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En l’absence de Tadej Pogacar, qui sera champion du monde à Montréal?

3 hours ago 3

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Les meilleurs cyclistes de la planète seront réunis à Montréal pendant une semaine, mais l’un d’eux brille par son absence.

Victime d’une fracture de la clavicule en août, au Tour d’Espagne, Tadej Pogacar ne défendra pas son maillot arc-en-ciel. Sans le Slovène, quintuple vainqueur du Tour de France et double champion du monde en titre de la course en ligne, la lutte s’annonce plus imprévisible. Et les prétendants au trône sont nombreux.

Les deux épreuves masculines élites seront disputées les dimanches 20 (contre-la-montre) et 27 septembre (course en ligne).

Dans cette dernière épreuve, le peloton s’élancera de Brossard. Les coureurs avaleront d’abord une centaine de kilomètres relativement plats à l’est de Montréal. Puis, le décor et la course changeront complètement, alors que les coureurs entreront sur un circuit de 13,4 kilomètres autour du mont Royal, qu’ils parcourront 12 fois.

Chaque tour, ils devront notamment gravir la voie Camillien-Houde et le chemin de la Polytechnique, où la pente dépasse par endroits les 11 %. Au terme de la journée, ils auront accumulé près de 3700 mètres de dénivelé positif. De quoi user les jambes, faire éclater le peloton et offrir un terrain de jeu idéal aux meilleurs grimpeurs.

Le tracé rappellera celui du Grand Prix cycliste de Montréal, sans en être une copie conforme. La longue approche sur le plat pourrait retarder les premières grandes manœuvres, mais elle ajoutera des kilomètres dans les jambes avant l’enchaînement décisif des ascensions du mont Royal.

Sans Pogacar pour imposer sa loi, qui saura profiter de cette ouverture? Tour d’horizon des principaux candidats au maillot arc-en-ciel et des Canadiens à surveiller.

Remco Evenepoel et la Belgique en première ligne

Il se prépare à s'élancer dans une course, vêtu de l'équipement de la sélection belge.

Le Belge Remco Evenepoel est favori pour remporter le contre-la-montre et la course en ligne aux Championnats du monde de cyclisme de Montréal, un doublé qui n'a jamais été réalisé dans l'histoire des mondiaux.

Photo : AFP / JASPER JACOBS

En l’absence de Pogacar, Remco Evenepoel devient l’un des principaux visages de ces mondiaux.

À 26 ans, le Belge est déjà l’un des coureurs les plus accomplis de sa génération. Il sera le grand favori du contre-la-montre, une épreuve qu’il domine depuis trois ans. Ce dimanche, le double champion olympique à Paris tentera de remporter un quatrième titre mondial d'affilée au contre-la-montre, un exploit encore jamais réalisé.

Ses ambitions ne s’arrêteront pas là. Champion du monde de la course en ligne en 2022 et 2e du dernier Tour de France, Evenepoel est également l'un des meilleurs grimpeurs du peloton, et pourra faire la différence dans les dernières ascensions du mont Royal.

Sa forme récente ne laisse d’ailleurs planer aucun doute. Le Belge vient de remporter le Grand Prix cycliste de Québec avant de prendre le 5e rang, deux jours plus tard, à Montréal.

Réussir le doublé du contre-la-montre et de la course en ligne aux mondiaux représentera toutefois un tout autre défi. Aucun homme n’a encore réussi cet exploit.

La Belgique pourra également compter sur Wout van Aert, un coureur polyvalent. Capable de grimper, de rouler et de sprinter, le triple champion du monde de cyclocross demeure un candidat sérieux malgré un palmarès étonnamment vierge de titre mondial sur route. Il a notamment terminé 2e du contre-la-montre en 2020 et en 2021.

Il arrive en grande forme, ayant remporté plusieurs étapes au Tour d'Espagne au début du mois. Mais le parcours montréalais pourrait montrer les limites de Van Aert lorsque la fatigue s’accumulera et que les coureurs plus légers multiplieront les attaques dans les ascensions.

Avec Evenepoel, Van Aert, Thibau Nys, Tiesj Benoot, Quinten Hermans et Maxim Van Gils, la Belgique présentera l’une des formations les plus redoutables du peloton. Cette profondeur lui offrira plusieurs cartes à jouer, mais lui posera aussi un défi tactique, celui de décider autour de quel chef de file elle construira sa course dans les derniers tours.

Un succès belge à Montréal aurait enfin une forte portée historique. Lors des derniers Championnats du monde présentés dans la métropole, en 1974, c’est un Belge qui avait levé les bras, le légendaire Eddy Merckx, surnommé le cannibale. Cinquante-deux ans plus tard, ses héritiers tenteront de faire à nouveau flotter le drapeau belge au sommet du mont Royal.

Le programme des mondiaux

Toutes les heures indiquées sont à l’heure de l’Est (HAE). Toutes les courses U23 et juniors, ainsi que le relais mixte, sont diffusées sur Tou.TV avec Olivier Paradis-Lemieux à la description et Simone Boilard à l'analyse.

Dimanche 20 septembre:

  • 9 h : contre-la-montre individuel - femmes élites
  • 12 h 45 : contre-la-montre individuel - hommes élites

Lundi 21 septembre:

Mardi 22 septembre:

Mercredi 23 septembre:

  • Journée sans compétition

Jeudi 24 septembre:

Vendredi 25 septembre:

Samedi 26 septembre:

  • 9 h : course en ligne - femmes élites

Dimanche 27 septembre:

  • 9 h : course en ligne - hommes élites

Les autres prétendants

Il coiffe son adversaire à la ligne d'arrivée.

