : nous pouvons aller plus loin, a martelé la mairesse. Selon elle, il faut particulièrement s'attaquer à l'accès à ces armes.
Elle a reconnu que les armes servent à la chasse en région et dans les communautés autochtones, mais, dans des villes comme Montréal, nous devons mieux contrôler ce qui se passe dans les rues en matière d’armes à feu, a-t-elle dit en anglais.


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