Isaac Del Toro s'est imposé face à Paul Seixas dans un duel au sprint au Grand Prix cycliste de Montréal la semaine dernière.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Derrière Remco Evenepoel, deux représentants de la nouvelle génération se détachent : Isaac Del Toro et Paul Seixas.

À seulement 22 ans, Del Toro s’impose déjà comme l’un des grands favoris. Troisième du dernier Tour de France et vainqueur du classement du meilleur jeune, le Mexicain, solide grimpeur, vient de confirmer son aisance sur le mont Royal en remportant le Grand Prix cycliste de Montréal. Le parcours des mondiaux semble taillé sur mesure pour lui.

Del Toro possède également une première expérience convaincante des Championnats du monde. L’an dernier, il avait terminé 7e de la course en ligne et 5e du contre-la-montre.

Il ne bénéficiera toutefois pas, à Montréal, de l’imposante force collective qui l’accompagne habituellement avec UAE Team Emirates-XRG, la meilleure formation professionnelle du circuit. Avec une sélection mexicaine moins relevée, il devra se montrer particulièrement habile sur le plan stratégique lors de la course en ligne, conservant son énergie jusqu'à la fin.

Paul Seixas, 19 ans, incarne quant à lui les grands espoirs de la France. Quatrième du dernier Tour de France, tout juste derrière Del Toro, il s’est également illustré au Grand Prix cycliste de Montréal, dont il a été l’un des principaux animateurs.

Gros plan sur son visage, avec son équipement de cycliste.

Paul Seixas

Photo : Getty Images / MAARTEN STRAETEMANS

Vainqueur du Tour de l’Avenir en 2025, l’équivalent du Tour de France pour les meilleurs coureurs de moins de 23 ans, Seixas n’a pas attendu longtemps avant de confirmer son immense potentiel chez les professionnels.

Champion du monde junior du contre-la-montre en 2024, il a déjà goûté aux mondiaux élites. À seulement 18 ans, l’an dernier à Kigali, il avait pris le 13e rang de la course en ligne et le 16e du contre-la-montre.

Une victoire à Montréal ferait de lui le plus jeune champion du monde masculin de l’histoire de la course en ligne.

Del Toro et Seixas ne seront cependant pas les seuls à convoiter le maillot arc-en-ciel. Le Britannique Tom Pidcock arrive à Montréal quelques semaines après avoir été sacré champion du monde de vélo de montagne.

Sixième du récent Grand Prix cycliste de Montréal, Pidcock s’y est montré parmi les plus forts sur le mont Royal. Il aborde donc ces mondiaux en grande forme.

Il pourra également compter sur une solide équipe britannique, au sein de laquelle Adam Yates et Oscar Onley auront eux-mêmes des ambitions.

Mathieu van der Poel n’a plus, lui, à faire ses preuves dans les grands rendez-vous. Octuple champion du monde de cyclocross, le Néerlandais a aussi été sacré sur route en 2023, devant Wout van Aert et Tadej Pogacar.

Il reconnaît toutefois que la répétition des ascensions montréalaises pourrait avantager des grimpeurs plus légers. Son objectif sera donc de survivre à l’écrémage. S’il parvient à rester avec les meneurs jusqu’au dernier tour, sa vigueur et son explosivité en feront l’un des hommes les plus difficiles à battre.

À quoi s’attendre des Canadiens?

Il pédale au sein d'un peloton.

Le Canadien Michael Woods (au centre) prend le départ au Grand Prix cycliste de Montréal aux côtés de Paul Seixas (à gauche) et de Remco Evenepoel (à droite).

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

La délégation canadienne pourra compter, chez les femmes, sur la championne du monde en titre Magdeleine Vallières-Mill. Les chances de médaille paraissent toutefois plus minces du côté masculin, d’autant plus que l’état de santé de Derek Gee-West suscite de l’inquiétude.

Le Canadien a été impliqué dans une chute à environ 40 kilomètres de l’arrivée du Grand Prix cycliste de Montréal. Il a depuis déclaré forfait pour le contre-la-montre de dimanche et le relais mixte de mardi. Pour l’instant, son nom figure toujours parmi les partants de la course en ligne, disputée le dimanche 27 septembre, mais sa participation demeure incertaine.

En son absence, ou s’il n’est pas à 100 %, les espoirs canadiens devraient reposer sur Michael Woods, sorti de sa retraite. Le grimpeur de 39 ans est l’un des deux seuls Canadiens à être montés sur le podium de la course en ligne aux Championnats du monde. Il avait remporté la médaille de bronze en 2018.

Woods connaît également très bien le mont Royal. La semaine dernière, il participait au Grand Prix cycliste de Montréal pour la cinquième fois de sa carrière. Il a terminé au 18e rang et signé le meilleur résultat canadien de la course.

La sélection canadienne pour la course en ligne sera complétée par Pier-André Côté, Hugo Houle, Michael Leonard et Nickolas Zukowsky. Leonard et Zukowsky représenteront également le pays au contre-la-montre. Ils prendront ensuite part au relais mixte en compagnie de Côté, d'Olivia Baril, de Nadia Gontova et d'Alison Jackson.

Le Canada n’a d’ailleurs remporté qu’une seule médaille dans le contre-la-montre masculin élite aux mondiaux. Le Britanno-Colombien Svein Tuft avait pris le 2e rang en 2008.

Sans Pogacar, rarement la lutte pour le maillot arc-en-ciel aura paru aussi ouverte. Entre la force collective des Belges, l’émergence d’une nouvelle génération et les espoirs canadiens à domicile, le mont Royal est prêt à couronner un nouveau roi.

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